JÉSUS CRUCIFIÉ EST NOTRE UNIQUE ESPÉRANCE
Jésus-Christ est l'unique espérance de notre salut, et hors de lui, dit l'apôtre saint Pierre, il n'y a de salut pour personne : non est in alio aliquo salus (2). « Je suis la porte, nous dit le Sauveur lui-même^ celui qui entrera par moi sera sûrement sauvé. » Fgo sum ostium : per me si quis introierit salvabitur (3). Quel pécheur eût jamais pu espérer son pardon, si Jésus n'eût satisfait pour nous à la justice divine et expié nos péchés par l'effusion de son sang? L'apôtre saint Paul, dans son Épître aux Hébreux, nous donne ce môme motif de confiance.
(1) Si quis \'iilt post me venire, îibnoget somotipsum, ot tollat crucein suani et sequatur me. [Matth. 16, 24.)
(2) Act., 4, 12.
(3) Jo., 10, 9.
(|uan(i il dit : Si le. sang des boucs et des taureaux immolés dans les sacrifices effaçait chez les Juifs les souillures extérieures j a fiji qu'ils puissent pi^endre part à l'immolation des vie tintes , combien plus le sang de Jésus-Christ, qui s'est offert par amour pour nous comme une victime sans tache y puri pera-t-il nos âmes du péché, afin de nous rendre dignes de servir le Dieu vivant (1).
En venant dans ce monde, notre très aimant Rédempteur ne se proposa d'autre motif ni d'autre but que de sauver les pécheurs. Voyant donc déjà écrite la sentence de mort que nos péchés nous avaient méritée, que fit-il? Il se livra volontairement à la mort, subissant ainsi la peine qui nous était due; il effaça de son sang l'acte de notre condamnation, et ravit à la divine justice le droit qu'elle avait d'exiger de nous une rigoureuse satisfaction. Cette cédule de notre condamnation, Jésus l'attacha à la croix sur laquelle il mourut : c'est, dit saint Paul, par ce moyen qu'il accomplit l'œuvre de notre éternelle rédemption, y^terna redemplione inventa (2).
AFFECTIONS ET PRIÈRES
Mon Jésus, la vue de mes péchés m'épouvante, mais la vue de votre croix me rassure et me console. Certes, vous ne me refuserez pas le pardon, après avoir donné pour moi votre sang et
(1) Si enim sanguis hircorum et lauroruni... inquinatos sanrtiflcat ad emnndationom carnis; quanto magis sanguis Cliristi, qui per Spirituiu sanctum sometipsuin obtulit imniaculaluu^ Deo, cmundabit conscientiam nostrani ab oporibus mortuls, ad serviendum Deo vWenti. {Heb.. 9. 13.)
(i>) IhUL, 12.
Il S.
votre vie. Mon cher Rédempteur, à Theure de ma mort, quand l'enfer me livrera les suprêmes et les plus violents combats, c'est vous qui serez mon soutien. La mort cruelle que vous avez endurée pour moi, me fait espérer de mourir en état de grâce et avec un ardent amour pour vous. J'espère par vos mérites le pardon de toutes les injures que je vous ai faites. Pourrai s-je ne pas y compter, ô mon amour crucifié, quand vous êtes mort précisément pour me pardonner? Pourrais-je douter de votre miséricorde, quand c'est elle qui vous a fait descendre du ciel pour venir à la recherche de ma pauvre âme? Me refuserez-vous la grâce de vous aimer, après avoir tant souffert pour gagner mon amour? Les péchés que j'ai commis, mais dont je me repens sincèrement, pourront-ils me priver de votre grâce, après que vous avez répandu tout votre sang pour les effacer et me faire rentrer dans votre amitié?
Je vois que vous voulez mon salut; j'en ai pour preuve infaillible le regret que j'éprouve de vous avoir offensé, les lumières que vous me donnez sur la vanité des choses de ce monde et sur l'amour que vous m'avez porté, enfin le désir sincère que je sens d'être tout à vous. Je prends la résolution de travailler à mon salut, pour aller dans le ciel chanter à jamais vos miséricordes. Oui, « éternellement je chanterai les miséricordes de mon Dieu. » Misericordias Bomini in œiemum cantabo{i). Puissé-je, tantque je vivrai ici-bas, conserver au fond de mon cœur le regret de vous avoir offensé etle désir de vous aimer de toutes mes forces!
