AVEC L'ACTIVITÉ MORALE
On donne souveat le nom de religion à toute cEoyaace à l'invisible, du. moment que cettafoi nous
t. La religion est donc habituellement' pnéisentéi v a) Ou dans le sens large de : toute forme supérieure de vie; i^' Ou dïins le sens strict de : rapports personneis- avec un diew ou plusieurs dieux personnels ;
c) Ou comme procédé dynamique d'atrto-suggestixjn' supposant un ensemble de moyens spéciaux, mais non pas un sentiment sui generis ;
d) ou comme supposant ua senU«ien.t àui generie indépendant, en soii de toute représentation Imaginative ou intellectuelle.
EXPÉRIENCES ET HYrOTHÈSES DES « ACTIFS » 179
élè^ie au-dessus des réalités utilitpires sensibles, palpables : (( Nenn's Gluck ! Herz ! Liebe ! Gotl ! s'écrîe Faust,
Ich habe keineir Namen Daf iir^ Gefuhl ist ailes. »
(( La vie primitive de riiumanité, dit Salomon Reinach^ dans la mesure où elle n'est pas exclusivement animale, est religieuse ; la religion est comme le bloc d'où sortent tour à tour, par des spécialisations successives, Fart, l'agriculture, le droit, la morale, la politique et même le rationalisme qui doit, tôt ou tard, éliminer les religions. »
Historiquement, cela est très exact. Mais cette notion de la religion est tellement large qu^^elle laisse sans réponse la question qui davantage nous préoccupe : parmi les « spécialisations » dont parle M. Reinach, n'en est-il pas une plus particulièrement religieuse ? Quand toutes ces spécialisations sont effectuées, reste-t-il encore quelque chose, quelque chose qui serait précisément religion?
La question ne se pose guère relativement à l'agriculture, à la politique, etc., mais elle est fort souvent discutée relativement à l'esthétique^ et à la moralité. Ces deux ordres de sentiments éveillant,
1. Cultes, mythes et religions (Leroux. 1905), tome I, /n^rocT. p. vu. — Cfr. JVb/e X sur la théorie sociologique de M. Durfcheim.
2. (( L'œuYre d'axt est la religion rendue sensible sous une forme vivante », disait Richard Wagner : le « contenu idéal » des dogmes, c'est ce dontTart cherdie à nous donner Fintuilion directe, le sentiment sans rintermédiaire du concepL. Cfr. notre Essai : Le sentiment religieux dans V art de R. Wagner (Paris ; Fischbacher 1895). — H nous paratl plus utile de traiter ici la question ou point de vue de la morale.
comme le sentiment religieux, le sentiment de perfectionnement ou de perfection^ il n'est pas étonnant que toutes ces émotions se mêlent dans des consciences plus synthétiques qu'analytiques.
Voici d'abord, à ce sujet, des réponses dubitatives, intéressantes précisément parce que Ton y constate une répugnance à l'égard de l'emploi du sens large:
Observation L de M. Arréat : « Ces élans vers ridéal, le bien absolu, la beauté morale, et ce je ne sais quoi qui me sort de moi-même, peuvent-ils être appelés religieux? Ce que l'on appelle Dieu, la vie future, Tâme, n'y ont rien à faire ^ »
Observation J du même : « Je ne crois pas avoir actuellement l'esprit religieux, à moins que l'esprit religieux ne soit simplement une sorte d'élévation vers un idéal, produite par les émotions artistiques, les grands spectacles de la nature, les méditations de haute morale, etc, \ »
Par contre, l'identification est très nettement opérée dans ce passage d'une lettre à nous adressée par M. Ossip Lourié*, et insérée, sur sa demande, dans Le Peuple du 17 janvier 1905 :