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C'est tout à fait ce que nous trouvons fin du cas I

EXPÉRIENCES ET HYPOTHÈSES DES « ACTIFS » 21t

pas d^amour désintéressé en tant qu inclination. Demander si une inclination (supérieure ou non) peut être désintéressée, c'est demander si un cercle peut être carré. Mais, du moment que la pensée distingue le point de vue subjectif et le point de vue objectif, elle peut se placer à Tun ou à l'autre de ces deux points de vue. Quand elle juge et apprécie les qualités d'un être, son degré d'excellence dans la hiérarchie des êtres, elle se place au point de vue objectif et voilà un élément désintéressé, non pas séparé (je le reconnais) mais distinct du point de vue strictement utilitaire \

Donc s'il n'est rien dans la religion que n'expliquent les tendances vitales, c'est à condition de ne pas oublier ou mettre dans l'ombre la tendance d'après laquelle la vie se juge elle-même et qui, explicitement consciente, s'appelle raison pratiquev conscience morale. Sans doute, Leuba reconnaît Fin-

i. Feuerbach soutient que c'est la nature (rhomme y compris) que l'homme adore en croyant adorer Dieu ; « la valeur que je donne à, la cause de la vie ne fait qu'exprimer la valeur que, sans en avoir conscienoCi je donne à la vie elle-même. » (La Religion ^ Essence de la religion, IV). Feuerbach ne fait que remplacer par le panthéisme la religion d'un Dieu personnel. Et c'est toujours la même objection qui se présente : ce n'est pas la nature sous un aspect quelconque, l'homme sous un aspect quelconque, que l'homme adore. De gré ou de force» il faudra bien que reparaisse la notion d'inûni : « Les chrétiens, dit-il (§ XLVIll), n'ont point un Dieu borné, mais un Dieu infini, surhumain, transcendant, c'est-à-dire, ils ont des vœux transcendants, infinis, dépassant par leur portée l'homme et le monde.... Dieu et félicité sont une seule et même chose. La félicité, en tant qu'objet de la foi, de. l'imagination, c'est Dieu ; Dieu, en tant qu'objet de la volonté, des désirs, des aspirations du cœur, c'est la félicité. Dieu est un concept qui n'a que dans la félicité sa vérité et sa réalisation. » On voit qae Feuerbach s'obstine à. éliminer l'autre aspect des aspirations humaines : la perfection.

tervention de Tintelligence, nous Tavons dit p. 198. Mais ce rôle de rintelligence est pour lui un simple procédé de suggestion. Dans le processus complet de Tacte religieux, la réflexion et Tintervenlion intellectuelle ne sont qu'un //«wrfg/mn^ê/ [TheMonist. January 1901, p. 212) où l'activité se renforce. Il n'en est pas ainsi. Ou, si l'on préfère, il y a lieu de transit et lieu de transit : un corridor est un lieu de transit, un tribunal aussi. Mais dans l'un, on juge, dans l'autre on ne juge pas. Or Tintelligence n'a pas pour seul effet de suggestionner, elle juge ^ d'après des lois qui lui sont propres, comme nous le dirons au paragraphe suivant. Que l'on se reporte au cas VI de Leuba. Ce docteur en philosophie est très porté vers le culte catholique romain, à cause de la beauté suggestionnante du décor ; il préfère cette mise en scène à toute autre, mais il s'en tient éloigné parce qu'il pense que le catholicisme est dangereux pour la liberté. Voilà le rôle de juge exercé par l'intelligence*. 11 faut donc, si Ton admet l'explication biologique^ soigneusement distinguer les conditions d'existence de la vie organique et celles de la vie psychique et se résigner, une fois de plus, à voir l'unité qu'on avait cru saisir se résoudre en dualité.

1. Théorie analogue de Bargy : « La métaphysique est l'hypothèse dont chacun s'aide pour découvrir la loi de Taclion... ; son effet sur Vénergie la juge » (p. 213). Le tort est de mettre de la sorte la pensée d'un côté, l'acte do l'autre, comme deux objets juxtaposés dans l'espace : en réalité, c'est une seule et même activité instinctive et obscure dans la tendance, prenant conscience d'elle-même, se jugeant elle-même {actio « quœrens inlellectum ») dans la pensée réfléchie, et s'exprimant enfîxt par l'acte.

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