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censés appartenir aux chefs dans des sociétés plus organisées et leur font attribuer un caractère sacré. La hiérarchie divine y sera modelée sur la société terrestre* : Odin qui dirige le conseil des Àses est conçu à rinstar du chef germain (primus inter pares) ; chez les Grecs, Zeus est « le plus fort des dieux » et son pouvoir n'est pas plus absolu que celui d'Agamemnon sur ses alliés. La monarchie s'introduit dans le clan des dieux comme dans ceux des hommes.
Contentons-nous, pour le moment, de constater le fait. Quelle que soit la forme : animal, astre, sorcier, chef, roi, multiple ou unifiée, la représentation est anthropomorphique, donc tout naturellement personnelle. L'homme s'efforcera, dans le courant des âges, d'idéaliser de son mieux les représentations primitives. La ce personnalité divine y> s'intellectualisera, se moralisera, au fur et à mesure des progrès moraux et intellectuels.
Mais cette représentation personnelle est-elle essentielle à la conscience, à la pensée humaine? Peut-on concevoir le sentiment religieux dégagé, ou du moins se dégageant de l'antique image, abandonnant cette « dernière idole » psychologique , comme il a, peu à peu, abandonné les idoles physiques, les mythes sauvages? C'est une question de psychologie théorique et pratique qui reste à examiner.