Gfr. note X. Hypothèse de M. Durkeim
2. Esquisse d'une théorie générale de la magie, dans V Année sociolO' gique de 1902-1903, et, même volume, p. 200, 203. 209. — Se reporter au ch. IV des Etudes sur les religions sémitiques du P. Lagrange : Sainteté et impureté. « Chez les Sémites, le saint était opposé au pro» fane qui comprenait à la fois les choses pures et les choses impures- Ce qui est à la fois profane et pur est susceptible de devenir sacré ; ce qui est impur, ne peut en aucun cas devenir sacré, tandis que ce qui est sacré peut très bien devenir impur et doit même le devenir dans une religion différente exclusive, puisque tout ce qui est sacré dans un culte est nécessairement une abomination pour ceux qui le condamnent » (p. 141). La ressemblance négative commune : nécessité de les éviter {tabou) y ne doit pas faire oublier que saint et impur ont des caractères positifs tout différents : l'impur, ce serait, en langage scolastique, le « vitandum per se », le saint, le « vitandum per accidens », car l'impur est le dangereux (réel ou imaginaire), le saint est le meilleur et plus grand que nous, donc, au fond, désirable, mais devant être évité pour tel ou tel motif accidentel.
ment ce quelque chose de supérieur à Thomme par un terme impersonnel : mana^^ « pouvoir surnaturel en vertu duquel agissent sur la nature et les événements » tant les esprits des morts que les esprits [vuî) qui n'ont jamais habité un corps ^ Chez les Indiens d'Amérique, nous retrouvons cette notion impersonnelle sous les noms de wakan^ mahopa^ teotl, manito^ liuaca^ etc. ^.
De môme, jadis, chez les Egyptiens, sous le nom de sa : « un fluide mystérieux, le sa^ qui circulait à travers leurs membres (des dieux) y portait la santé, la vigueur et la vie. Tous ne pouvaient pas également s'en charger, mais il y en avait plus chez les uns, moins chez les autres, et leur puissance d'action se proportionnait à la quantité qu'ils en contenaient. Les mieux pourvus en déversaient volontiers le tropplein sur ceux qui en manquaient et tous le transmettaient à rhomme sans difficulté. La transfusion s'en opérait couramment dans les temples. Le roi ou le mortel ordinaire qu'on voulait imprégner se présentait devant la statue du dieu et s'accroupissait à ses pieds en lui tournant le dos : elle lui imposait alors la main droite sur la nuque, et le fluide qui
1. Daniel Brinton, Religions of primitive peoples (London, Putnam's Sons 1897 ; p. 62. — Gfr. histoire des religions de Ghantepie de la Saussaye, p. 30.
2. Cette constatation et d'autres analogues prouvent que Spencer a tort de prétendre que le culte des morts est la croyance une, « homogène » d'où les autres sont dérivées par voie d'évolution.
