LES EXCELLENCES DE LA CROIX ET SES TITRES GLORIEUX
Considérons les noms glorieux que saint Jean Chrysostome donne à la croix.
Il l'appelle l'Espérance des chrétiens et le salut des désespérés. Spes Chris tiatiorum el desperatorum via. De lait, (luello espérance de salut auraient les pécheurs, sans la croix sur laquelle Jésus-Christ <!st mort pour les sauver?
Le Guide des Navigateurs : Navigantitim Gubcv- II H
nator. Tandis que nous voyageons sur la mer orageuse de ce monde, nous puisons dans l'humiwation qui vient de la croix, c'est-à-dire de l'adversité, la grâce d'observer la loi de Dieu, et de nous repentir lorsque nous l'avons transgressée. « Seigneur, disait le prophète, il m'est bon que vous m'ayez humilié, afin que j'apprenne à garder vos commandements. » Bonum mihi quia humiliasti me, ut discam justificationes tuas (1).
Le Conseiller des Justes : Justorum Consiliarius. L'adversité éclaire les justes et les porte à s'unir plus étroitement à Dieu.
Le Repos des Affligés : Tribulatorum Requies. Où, en effet, ceux qui sont affligés trouvent-ils plus de consolation que dans la croix, sur laquelle ils voient mourir de douleur et d'amour pour eux leur Rédempteur et leur Dieu?
La Gloire des Martyrs : Martyrum Gloriatio. Ce qui fait le mérite et la gloire des saints martyrs, c'est l'union de leurs souffrances et de leur mort aux souffrances et à la mort de Jésus-Christ sur la croix. Aussi l'Apôtre disait-il : « A Dieu ne plaise que je songe à me glorifier dans autre chose que dans la croix de Notre-Seigneur Jésus-Christ. » Mihi absit gloriari nisij in cruce Domini Nostn JesU Christi (2).
Le Remède dans les maladies : jEgrotantium
Medicus. Saint Jean Chrysostome a surtout eii vue
ici les maladies spirituelles, les peines intérieures,
es tribulations de tout genre. Oh! quel puissant
remède que la croix pour bien des personnes
(n Ps., 118, 71.
(2) Gai., 6, 14.
ainsi éprouvées! les tribulations les font rentrer en elles-mêmes et les détachent du monde.
Enfin, le saint appelle la croix : la fontaiiie où se désaltèrent ceux qui ont soif : Sitientium Fous. Porter la croix, endurer beaucoup de peines pour Jésus-Christ, voilà le désir des saints; ils ont soif de souffrances. Sainte Thérèse s'écriait : » Ou souffrir ou mourir! » Sainte Madeleine de Pazzi allait plus loin et s'écriait : a Souffrir et ne pas mourir! » Comme si elle eût refusé de mourir et d'aller jouir du ciel, afin de souffrir plus longtemps sur la terre.
AFFECTIONS ET PRIÈRES
Mon divin Rédempteur, puisque vous, qui ôtes innocent, voulez bien marcher en avant avec votre croix, et que vous m'invitez à vous suivre avec la mienne, c'en est fait, mon bon Maître, je ne veux point me séparer de vous. Si, par le passé, j'ai refusé de vous suivre, j'ai mal fait, je l'avoue; imposez-moi maintenant telle croix que vous voudrez, je l'embrasse d'avance et je veux la porter à votre suite jusqu'à ma mort, comme m'y exhorte votre Apôtre. Exeamus igilur (ici mm rxira castra, Iniprbparium ejus portantes (1). « Allons à la rencontre de Jésus, et avec lui portons sans défaillance le bois de l'ignominie. »
Comment donc, 6 bon Maître, pourrions-nous ne pas aimer par amour pour vous les souffrances et les humiliations, après que vous les avez tant aimées et souffertes pour notre salut? Je vous entends nous appeler à votre suite : Si ijuriiuun
(I) lleb., 13, 13,
veut venir aprrs moi, qu'il se renonce, qu'il prenn sa croix et qu'il me suive (1). Oui, mon Sauveur, nous voulons vous suivre pour mourir avec vous; mais donnez-nous la force qui nous est nécessaire ; nous vous la demandons par vos mérites, et par ces mérites nous espérons l'obtenir. Je vous aime, mon très aimable Jésus, je vous aime de toute mon âme et je ne veux plus vous abaudonner. Assez longtemps j'ai erré loin de vous ; liez-moi maintenant à votre croix. Si j'ai méprisé votre amour, je m'en repens de tout mon cœur, et je l'estime maintenant plus que tous les biens.
0 Mère des douleurs, faites que comme vous je marche toujours courageusement à la suite de Jésus-Christ.