JÉSUS-CHRIST A SATISFAIT SURABONDAMMENT POUR NOUS
L'Esprit-Saint nous avertit de ne point oublier Celui qui s'est porté caution et qui a donné sa vie pour nous. Gratiam fidejussoris ne obliviscaris, dédit enim pro te animam suam (1). D'après les interprètes, ce passage s'entend de Jésus-Christ, qui, nous voyant incapables de satisfaire à la justice divine pour nos péchés, s'est offert spontanément à payer nos dettes et les a réellement payées de son sang et de sa vie. La vie de tous les hommeofferte en sacrifice n'eût jamais suffi pour compenser les injures faites par nous à la Majesté divine.
(1) EccH., 20, 20.
Seul, un Dieu peut réparer l'olTense faite à un Dieu : et c'est ce qu'a fait Jésus-Christ. En répondant pour les hommes, en répandant le sang de ses veines pour acquitter leur dette, le Rédempteur leur mérita la faveur de contracter avec Dieu une nouvelle alliance, meilleure que l'ancienne, et un contrat en vertu duquel, sous condition d'observer la loi de Dieu, ils acquièrent la grâce divine et la vie éternelle. C'est précisément ce que Jésus-Christ a luimême exprimé en instituant l'Eucharistie : Hic calix novum ieslamentum est in meo sanguine (i). « Ce calice de mon sang, dit-il, est un nouveau Testament. » Il nous fait entendre par là, que le calice de son sang établit entre Dieu et notre Sauveur le nouveau contrat, en vertu duquel les hommes fidèles à la loi divine doivent obtenir la grâce de Dieu et la vie éternelle.
Jésus-Christ a donné pleine satisfaction à la justice divine, en subissant en notre lieu et place les peines qui nous étaient dues. Vere languores nostvos ipse tulity et doloves nostros ipse porlavit (2). Ainsi s'exprime Isaïe : « Il a vraiment pris sur lui nos péchés et subi la peine qui nous était due. >> « Oui, dit saint Paul, il nous a aimés, et par amour il s'est livré pour nous. » Dilexit nos, et iradidit semetipsum pro nobis (3). Pour nous délivrer de la malédiction que nous avions encourue par nos péchés, Jésus s'en est chargé; il a payé pour nous en toute rigueur de justice. Pour cela, il a consenti â mourir de la mort des maudits, qui était le supplice de la croix.
(1) /. Cor., \\, 25.
2) fs., 53, 4.
(3) Kph., 5, 2.
AFFECTIONS ET PRIERES
Mon Jésus, je crois que vous êtes mort pour moi, aussi je me reconnais digne de mille enfers, pour avoir répondu par Tingratitude et l'outrage à l'amour généreux qui vous a porté à verser votre sang pour mon salut. Je rends grâces à votre miséricorde, qui a promis de pardonner au pécheur repentant. Appuyé sur cette promesse, j'espère de vous mon pardon; car je me repens bien sincèrement d'avoir tant de fois méprisé votre amour. Vaincu par cet amour, qui ne m'a pas encore abandonné malgré mes ingratitudes, je me rends; je me consacre tout entier à vous. Vous, mon Jésus, vous m'avez sacrifié votre vie divine en mourant de douleur sur une croix : que puis-je vous rendre en retour, moi créature de néant? Je me consacre à vous sans réserve : je me soumets à toutes les peines qui me viendront de votre main durant ma vie et ma mort. Attendri et confus de la grande miséricorde dont vous avez usé envers moi, j'embrasse votre croix, et c'est là, à vos pieds, que je veux vivre et mourir.
0 mon Rédempteur, je vous en conjure par l'amour qui vous a porté à mourir pour moi, ne permettez pas que je me sépare jamais plus de vous. Faites que je reste toute ma vie et que je meure étroitement uni à vous. Mon Jésus, mon Jésus, je le répète : faites que toujours je vive et qu'enfin je meure étroitement uni à vous.
0 Marie, enchaînez-moi à Jésus par les chaînes du pur amour.