‹ Le divin Sauveur (volume 2)Chapitre 27 sur 65 · FRUITS DE LA MORT DU SAUVEUR · texte numérisé non relu

FRUITS DE LA MORT DU SAUVEUR

Notre divin Sauveur, voulant faire entendre à ses disciples qu'il devait être crucifié, leur adressa ces paroles, que nous lisons dans l'Évangile selon saint Jean : Ego, si exaltatus fuero a terra, omnia traJiam ad me ipsum (1). « Quand j'aurai été élevé de terre, j'attirerai tout à moi. » Il voulait surtout leur faire comprendre par là quels heureux fruits la considération de sa Passion et de sa mort produirait dans les âmes. En effet, à la vue de Jésus mort^ur la croix, combien d'âmes ont eu le bonheur d'être attirées à lui, au point qu'elles ont tout quitté pour se consacrer sans réserve au divin Amour.

(c Ceux qui contemplent avec foi Jésus mort en

(1) Jo., 12, 32.

croix, dit saint Augustin, sont guéris des blessures que le péché a faites à leur âme (1) ». Tous les chrétiens devraient donc avoir continuellement devant les yeux Jésus crucifié, de manière à pouvoir dire avec saint Paul : Non judicavi me scire allquid inter vos, nisiJesum Christum et hune crucifixum (2). « Je n'ai pas jugé utile de savoir et vous enseigner autre chose que Jésus, et Jésus crucifié. » Ames fidèles, quand le démon s'efforce de nous jeter dans le désespoir en nous représentant les péchés que nous avons commis, jetons les yeux sur Jésus mort en croix pour nous délivrer de la mort éternelle. Après qu'un Dieu nous a prouvé si éloquemment son désir de nous sauver, pourvu que nous soyons résolus à l'aimer coûte que coûte et jusqu'à la fin de notre vie, pourrions-nous douter encore de son amour et n'avoir qu'une faible confiance en sa miséricorde? Après avoir reçu tant de preuves de son amour et de son désir infini de nous sauver, pourrions-nous, sans lui faire injure, ne pas concevoir une pleine confiance en lui et ne pas tout espérer de sa bonté? Nous devons donc, pleins d'une sainte ardeur, demander et espérer tous les biens, persuadés qu'un Dieu si aimant et si généreux ne saura rien nous refuser.

AFFECTIONS ET PRIÈRES

Mon bien-aimé Sauveur, ô vous qui, pour me procurer une bonne mort, avez choisi pour vousinAme une mort si douloureuse et si affligée, ayez

(1) Qui intuontur Udc mortem Christi, sanantura morsibus pcccatoruin. Un Jo., tr. 12).

(2) /, Cor., 2, 2.

pitié d'un pauvre pécheur qui s'abandonne entièrement entre les bras de votre miséricorde. Je sais que depuis longtemps déjà je devrais être en enfer, à jamais séparé de vous, pour avoir tant de fois méprisé votre grâce en lui préférant d'indignes satisfactions ; mais vous avez daigné m'appeler à la pénitence, et c'est ce qui me donne la confiance que déjà vous m'avez pardonné. Si cependant, par ma faute, je n'avais pas encore obtenu mon pardon, pardonnez-moi en ce moment, ô mon Jésus, car de tout mon cœur je me repens de vous avoir chassé de mon âme par le péché ; rétablissez-moi donc dans l'heureux état de grâce.

Mais cela ne me suffit pas : faites, ô mon Dieu, que je vous aime de toutes mes forces et durant toute ma vie; faites que, parvenu à ma dernière heure, j'expire tout brûlant d'amour pour vous et en répétant : Mon Jésus, je vous aime, je vous aime! pour continuer à vous aimer durant toute l'éternité. J'unis dès maintenant ma mort à votre sainte mort, par laquelle j'espère être sauvé. « En vous. Seigneur, j'ai espéré ; je ne serai pas confondu à jamais ». In te, Domine, speravi, non confundav in œternum (1).

Auguste Mère de Dieu, tendre<Marie, après Jésus vous êtes mon espérance; priez pour moi. In te Domina speravi; non confundar in œternum.

(1) Ps., 30, 2.

•IKSrS-CIIHlST EST A JAMAIS NOTRE MEDIATEUR AUPRÈS DU PÈRE ETERNEL.

