L'in^éligion de V avenir, p. 39, 40 (F. Alcan
2. Pour saint Thomas, l'essentiel, dans l'idée de création, n'est pas le. cominencerment dans le temps (4» pars, q; XLVI, art. 2). Uésonitiila. dépasse-t-il l'imagination du primitif qui attribue au sorcier un pouvoir sans limites ? Non, peut-être : avee quelques réserves Lawig cite^ la» réponse d'un Boschiman Qing, qui n'avait jamais vu d'homme blanc que dans les combats^. Il prétendait que la Mante a tout fait par sa' seule volonté [Mythes, etc. p. 161). Or Lang, reconnaît que Gagn {= la Mante = I Kaggen) est aussi un sorcier (p. 331). « Les Samoans ont aussi une cosmogonie à demi mythique, à demi physique, qui part dm rien. » (p. 181). Un point essentiel, dans l'idée de création, c'est Je rapport établi parla pensée entra le relatif et l'absolu^:, l'être imparfait a la raison d'être de tout son être dans le parfait. Nous ne prétendons pas que cette idée s'impose; (cfr; p. 11-7); nous affirmons que.c'ôst làirélé.— ment nouveau qui ne saurait provenir des mythes sauvages ou autres par évolution mais est une addition de la pensée judéo-chrétienne. 11 s'est compliqué d'un mythe psycho-métaphysique : substantiaiite distincte et personnalité du parfait, liberté de la création, etc.
telle religion monothéiste, aussi primitive que les formes animistes (dans le sens de : culte des esprits) et n'en dérivant pas.
Guyau est d'ailleurs le premier à nous mettre en garde contre a la naturelle tentation de classer systématiquementles diverses métaphysiques religieuses et de les faire évoluer selon une loi régulière, conformément a des cadres plus ou moins déterminés * ». Dans son chapitre* sur la Création, il cite un exemple qui permet d'assister, pour ainsi dire, à la naissance de la foi en un fabricateur du monde : « J'ai eu, dit-il, un exemple de métaphysique naïve dans la conversation suivante, dont je puis garantir l'an- Ihenticité.
Les deux interlocuteurs étaient une petite paysanne de quatre ans qui n'était jamais sortie de sa campagne, et une jeune fille de la ville, la propriétaire de la ferme. Toutes deux étant descendues au jardin, où depuis le matin de nombreuses fleurs s'étaient épanouies, la petite paysanne entra dans une vive admiration et, s'adressant à la jeune fille, pour laquelle elle avait depuis longtemps une sorte de culte : a Dites-moi, maîtresse, s'écriat-elle, c'est vous, n'est-ce pas, qui avez fait ces fleurs ? »
Si l'on appelle principe ck causalité le rapport susénoncé (note p. 263) , entre l'imparfait et le parfait,
n'est pas réductible à rexpérience sensible ; mais il il est une notion de la causalité qui n'est qu'une condensation, uq résumé de l'expérience de tous les jours. (( Si l'homme n'avait aucune action sur le . monde, dit Guyau, il ne se demauderait pas qui a fait le monde... (Si la petite paysanne dont nous parlions tout à l'heure n'avait pas vu son père réparer ou fabriquer ses outils de travail, faire le feu, faire le pain, labourer la terre, elle ne se serait pas demandé qui avait fait les fleurs du jardin) ; la truelle du maçon et la scie du charpentier peuvent revendiquer une bien grande part dans la formation delà métaphysique religieuse \ »
Que l'homme, admettant ce des chauffeurs et des allumeurs en grand, se soit demandé une fois s'il n'y avait pas quelqu'un qui agissait en très grand », comme le remarque le P. Lagrange% c'est une hypothèse tout aussi plausible, en effet, que celle de l'évolution du culte des esprits. Quand a eu lieu cette (( fois », c'est autre chose !
Cette expression « une fois » semble prouver que, dans l'esprit du P. Lagrange, ce monothéisme anthropomorphique n'est pas absolument primitif. L'enthousiasme d'une peuplade pour un chef très puissant ou quelque saint, ou héros civilisateur^ a