(1) Ps., 88, a.
— [:vA —
0 Mère de miséricorde, vierge Marie, priez pour moi.
PAR SA MORT JESUS-CHRIST NOUS A FAIT PLUS DE BIEN QUE LE DÉMON NE NOUS AVAIT F AIT DE MAL.
Jésus-Christ nous a fait plus de bien par sa mort que le démon ne nous fit de mal par le péché d'Adam. L'apôtre saint Paul le dit très clairement dans son Épître aux Romains : Non sicut delictum, ita et donum. — Ubi autem abundavit delictum, superabundavit gratia. (1) « 11 n'en est pas du don comme du péché. — Là où avait abondé le péché, la grâce a surabondé. » Paroles que le cardinal Hugues de Saint-Cher commente ainsi : « La grâce de Jésus-Christ est plus puissante pour notre salut, que le péché pour notre perte. » En effet, il n'y a nulle comparaison entre le péché de l'homme et le don que Dieu nous a fait de Jésus-Christ. Grand fut le péché d'Adam, mais bien plus grande a été la grâce que Jésus nous a méritée par sa Passion. « Je suis venu, dit le Sauveur, afin que les hommes, morts par le péché, recouvrent la vie et qu'ils l'aient plus abondante. » Ego veni ut vitarn habeanty et abundantius habeant (2). Aussi la sainte Ëglise proclame-t-elle heureuse la faute qui nous a procuré un tel Rédempteur. 0 fclix ciilpa, qux talem ac tantum meruit habere Hedemptorem.
« Voilà que Dieu s'est fait mon Sauveur, s'écriait le Prophète, je serai plein de confiance et ne craindrai rien. » Ecce Dcus Salvator meus; fiducialiter
il) Rom., 0, 15, 20.
2) Jo., 10, 10.
agam^ et non timebo (1). Si donc, ù Jésus, vous qui êtes un Dieu tout-puissant, vous êtes aussi mon Sauveur, puis-je m'abandonner à la crainte de me damner? Sans doute par le passé je vous ai offensé, mais je m'en repens de tout mon cœur; désormais je veux vous servir et vous aimer. « 0 pauvre pécheur, nous dit saint Bonaventure, pécheur repentant, espère donc et espère fermement que ton Rédempteur, qui a tant fait et tant souffert pour ton salut, ne te refusera aucune des grâces dont tu auras besoin pour te sauver.
AFFECTIONS ET PRIÈRES
Mon Jésus, il vous en a tant coûté pour me racheter, et vous pouvez me sauver sans qu'il vous en coûte davantage! je puis donc et je veux avoir toujours une pleine confiance en votre infinie bonté. Votre volonté, je le sais, c'est que tous se sauvent et que nul ne se perde. Mes péchés m'épouvantent, mais votre bonté me rassure ; car vous désirez plus me faire du bien que je ne désire de recevoir vos bienfaits. Je lis dans ma conscience une juste sentence de mort, pour les offenses dont je me suis rendu coupable, ô mon Jésus ; mais sur votre croix je lis le décret de grâce que vous m'avez obtenu par votre mort. Je puis donc bien dire avec le saint homme Job : Etiamsi occident me, iyi ipso sperabo... Et ipse erit Salvator meus. J'ai confiance en Dieu : « Il me donnerait la mort, que j'espérerais encore en lui... Lui-même sera mon salut. »
Oui, ô mon Amour, quand même vous me chasseriez loin de vous, je ne cesserais point d'espérer
en vous, qui êtes mon Sauveur. Vos plaies, votre sang, me disent que je puis attendre de votre infinie bonté le pardon de mes péchés et toutes sortes de biens. Quand donc, ô mon Amour et Roi de mon cœur, quand pourrai-je embrasser vos pieds sacrés et baiser ces plaies, gages de votre amour et sources de mon salut? Je vous aime, ô mon Jésus, je vous aime et j'espère en vous.
0 Marie, vous êtes après Jésus toute mon espérance ; priez donc pour moi.