Gfr. Note III
Hébert. — Divin. 9
130 PRÉDOmNANGE DE L'ÉLÉMENT INTELLECTUEL
manâ, bien connu pour s^çs travaux psychologiques : « Par l)onheur, il ne s'agit pas de connaître et ^comprendre Dieu, ce qui est impossible, mais de le sentir ^t le « vivre », ce qui est nécessaire. Pour réaliser cet idéal qui est tout à fait pratique, il nous faut, selon mon opinion « <:t'oire » à un Dieu personnel, car il me semble impossible que Ton puisse entrer en relations éthiques avec un être impersonnel. N'est-ce pas là le sens le plus profond du Chrisfianisme : le Divin s'incarne, se Tait homme, pour se révéler aux hommes, pas pour se faire oomprendî»e, mais pour se faire aimer. Je crois donc que nous n'avons pas seulement le droit, mais peut-être môme le devoir de nous représenter le Divin comme Dieu. Mais en même temps nous ne devons jamais oublier que cette idée d'un Dieu personnel ne correspond point à la nature du Divin, mais seulement à la nature de rhomme. Elle n'est qu'un expédient, mais elle me paraît un expédient ^indispensable. »
Si l'auteur de cette lettre avait dît : On ne peut vivre avec le Divin sans le concevoir comme personnel, je n'aurais aucune réserve à faire. C'est une question de méthode individuelle. Mais il dit : vivre 'le divin. Or ne sufftt-il pas de concevoir le Divin comme une loi, comme un idéal, pour le vivre?
N'eus constatons la môme diose dans les œuvres de Renan, dans ce passage, par exemple : « Sup^posé même que, nous autres philosophes, .préférassions un autre mot, raison par exemple : outre que ces
PROBLÈME DE LA « PEBSONNALITÉ DIVINE » m.
mots sont trop abstraits et «'«-xprimeat pas ntssez la réelle existence, il y axirait mn immense incoBycnienl à Dou^ coiuper ai»si taules des s&urces poéliguas an passé, et à nous séparer par notre langage des «impies qui adorent si bien à leur ^manière. Ddtee 9mx simples de vivre d'aspiration à la vérité et à la beauté, ces mots n'aurontpour eux aucun sens. Ditesleur d'aimer Dieu, -de fie pas offenser Dieu, ils vous comprendront à merveille*. »
((...Ces mots sont t?'op etbstraits et n expriment pas a^sez.la réelle eétisience » ; voilà le grand motif exprimé par Renan et que nous trouvons encore dans cet autre passage : « Le (Dieu) fait-on impersonnel, la eonseieaee proteste, car nous ne concevons Texistence que sous forme personnelle, eit dire que Dieu est impersonnel, c'est dire selon notre manière de penser, qu'il n'existe pas^ »
Il y a près d'un demi-siècle q4ie ces paroles ont été écrites et llenan ne pourrait les récrire de nos jours, sans beaucoup de réserves. Car toute la psfchaphysiologîe modei-ne tend à r-econnaître le primat de la tendance sur Fîntellige^ee, de rincoascient sur le conscient. Sans prétendre résoudre Ténigme de l'inconscient, no«s constatons que si, &o«îs un rapport, la personnalité consoieirle îious apparaît comme supérieure à 1 inconscient, sous d'autres, c'est Hnconscienl qui nous semble èive l'inépuisable