JÉSUS DEMEURE DANS LE TABERNACLE POÎ'R ÊTRE ACCESSIBLE A TOUS
Les rois de la terre, remarque sainte Thérèse, ne permettent pas à tous leurs sujets de les aborder quand il leur plaît. Et même, tout ce que peuvent espérer les pauvres, c'est de leur faire parler par une tierce personne. Mais pour vous parler, ô Roi du ciel, il ne faut pas d'intermédiaire : quiconque le désire vous trouve toujours dans le Saint-Sacrement, et peut s'entretenir avec vous quand il lui plaît et en toute liberté. La même sainte disait encore que si, dans l'Eucharistie, Jésus a voilé sa Majesté sous les apparences du pain, c'est pour j;agner toute notre confiance, et afin que nous n'ayons plus aucune crainte d'approcher de lui.
Jésus sur les autels nous attend, et il semble nous redire sans cesse ces douces paroles : « Venez à moi, vous tous qui êtes dans la peine, accablés sous le fardeau; venez, je vous soulagerai. » Venile ad me, omnes qui laboratis et onerati estisy et ego reficiam vos (1), Venez, pauvres; venez, malades; venez à moi, vous tous qui êtes affligés; justes et pécheurs, venez; vous trouverez en moi le remède à tous vos maux et à toutes vos peines.
Notre Sauveur, dans son Eucharistie, n'a pas de plus grand désir que de consoler tous ceux qui
(I) Mallh., M, 2S.
recourent à lui. Il demeure jour el nuit sur les autels pour être accessible à tous les fidèles, pour accorder à tous ses grâces les plus abondantes. Aussi les saints goûtaient-ils ici-bas tant de bonheur aux pieds de Jésus dans son sacrement, que les jours et les nuits consacrés à ces pieuses visites leur paraissaient de courts instants. La comtesse de Féria, devenue religieuse Clarisse, n'avait pour ainsi dire plus d'autre occupation que de se tenir en adoration auprès du Saint-Sacrement. Comme on lui demandait ce qu'elle pouvait faire durant les longues heures de ses visites à Jésus Eucharistie : Quoi! répondit-elle avec étonnement, ce qu'on peut faire devant le Saint-Sacrement? ce qu'on y fait? on remercie, on aime, on demande. Saint Philippe de Néri, à la vue du Saint-Sacrement, n'était pas moins embrasé : « Voici mon amour, s'écriait-t-il, voici tout mon amour! » Ah! si Jésus-Christ était tout notre amour ! les jours et les nuits passés en sa présence nous paraîtraient, à nous aussi, de courts instants.
AFFECTIONS ET PRIÈRES
J'espère, ô mon Jésus, que désormais et chaque fois que je viendrai vous visiter dans le saint Tabernacle, je pourrai dire aussi : Voici mon amour! voici tout mon amour! Oui, mon bien-aimé Rédempteur, tel est mon désir : je ne veux plus aimer que vous; je ne désire plus rien hors de vous, qui êtes l'unique amour de mon âme. Je me sens mourir de douleur, quand je pense que par le passé j'ai aimé les créatures et mes propres satisfactions plus que vous, el qu'ainsi j'ai eu le malheur de vous mépriser, o vous, le Bien infini.
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Mais, ô mon Sauveur, vous ne voulez pas me voir périr; c'est pourquoi vous m'avez supporté avec tant de patience. Au lieu de me punir comme je le méritais, vous m'avez heureusement blessé de tant de traits d'amour, qu'enfin vous êtes devenu le Maître de mon cœur, et je ne puis vous résister davantage; oui, je me rends, je me donne. Vous voulez. Seigneur, que je sois tout à vous; puis donc que tel est votre désir, faites vousmême qu'il en soit ainsi : vous le pouvez. Délivrez-moi de toute attache aux créatures et à moi-môme; faites que je ne pense qu'à vous, que je ne parle que de vous, que je ne cherche que vous; faites que mon unique désir, ma seule ambition, soit de brûler d'amour pour vous, de vivre et de mourir pour vous. Venez, ô amour de mon Jésus; venez, emparez-vous de tout mon cœur et bannissez-en toute affection qui ne serait I)as pour Dieu. — Je vous aime, mon Jésus, divine Hostie, ma vie, mon trésor, mon amour, mon tout; je vous aime.
0 Marie, mon espérance, priez pour moi et faites que je sois tout à Jésus.
3' Méditation
l.K DON QUE JÉSUS NOUS A FAIT DE LUI-MÉl^Œ DANS LE SAINT-SACREMEMT SURPASSE TOUS LES DONS.
Jésus-Christ n'a point satisfait son amour envers les hommes en sacrifiant sa vie divine dans un océan d'ignominies et de douleurs. Pour nous montrer tout l'amour (pi'il nous portait^ pour
nous contraindre en quelque sorte de l'aimer, il a voulu, la veille de sa mort, instituer la sainte Eucharistie, afin de pouvoir nous donner en nourriture son corps, son sang et toute sa personne divine.
Dieu est tout-puissant, et cependant il lui est impossible de nous faire un don plus grand, plus précieux que ce sacrement. En se donnant à nous dans la sainte communion, dit le concile de Trente (1), « notre Sauveur a pour ainsi dire épuisé en faveur des hommes le trésor de son amour » et toutes ses richesses infinies. Combien ne se trouverait-il pas honoré, dit saint François de Sales, le sujet auquel son roi daignerait envoyer un mets de sa table I Que serait-ce, si ce bon prince lui envoyait un de ses bras, une de ses mains, en signe d'amitié! Or, dans la sainte communion, le Fils de Dieu nous donne pour aliment, non pas uii mets de sa table, ni seulement une partie de sa substance, mais son propre corps, lui-même tout entier. Accipite, et comediie; hoc est corpus meum (2). « Prenez et mangez, nous dit-il, ceci est mon corps ; » et avec son corps il nous donne son âme et sa divinité. En se donnant lui-même à nous dans son Sacrement, dit saint Jean Chrysostome, Notre-Seigneur nous donne tout ce qu'il a et tout ce qu'il est, sans se rien réserver. Totum libi dédit ; nihil sibi reliquit. — 0 prodige de l'amour divin ! Voilà donc que le Créateur et souverain Maître de l'univers se donne tout entier à nous, ses pauvres créatures !
(1) Divitias divini sui erga homines amoris velut effudit {Sess., 13, Cap. 2.)
(2) Matlh., 2, 26.
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AFFECTIONS ET PRIERES
0 Mon bien-aimé Jésus! que pourriez-vous imaginer de plus pour nous obliger à vous aimer? Ah ! faites-nous connaître par quel excès d'amour vous vous ôtes réduit à l'état de nourriture, pour vous unir intimement à nous, pauvres pécheurs. Mon aimable Rédempteur, vous n'avez rien épargné, jusqu'à vous donner si souvent à moi dans la sainte communion; et moi, qu'ai-je fait? Ingrat (jue je suis, j'ai eu tant de fois le malheur de vous chasser de mon âme! mais vous ne savez pas mépriser un cœur contrit et humilié. 0 Dieu d'amour! vous vous êtes fait homme pour moi, vous êtes mort pour moi, vous en êtes venu jusqu'à vous faire ma nourriture : que pourriez-vous faire de plus pour gagner mon amour?
Ah! puissé-je mourir de douleur, chaque fois que je me souviens d'avoir si indigement méprisé votre grâce ! 0 Amour de mon âme ! je me repens de tout mon cœur de vous avoir offensé; maintenant je vous aime; oui, je vous aime. