‹ Le divin Sauveur (volume 2)Chapitre 36 sur 65 · LES MÉRITES DE JESUS-CHRIST NOUS SONT UN GAGE DE FÉLICITÉ ÉTERNELLE · texte numérisé non relu

LES MÉRITES DE JESUS-CHRIST NOUS SONT UN GAGE DE FÉLICITÉ ÉTERNELLE

Saint Paul, écrivant aux Hébreux, leur disait : Jésus-Christ est le médiateur du Nouveau Testament, en sorte que, par sa mort, ceux qui sont appelés reçoivent l'héritage éternel qui leur a été promis (1). Ici, Fapôtre parle du Testament considéré, non plus comme pacte, mais bien comme expression de dernière volonté, par laquelle Notre-Seigneur nous a institués héritiers du royaume des cieux. Or un testament n'étant valide qu'après la mort du testateur, continue l'Apôtre, il était nécessaire que Jésus-Christ mourût, pour que nous eussions le droit, en notre qualité d'héritiers, d'entrer en possession du ciel (2).

En vertu des mérites de Jésus-Christ, notre médiateur, nous avons par le baptême reçu la grâce de devenir les enfants de Dieu, à la différence des Hébreux de l'Ancien Testament, lesquels étaient à la vérité le peuple de Dieu, mais un peuple de serviteurs. Ce sont4à, dit saint Paul, deux Testaments, dont le premier^ scellé sur le mont Sinai^ engendre pour la servitude (3). Mais nous, mes frè-

(1) Ileb., 9, 15.

(2) Ibid.

(3; Hœc cnim sunt duo Testamenta : unum qiiidem in monte sina, in servitiiteni generans. [Gai., 4, 24.)

re.s, nous sommes les enfants de la promesse, figurés parisaac (1). Si donc nous, chrétiens, nous sommes les enfants de Dieu, il s'ensuit que nous sommes aussi ses héritiers : Si autem filii, et hœredes (2), puisque les enfants doivent participer à l'héritage paternel; or, l'héritage auquel nous avons droit, c'est la gloire éternelle du paradis, que Jésus-Christ nous a méritée par sa mort.

Saint Paul ajoute tout aussitôt : Si tamen compatimur, ul et conglorificemur. « Avec lui nous serons glorifiés, mais pourvu que nous souflrions avec lui. » En vertu du titre d'enfants de Dieu, que notre Sauveur nous a conquis par son sang, nous avons droit au ciel; mais à une condition, c'est que nous correspondrons fidèlement à la grâce, par la pratique des bonnes œuvres et en premier lieu par la patience. C'est pourquoi l'Apôtre dit que, pour obtenir la gloire éternelle à la suite de Jésus- Christ, nous devons souffrir sur la terre à l'exemple de Jésus-Christ. Comme un vaillant capitaine, il nous précède en portant sa croix, mais il exige que nous le suivions en portant aussi courageusement la nôtre : Si f/uis cuit post me vetiire, abneget semetipsum, et tollat crucem .swam, et sequalur me (3). « Si quelqu'un veut venir après moi au ciel> qu'il se renonce, qu'il porte sa croix, et qu'il me suive. »

1) Nos autem, fnitres, secunduni Isaac. promisslonis fill suinus. {(ial., 4, 28.) (2) /inm., 8, n.

{^) M(KUi., lu, 24.

AFFECTIONS ET PRIERES

Mon Jésus, quand je considère mes péchés, j'ai honte de vous demander votre paradis, après y avoir tant de fois renoncé en votre présence, pour lui préférer des plaisirs indignes et éphémères; mais quand je vous vois attaché à la croix, je ne puis nVempêcher d'espérer le ciel, sachant bien que vous avez voulu mourir sur ce gibet, pour expier mes péchés et m'obtenir le bonheur céleste dont par le passé j'ai malheureusement fait si peu de cas. Mon doux Rédempteur, les mérites de votre mort m'inspirent confiance, et je crois que déjà vous m'avez pardonné toutes mes offenses ; de mon côté je m'en suis déjà repenti, et maintenant encore je voudrais en mourir de douleur.

Mais, ô déchirante pensée ! quoique vous m'ayez pardonné, il sera toujours vrai que j'ai eu l'ingratitude de vous causer ces graves déplaisirs, à vous qui m'avez tant aimé. Hélas ! ce qui est fait est fait. Au moins. Seigneur, pour le temps qu'il me reste à vivre, je veux vous aimer de toutes mes forces, je veux vivre pour vous seul ; je veux être tout à vous, tout entier et toujours. Vous-même, ô mon Dieu, et vous seul pouvez réaliser ce désir. Détachez-moi donc de tous les objets terrestres, éclairez-moi, donnez-moi la force de no plus chercher que vous, mon unique bien, mon unique amour et mon tout.

