‹ Le divin, expériences et hypothèses: études psychologiquesChapitre 84 sur 119 · Tarde, Psychologie économique, I, p. 63 (F. Alcan · texte numérisé non relu

Tarde, Psychologie économique, I, p. 63 (F. Alcan

2. Ribot, op. cz7„ p.38. 11 ne s'agit, en effet, que des a éléments ultimes » et de leurs réactions, des « processus élémentaires », donc de la vie physiologii^ue.

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de notre individualité et qu'il n'y a pas d'évalualio» sans un sujet qui évalue. D'autre pari, ces états de conscience supposent des êtres, des actes, des choses auxquels ils s'appliquent : phénomènes moraux, esthétiques, religieux, sociaux, qui existent en dehors de nous, indépendamment de nous. Ces phénomènes objectifs agissent comme stimulus ; ils excitent des réactions affectives et appétitives, selon la nature de notre individualité physique et psychique. »

Oui, selon notre nature — mais aussi selon leur nature. Comment n'y aurait-il pas, dans nos tendances, trace de l'action du cosmos, de Vensemble ordonné, orienté, ou du moins s'ordonnant, s'orientant?

Faut-il donc admettre d'autres tendances que lesr quatre indiquées par Leuba*? L'expérience seulepeut trancher la question. Ne trouverait-on pas, de J fait, dans les observations rapportées par Leuba». ■ traces d'autres tendances que celles qui composenl le fameux quatuor ?

L'observation I fournirait à elle seule la réponse. La distinction y est nettement établie entre nos ten-

1. « Lorsque nous essayons de donner de l'origine et du développement de la conscience (morale) une explication naturaliste, la naturenous apparaît comme un foyer de forces idéales. Peu importe que lanature ait également produit autre chose, elle n'en a pas moins produit cela. Il s'est développé une poussée, une impulsion vitale d'une autre espèce que l'impulsion purement physique à la conservation de soi. la, force que je sens en moi-môme, dans ma conscience morale, est une force de l'univers tout, comme celles qui se manifcslent pendant les actions et réactions échangées mutuellement par les masses matérielles. » Hôffding, Morale, XXXI, 3.

dances non religieuses qui peuvent toujours trouver pleine satisfaction dans un objet, et le caractère jamais satisfait, insatiable, inlassable, de la conscience religieuse. D'autre part, le désir que doit satisfaire la pratique religieuse, ce n'est pas seulement celui des choses de valeur, mais de « permanente valeur », de « valeur éternelle », c'est « le désir de f éternel bien ^ »

Dieu, dit le médecin du cas V, c'est « TÉternel Pouvoir de Progrès ». La Vérité, le « Dieu infini », dira la femme très distinguée de l'observation VII.

Voilà les vieilles catégories d'absolu, d'infini, d'éternel qui reparaissent, certainement dans le premier cas, à l'état de tendances. Que serait-ce si nous nous adressions aux mystiques chrétiens qu'étudie Leuba dans sou article de la Revue philosophique I II nous renvoie au Traité de l'amour de Dieu de saint François de Sales. Mais dès les premières pages (livre I, chap. v) François de Sales reconnaît des inclinations supérieures qui ne sauraient être ramenées aux affections ce qui procèdent du discours que nous faisons selon l'expérience des sens » ; il distingue (chap. xiii) l'amour de bienveillance et l'amour de convoitise. L'amour de bienveillance est désintéressé, il ne désire pas pour soi, mais pour

1. « A désire forthe eternally good » (souligné dans le texte).— Sans parler de Tidée d'absolu si nettement exprimée par ces mots : « I use God as that in reason behind which I cannot go. »

Hébert. — Divin. 14

2io prëdomiisàncë de l'élémlnt actif

autrui, et si autrui possède déjà le bien désiré, c'est Famour de complaisance, c'est Tadmiration, l'estime qui, lorsqu'il s'agit de Dieu, infinie perfection, appelle Tadoration. Aussi le second livre : « Histoire de la génération et de la naissance céleste du divin amour », commence-t-il par ce chapitre : « Les perfections divines ne sont qu'une seule mais infinie perfection. y> Et tout ce qui suit n'est que la description de Tamour de la perfection, de cette « inclination naturelle au souverain bien, en vertu de laquelle notre cœur a un certain intime empressement et une continuelle inquiétude, sans pouvoir en aucune manière se tranquilliser ni cesser de témoigner que sa parfaite satisfaction et son solide contentement lui manquent* ».

On répondra que ce n'est là qu'un raffinement d'égoïsme et que « se complaire dans le plaisir de Dieu infiniment plus que dans le nôtre », c'est toujours se complaire dans le plaisir, désirer une volupté.

L'inexactitude de saint François de Sales est dans la terminologie traditionnelle qu'il emploie, bien plus que dans sa pensée. Il a tort d'appeler amour Tadmiration, l'estime, l'appréciation de la valeur objective d'un être et l'approbation indépendante de tout intérêt personnel, de tout retour sur soi-même, que lui donne la volonté. C'est évident qu'il n'y a

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