La civilisation primitive y chap. xv, t. Il, p
sance mystérieuse, dont il témoigne par Fondulation de. ses branches et par des sons fantastiques. Puis les arbres à fruits sont honorés pour Texcellence même de leurs prodnits qu'ils accordent chaque année en quantité plus ou moins grande, suivant quelque caprice dissimulé que Ton pourra peut-être se rendre propice ; plus tard, une espèce particulière se trouve consacrée à un dieu célèbre ; un énorme tronc solitaire devient la demeure d'un esprit impalpable et sans nom, qui peut habiter aussi un bouquet de bois sombre ou un épais fourré ^ »
Mais, dans les deux derniers cas, est déjà franchi le stade primitif: Fhomme a distingué en lui — pour des motifs que je n'ai pas à développer ici ^ — le corps et l'esprit; il a distingué aussi corps et esprit en tout ce qui l'entoure ; c'est le passage du naturisme à \ animisme proprement dit (culte des esprits incarnés ou non dans quelque objet ou être).
Mais avant d'en arriver là, remarquons que le primitif — comme l'enfant^ et très rapidement — gênéra/ise — bien entendu de cette généralisation dont parle M. Ribot, qui est plutôt le vague que le générai , un état intermédiaire entre le particulier
d. Sir Alfred Lyall. Études sur les mœurs religieuses et sociales de l'Extrême-Orient p. 24. Le chapitre i renferme une intéressante étude sur les formes religieuses dans une province centrale de l'Inde, le Bérar.
^. Cfr. l'opuscule d'E. Monseur cité p. 23i.
S. Suzanne F. (11 mois), à qui Ton a dit tic tac en lui faisant voir et entendre une montre et une horloge, dit tic tac en montiant, dans une chambre où on la porte, une pendule (qui, d'ailleurs, ne marchait point) .
et le général, « participant de la nature de l'un et de Taulre, une simpliticalion confuse*. »
Ne serait-ce pas l'explication de cette croyance primitive à une énergie, diront les partisans de Muller et de Hartmann, en tout cas à de l'énergie expérimentée comme plus puissante que Thomme individuel ou que les groupements d'hommes, l'explication donc de la croyance au mana^ au ra, etc., à cette force supérieure à tous et à tout, qui, diversement envisagée, aurait donné lieu, avons-nous dit, à l'emploi des formes magiques et des formes religieuses ?
Mais le développement intellectuel de Thomme l'amena à l'animisme proprement dit. Il paraîtrait naturel d'ajouter, avec Guyau, que l'animisme polydémoniste a pu devenir ^hénothéisme^ puis le monothéisme, lequel, de nos jours, évoluerait vers le monisme.
Ces schèmes bien ordonnancés, exercent sur l'esprit une puissante séduction. Mais leur propre architecte nous a laissé voir le côté artificiel de son plan. Nous ne nions pas que les choses aient pu se passer comme il le prétendait; nous constatons seulement que lui-même suggérait une solution double^ au lieu d'un processus unique. Il nous indique, en effet, comment l'homme a pu passer directement de la première phase (( panthéliste » à une sorte de monothéisme :