‹ Le divin, expériences et hypothèses: études psychologiquesChapitre 56 sur 119 · Ibid. p · texte numérisé non relu

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leur divin, donc en une personnalité. La tendance peut être intellectuelle^ logique; alors

b) La personnalité divine est affirmée pour une raison d'ordre métaphysique.

Observation G de M. Arréat* : « Ma raison voit nettement la nécessité logique du plus pour produire le moinSy l'incapacité du moins à produire le plus : donc, la préexistence éternelle du Parfait, du Tout- Acte, du Tout-Puissant, de l'Absolu, de Dieu. »

Plus simplement, dans l'observation I : ce Dieu est pour moi l'incompréhensible créateur du monde. y>

Laissant de côté l'idée de finalité dont nous parlerons au chapitre suivant, et n'insistant que sur le problème métaphysique, observons que cette « nécessité logique » n'est ressentie qu'en supposant le problème formulé de la manière suivante : expliquer le passage du néant à l'être, de Vine?Hie à l'activité. Mais le tout est de savoir si « néant » et « inertie » ne sont pas contradictoires et absurdes en dehors de l^ ordre abstrait. L'être ne peut pas ne pas être et ne pas être ce qu'il est, et ne pas être actif; ne donnerait-on ces affirmations que comme des hypothèses^ ce sont des hypothèses qui paraissent, à de bon&^ esprits, meilleures que les hypothèses créationistes.

c) La personnalité divine est affirmée pour une raison morale : le sentiment de notre responsabilité. Or, on n'est responsable qu'envers quelqu'un. C'est l'argument qui préoccupait le plus Littré sur son

lit de mort. Je l'ai entendu raconter au yénérable abbé Huvelin, témoin auriculaire : « Le souvenir de mes fautes, disait-il, est comme un pieu qui me perce le cœur. » Responsable. Envers qui ? Ce sentiment est fort bien exprimé dans Tarticle Le sentiment 7'eligieux de Lucien Roure, Études (Retaux) du 5 avril 1906. Il est clair que l'image : désobéissance envers quelqu'un se rattache à celle-ci : obéissance à quelqu'un. Mais si l'on peut avoir une notion du bien indépendamment de l'image de personnalité divine*, on aura celle aussi, indépendante, de mal, de déchéance, de remords. Si l'on admet le moi inférieur, empirique, et le moi supérieur, idéal, on sera responsable envers soi-même, le moi empirique à l'égard du moi idéal. Ce sont là des divergences représentatives que devrait cependant admettre M. Roure après ce qu'il dit de la diversité inévitable des formes expressives du sentiment religieux [Études à\x 20 mai 1906).

d) La personnalité divine n'exprime pas la réalité d'un être spécial ce substantia singularis », mais la réelle valeur de notre catégorie du parfait, de rinfini, de l'idéal. L'expression : Dieu, et toute la phraséologie qui en découle, ne sont plus qu'un procédé non seulement littéraire, mais pratique, pour nous faire vivre la vie religieuse. C'est ce que nous avons constaté déjà en écoutant Tolstoï.

Voici ce que m'écrivait à ce sujet un savant àlle-

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