3. Brinton, op. suprac. p. 102. — Gfr. aussi Vorenda des Hurons, etc.» dans Hubert et Mauss, op. cit.
s'écoulait d'elle pendant les passes s'amassait en lai comme un récipient. La cérémonie n'avait qîu'u0'e efficacité temporaire et l'on devait la remouvelet* souvent, sous peine d'en perdre le béB'éfi'Ce. Les dieux eux-mêmes épuisaient leur sa de vie par r-ttsage qu'ils en faisaient : les moins vigoureux s'ea approvisionnaient auprès des plus forts, «t ceux-^î allaient en puiser une plénitude nouvelle dans un étang mystérieux du ciel septentrional qu'on appe-
lait \ Etang du &a^. »
De nos jours encore chez les nègres, a la valear d'un gri-gri est relative : elle dépend de celle de «on fabricant et n'a d'action que sur les gris-gris renfermant une force moindre. La puissance^ du charme
\. Maapero, Histoire ancienne des peuples de VOHenl. Egypte et Chaldée, p. 110. Cfr. Études de mythologie et archéologie égyptiennes, 1, p. 308. — Comparer avec le brahman chez les Hindous : « C'est la parole qui précise l'acte, qui en détermine l'objet et lui assigne en quelque sorte sa direction. Elle est ou en elle est l'énergie cachée .qui le rend effcace. Cette énergie ou le brahman,''proprement la croissance, l'invlgoration, mot fameux entre tous et dont Thistoire est en quelque sorte celle même de la théologie hindoue. Dans les Hymmes, brahman est très souvent le nom même de la prière, et en ce sens il peut prendre le pluriel mais sans jamais perdre sa signification de force, d'énergie subtile et en quelque sorte magique. » (Barth, Les religions de l'Inde, p. 27). — Se rappeler aussi les nombreux cas où le contact est requis médiat ou immédiat avec le prêtre, le magicien, la chose sainte, sortes de réservoirs ou condensateurs du fluide mystérieux. (Cfr. V. Henry. La magie dans V Inde an ^ig'Me(Dujarric, 1904), p. 45 ; Le Parsisme (1905), p. 183, 229). Et les nombreux rites de communion par lesquels on s'incorpore cette sorte de fluide vital en s'assimilant ce que l'on considère comme « charged witli divine energy ». (R. Smith. Religion of the sémites, p. 141).
2. De même encore : « Par puissance, il ne faut pas entendre ici la force brutale. Il s'agit d'une puissance invisible, inhérente aux choses et aux êtres, dont on ignore la nature mais dont on affirme à coup sûr l'existence parce qu'on en ressent les effets. Cette propriété est dite mana en Mélanésie ; les Malgaches la nomment hasina. Les dictionnaires définissent tous ce mot ainsi : « vertu intrinsèque ou surnaturelle qui rend une chose bonne et efficace ; la vertu, l'efficacité «d'un
est en fonction de la puissance du charmeur ^ »
Dieux, esprits «de toute sorte, sorciers, etc., se servent donc de cette force çui^ en /in de compte^ ^t stipériew^ à tous et à tout^ puisqu'on ne la dirige qu'en lui obéissan^t.
Nous sommes là en face d'une croyance primiordiale, expérience et croyance tout ensemble : expérience, puisque rindividu (primitif ou civilisé), qu'il s'agisse de l'activité physique ou de l'activité morale, constate qu'il met en oeuvre à certains moments des énergies qui ne font pas partie de son moi ^normal, quotidien.^ croyance, parce que ces énergies restant inexpliquées, mystérieuses^ ^ prêtent aux effusions du sentiment, aux jeux de l'imagination.
Ne serait-ce point là le protoplasma psychîqae d'où, selon la diversité des tempéraments et circonstances, sont sorties les pratiques magiques et les pratiques 7'eligieuses ?
Il y eut surtout magie ^ lorsque prédomina lailea-
remède ; la véracité, vérité d'une parole, d'une prophétie ; la sainteté de quelque chose ; la vertu des amulettes, enchantements », eitc. L'adjectif masina signifie « saint, sanctifié, puissant, efficient». C'est sur les deux notions de tohina (contagion) et de hasina (puissance «xtra-naturelle) que repose à mon avis le fady (tabou malgache). » Tun Oenepp, Habou et totémisme à tânûagmcar, p. 17. — La définition <ie M. Hubert : le mana ou « l'ordre d«s efficacités »^omme le temps, l'ordre des concomitances possibles {Étude sommaire de la représentation du temps dans la religion et la magie. Fischnacher, 1905), exprime sous forme de catégorie ubstittîte ce qui eât senti par le primitif. — A rapprocher de Ja Suvotixt; qui « sortait » de Jésus et guérissait les malades qui le « touchaient » (Luc. Vï, 19 ; "VÏM, 46 : Marc III, 10 ; V. '28 ; VI, Ô6). Dieu et son Esprit ^.j&ii "été idéalisés par la conscience, la 4k puissance de Dieu «, soiss vn de ses aspects, deviendra la « gr&ce eanclifiante. » (Comparer Ji%. XIV, %, 19 avec Isaïe, XI, 2, Tim. 1, 1 ; iGalat. V, 22).