Mes chers enfants, nous dit saint Jean, je vous écris ceci, afin que vous ne péchiez point. Si cependant quelqu'un est tombé, qu'il se souvienne que nous avons pour avocat auprès du Père, Jésus- Christ, qui est le Juste et qui s'est offert en sacrifice pour expier nos fautes (1). Ainsi donc, la mort n'a pas mis fin à sa médiation; maintenant encore il plaide notre cause et semble n'avoir d'autre rôle dans le ciel que celui d'intercesseur pour déterminer son Père à user de miséricorde envers nous. « Il est toujours vivant, dit l'Apôtre, et prêt à intercéder pour nous. » Semper vivens ad interpellandum pro nobis (2). C'est même à cette fm qu'il est monté au ciel : ut appareai nunc vultui Dci pro nobis (3), « afin de se présenter maintenant pour nous devant la face de Dieu. » Comme des rebelles sont bannis de la présence du roi, ainsi nous pécheurs, nous n'eussions jamais été trouvés dignes de paraître en présence de Dieu, pas même pour lui demander paidon; mais Jésus, en sa qualité de Rédempteur, se présente devant Dieu, le prie en notre faveur et nous obtient par ses mérites la grâce que nous avons perdue.

Saint Paul continue de nous encourager : Acccs-

[\) Killoli moi. haîc scribo vohis ut non neccetis. Sed et si (luis p(îCcav«M'it, Advocatuni habcmus apud Patrem, Jcsum thrislum justuni; et ipse est propitiatio pro peccatis nostris. (/, ./o., 2, 1.)

(2) Jteb.. 7, 25.

(:î) IbiU.. 9» 24.

sistis ad... Mcdiatorem Jesum, et sanguinis aspersionem melius loquentem, quam Abel (1). « Vous vous êtes approchés de Jésus Médiateur, et vous avez été arrosés de son sang, de ce sang qui parle plus efficacement que celui d'Abel. » Oui, le sang du Rédempteur crie miséricorde pour nous, avec bien plus d'éloquence que le sang d'Abel ne criait vengeance contre Gain. Dieu dit un jour à sainte Madeleine de Pazzi : « Ma justice s'est changée en clémence par la vengeance que j'ai exercée sur la chair innocente de Jésus-Christ. Le sang de mon Fils ne me demande pas vengeance comme celui d'Abel; il ne réclame que miséricorde et pardon. A cette voix, ma justice ne peut manquer de s'apaiser; ce sang lui lie les mains, de sorte qu'elle ne peut, pour ainsi dire, se mettre en mouvement comme autrefois, pour tirer vengeance du péché. »

AFFECTIONS ET PRIÈRES

Nous avons au ciel un avocat toujours prêt à intercéder pour nous, et cet avocat, c'est Jésus-Christ qui a donné sa vie pour notre salut. 0 mon Dieu! quelle confiance m'inspirent ces paroles du Disciple bien-aimé; car, que puis-je craindre si je me repens de mes péchés, si je les déteste : Celui à qui vous avez donné tout pouvoir de juger, c'est Jésus-Christ, votre Fils, qui est mort précisément pour ne pas me condamner, et qui maintenant au ciel plaide constamment auprès de vous en ma faveur.

Mon Jésus, vous me pardonnez et vous m'ai-

(1) Hebr., 12, 22.

mez : Qu'est-ce donc qui pourrait désormais me séparer de vous et me priver de votre amour? Je maudis ces malheureux jours que j'ai passés dans votre disgrâce. Maintenant, j'ai la confiance que vous m'avez pardonné. Je vous aime et vous m'aimez; mais vous m'aimez d'un amour immense, infini, et moi je vous aime si peu! Je regrette souverainement de vous avoir tant outragée par le passé, ô Bonté infinie; maintenant je vous aime par-dessus tout, je vous aime plus que moi-même. Oui, mon Dieu, je me réjouis plus de vous savoir infiniment heureux, que d'avoir en ma possession tous les trésors du ciel et de la terre ; et je vous aime, vous qui êtes digne d'un amour infini; je vous aime plus que moi-même, car je suis un misérable qui ne mérite que l'enfer. Mon Jésus, ce que je désire de vous, c'est vous-même. 0 Marie, Mère de Jésus, augmentez dans mon cœur l'amour de Dieu et la confiance dans les mérites de votre divin Fils.

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