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Lettre de Franz de Zeltner, fiay^ (Sénégal), 28 maiiOOë

dance pratique qui mit Thomme sur la voie d'observations réelles, lui permettant d'acquérir par son propre effort et d'utiliser à son gré un certain nombre de notions et recettes empiriques qui, sans être encore de la science, devaient conduire, aboutir aux sciences véritables ^

Il y eut surtout religion^ lorsque prédomina la tendance imaginative et idéaliste. D'où l'emploi d'images anthropomorphiques auxquelles se joignirent le sentiment d'une dépendance plus ou moins étroite et les rites d'invocation et de propitiation. Sous l'action de la conscience, le plus fort que l'homme devint le meilleur que l'homme, la force morale se substituant à la force magique, en passant par ce stade intermédiaire dont la Moira des Grecs peut fournir un exemple.

La religion ne vient donc pas de la magie, ni la magie de la religion. Mais la communauté d'origine suffirait à expliquer que ces deux formes aient été constamment — et soient encore^ — mélangées et difficilement séparables.

1. C'est ce qu'il y a de vrai dans la théorie de Frazer. Sir Alfred Lyall dans ses Éludes sur les mœurs religieuses de la société de l'Extrême-Orient (Paris, Thorin, 1885) a finement analysé la psychologie du sorcier (Chap. iv) et montré qu'en lui se manifeste moins la tendance à pratiquer une méthode scientiGque, qu'un certain sentiment « d'insubordination qui place dans Thomme lui-même le pouvoir d'influencer les choses et qui travaille vaguement à faire dépendre l'homme de ses propres facultés » indépendamment de l'action divine.

2. Môme, hélas I en plein catholicisme: le docteur Lucien Roques, dans une lettre du 12 juin 1906, sur les superstitions du Languedoc, m'écrit : « Dans presque tous les conseils donnés par les sorciers, est inclus celui de faire dire des messes. Le plus célèbre sorcier du pays porte un crucifix a son cou ; mais, particularité qui agit énormément

Quant à ranimisme *, il a constitué un des premiers efforts intellectuels^ pour expliquer ce qu-e rhomme ressent d'abord sous forme impersonnelle. Je ne prétends pas, certes, que ce fût une hypothèse métaphysique a priori : l'animisme était fondé sur quantité d'observations ayant donné lieu à des interprétations inexactes, mais qui n'en formaient pas moins un rudiment de psychologie et de théologie. C'était déjà fides qximrens intellectum . La croyance primitive eut donc comme processus empirique de développement la magie, comme processus explicatif Vanimisme; nous allons insister sur le processus religieux.

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