‹ Le divin Sauveur (volume 2)Chapitre 42 sur 65 · LA CROIX SOURCE DE SALUT DE PAIX ET DE BONHEUR · texte numérisé non relu

LA CROIX SOURCE DE SALUT DE PAIX ET DE BONHEUR

Le salut du monde a été attaché au bois de la croix. La sainte Église le repète dans ses chants du Vendredi-Saint : Ecce lignum crucis, in quo salus mundi pependit. Oui, la croix est la source de notre salut; nous y puisons la force de résister aux tentations et de nous détacher des plaisirs terrestres; la croix est la source du véritable amour de Dieu. Il faut donc nous résoudre à porter patiemment la croix que Jésus-Christ nous envoie et à mourir sur cette croix pour l'amour de notre aimable Sauveui*, comme il est mort sur la sienne pour l'amour de nous. Il n'y a pas d'autre voie pour arriver au ciel, que celle de la résignation dans les peines et dans les épreuves de cette vie jusqu'à la mort.

C'est aussi le moyen de trouver la paix et le bonheur sur la terre, même au milieu des souffrances. Je le demande : lorsque la croix se présente à nous, le moyen de ne pas se troubler, si ce n'est de se conformer à la volonté de Dieu? Si nous n'employons ce moyen, allons où nous voulons, faisons tout ce que^ nous pouvons, nous ne pourrons jamais nous soustraire au fardeau de la croix. Si au contraire nous portons la croix de bon cœur, elle nous portera au ciel après nous avoir procuré une douce paix sur la terre.

Celui qui refuse la croix, que fait-il? Il ne fait que la rendre plus pesante. Mais si on l'embrasse

courageusement et qu'on la porte avec patience, elle devient plus légère, et son poids même est un sujet de consolation : car le Seigneur est prodigue de grâces envers tous ceux qui portent volontiers leur croix pour lui plaire. Naturellement la souffrance répugne, mais lorsque l'amour divin règne dans un cœur, il la lui rend agréable.

Pour nous encourager à porter notre croix, considérons d'une part le bonheur dont nous jouirons dans le ciel, si nous sommes fidèles à supporter pour Dieu et sans murmure toutes les peines de cette vie. D'autre part, si nous sommes pécheurs, consentons bien volontiers à ce que Dieu nous châtie en cette vie ; car c'est un signe certain qu'il vont nous délivrer des châtiments éternels de l'enfer. Malheur au pécheur qui prospère en ce monde ! Avez-vous beaucoup à souffrir? jetez un regard sur l'enfer que vous avez mérité, et toutes les peines de cette vie vous paraîtront légères..

AFFECTIONS ET PRIÈRES

Quelle consolation j'éprouve, ô mon Jésus, lorsque vous me faites entendre cette douce parole : Convertimini ad me et ego converiar ad vos. (1) « Revenez à moi, et je me retournerai vers vous. >> Je vous ai quitté, ô mon bon Maître, pour courir après les créatures et pour suivre mes mauvais penchants; mais aujourd'hui je renonce à tout et je reviens à vous. Je ne crains pas d'<Hre repoussé si je veux vous aimer, puisque vous m'assurez que vous me tendrez les bras de votre miséricorde. Recevez-moi donc dans votre grâce, ô mon Sauveur. Faites-moi connaître le grand bien que vous

êtes et ramour que vous avez toujours eu pour moi, afin que je ne vous abandonne plus.

Ah! si je pouvais recommencer ma vie, je ne voudrais l'employer qu'à vous aimer. Mais les années passées ne reviennent plus. Je vous rends grâces de m'avoir supporté jusqu'à ce jour et de ne m'avoir pas précipité dans l'enfer comme je le méritais. Puisque vous m'avez ainsi attendu, je vous consacre ce qu'il me reste de vie; je veux que toutes mes pensées, tous mes désirs et toutes mes affections n'aient pour but que de vous plaire et d'accomplir votre sainte volonté.

Mon Jésus, pardonnez-moi! Mon Bien-Aimé, pardonnez-moi! Mon Amour, pardonnez-moi tous les déplaisirs que je vous ai causés. Donnez-moi votre amour, et puis, faites de moi ce qu'il vous plaît. Châtiez-moi autant que vous le voudrez; privez-moi de tout, mais ne me privez pas de vousmême. Que le monde vienne m'ofTrir tous ses faux biens, j'y renonce de grand cœur; je proteste que je ne veux que vous et rien de plus.

0 Marie, recommandez-moi à votre divin Fils : il vous accorde tout ce que vous lui demandez; en vous, après Jésus, je mets toute ma confiance.

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