Et vous, ô Marie, espérance des pauvres pécheurs, vous devez m'aider par vos prières : priez donc, priez pour moi et ne cessez de prier que vous ne me voyiez tout à Dieu.

IL FAUT MOURIR A NOUS-MEMES AVEC JESUS- CHRIST, SI NOUS VOULONS REGNER ÉTERNEL- LEMENT AVEC LUI.

« Jésus-Christ est toute ma vie, » disait saint Paul. Mihi vivere Christus est (1). Jésus est ma vie, car il est l'unique objet de mes pensées, mon unique fin, mon unique espérance, l'unique objet de mes désirs, parce qu'il est tout mon amour. — L'Apôtre disait encore : La promesse est certaine : si nous mourons avec Jésus-Christ, nous vivrons éternellement avec lui; si nous supportons patiemment avec Jésus-Christ toutes les peines de cette vie, nous régnerons avec Jésus-Christ (2).

Quand les rois de la terre ont remporté une victoire, ils partagent le butin avec leurs vaillants compagnons d'armes. De môme au jour du jugement, notre souverain Seigneur, le Roi du ciel, fera part des biens célestes à tous ceux qui auront travaillé et souffert pour sa gloire. Si commorlui sumusj et convivemus. « Si nous mourons avec lui, nous vivrons avec lui. » Qu'est-ce que mourir avec Jésus-Christ? c'est renoncer à nous-mêmes, c'està-dire nous refuser les satisfactions que nous ne pouvons nous accorder sans renoncer à Jésus- (.hrist. Au grand jour des comptes, le Sauveur reniera à bon droit, comme nous en avertit l'Apùtre, c'est-à-dir(î il refusera de reconnaître pour ses

(1) Pfiil., 1, 21.

(2) Fidelis sermo; nam, si commortui sumus, et couvivemus; si sustinebimus, et conr»gnabimus. (//. Tim„ 2, il.)

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amis et ses frères, ceux qui l'auront renié par leurs œuvres.

Or il est certain que nous renions Jésus-Christ non seulement en abjurant la foi, mais encore en lui refusant l'obéissance : quand il nous ordonne, par exemple, de pardonner au prochain pour son amour une injure que nous en avons reçue, de fouler aux pieds un vain point d'honneur, de rompre une liaison qui nous met en danger de l'offenser par le péché. Nous renions Jésus-Christ, si nous ne savons pas lui obéir et dominer la crainte de paraître ingrats envers les hommes ; car notre reconnaissance, nous la devons premièrement à Jésus-Christ, qui a donné son sang et sa vie pour nous, ce que n'a fait aucune créature. — Soyons donc généreux pour faire à Jésus-Christ les sacrifices qu'il demande de nous, persuadés que lui-même sera bien assez généreux pour nous communiquer son bonheur et sa gloire dans le ciel.

AFFECTIONS ET PRIÈRES

0 paradis, ô patrie des âmes aimantes, royaume de l'amour, port assuré où l'on aime Dieu éternellement et où l'on n'a plus à craindre de le perdre, quand sera-ce que dégagé de ce malheureux corps et délivré de tant d'ennemis qui cherchent continuellement à me dépouiller de la divine grâce, je franchirai enfin tes parvis sacrés?^ Ah ! mon Jésus crucifié, faites-moi connaître les magnifiques récompenses que vous avez préparées aux âmes qui vous aiment. Donnez-moi un si vif désir du ciel que, perdant le souvenir des choses^ terrestres, j'y fasse par la pensée et les affec-

lions ma demeure continuelle, que je n'aspire plus désormais qu'à quitter cet exil, pour aller vous voir face à face et vous aimer parfaitement dans votre royaume.

J'en suis indigne; je sais même que mon nom fut autrefois inscrit au livre des damnés. Mais aujourd'hui que j'ai la confiance de me trouver en état de grâce, ah! je vous en conjure, par votre sang versé pour moi sur la croix, inscrivez-moi au livre de vie. Vous êtes mort pour m'ouvrir le ciel; je le veux, j'y aspire, j'espère par vos mérites y entrer pour vous aimer de toutes mes forces et brûler d'amour pour vous. Là, m'oubliant moimême, oubliant tout ce qui n'est pas vous, je ne penserai qu'à vous aimer, je ne désirerai que de vous aimer, je ne ferai que vous aimer. 0 mon Jésus, quand donc viendra cet heureux jour?

0 Marie, Mère de Dieu, ce sont vos prières qui doivent m'ouvrir le ciel ; vous êtes mon avocate : remplissez donc votre office; tirez-moi de cet exil et oonduisez-moi à Jésus, conduisez-moi au ciel.

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