Cfr. Lang, Mythes, cultes et religions. (F. Alcan
DE L'ABUS DE CERTAINS TERMES Sîl
ues et apparentées aux Chaldéens), qui apporrent en ces pays la civilisation piiaraonique, îcriture hiéroglyphique, un art plus stylisé, des lées supérieures', Pas d'hiatus, parce que les noueaux venus se répandent lentement, par infiltration ît aon comme un flot dévastateur. Souvent les tribus consacrent leur alliance en mariant leurs dieux : Osiris, par exemple, avecla déesse Isis primitivement indépendante ; Horus devient leur fils, et si. ce dernier est Tennemi de Setauquel il fut d'abord associé, c'est par suite d'hostilités avec la tribu dont Set était le dieu spécial. Questions de politique donc' et non d'évolution {dans le sens des sciences naturelles). Delà aussi ces hétéroclites statuettes mianimales, mi-humaines des divinités : le dieu animal n'a pas plus évolué en dieu anthropomorphe que le menhir n'a évolué, dans la Bretagne, en la croix qui le surmonte.
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2ZS VUES GÉNÉRALES
vivant serait demeuré un rite de cannibales, sans les interprétations, additions et substitutions des Orphiques : a Partout, en religion, dit à ce sujet M. Goblet d*Alviella, on supefyose (plus qu'on ne remplace) * ». Superpositions donc, et non évolutions (dans le sens scientifique). Sans doute ce mot superposition n'est pas à prendre à la lettre, dans son sens spatial et mécanique. — Le terme évolution non plus, dirat-on. — Mais c'est tout ce que je demande ! — On insiste : Vous oubliez qu'il y a assimilation du nouveau par l'ancien. — L' « assimilation » par l'esprit peut-elle être presque identifiée ainsi avec l'assimilation physiologique ?
1. Eleusinia (Leroux, 1903), p. 109. — « The usual la\^ is that one religion does not supplant another, but is only superadded to it ». Pétrie, op. cit., p. 23. — « L'analyse des parties constitutives du inithraïsme nous montre, comme la coupe géologique d'un terrain, les stratifications de cette masse composée d'étages lentement superposés. Le fond de cette religion, sa couche inférieure et primordiale, est la foi de l'ancien Iran, d'où elle tire son origine. Au-dessus de ce substratum mazdéen, s'est déposé en Babylonie un sédiment épais de doctrines sémitiques, puis en Asie Mineure les croyances locales y ont ajouté quelcjucs alluvions. Enfin une végétation touffue d'idées helléniques a grandi sur ce sol fertile, et dérobe en partie à nos recherches sa véritable nature. » Franz Cumont. Textes et monuments figurés relatifs aux mystères de Mythra , I, 240. — « Si nous possédions plus de documents sur l'ancienne histoire du Mithraïsme, nous y trouverions un enseignement d'une haute portée et tout à l'honneur de la nature humaine : un polythéisme naturaliste lentement transformé par une idée morale, finissant par se simplifier et se concentrer dans un dieu unique de miséricorde et d'amour. » (S. Reinach, Cultes, mythes et religions ^ t. II, p. 222) — « La légende d'Orphée contient beaucoup d'éléments que la conception primitive de l'animaJ divin ne suffit pas ù, expliquer. Sur cette idée de l'animal bienfaisant s'est greffée celle du héros civilisateur, qui n'a pas été nécessairement suggérée par elle, mais par la conscience qu'ont eue les hommes des progrès accomplis dans le passé et ;le désir, non moins naturel, d'en faire remonter le bienfait à l'un des leurs. » Ibid.^ p. 120. La « stratification » des divers cultes dans la religion grecque est bien résumée par J. Ellen Ilarrisson, The religion of ancient Greece (London, Constable, 1905).
Je fais sur ce point toutes sortes de réserves. ïl suffit de rappeler que ce n'est pas toujours l'ancien qui s'assimile le nouveau, mais le nouveau qui s^assimile r ancien^ à sa manière : Tâme-ombre, l'âme pupilline, etc., ne s'est pas assimilé l'àme pur esprîL mais l'âme pur esprit s'est assimilé Tâme-ombre, l'âme pupilline, etc, à F état d'images et de métaphores. De même actuellement, le sens littéral des dogmes se dissout dans la conscience moderne, s'assimile, et reparaît à l'état de purs symboles.
Et ces dogmes eux-mêmes supposent, dès l'origine, les « nova » ayant absorbé les « vetera* ». Comment, en effet, le : a Dominus meus et Deus meus! » du IV^ Evangile^ serait-il contenu, caché, implicite, dans les paroles de Jésus réprimandant le jeune homme : « Pourquoi m'appelles-tu bon ? Dieu seul est bon' ! » Ce sont, en réalité, deux impressions différentes. L'une a supplanté l'autre, la plus récente remplaçant l'ancienne. Le microbe a digéré le phagocyte, non le phagocyte le microbe.
Simple comparaison, mais qui permet à ceuxqu^ le mot évolution contente trop vite de s'apercevoir qu'ils ont toujours à se poser la question : D'où vient le nouveau? C'est à ce point seul que je tiens, le reste étant affaire de nomenclature.
Les observations récentes relatives à l'évolution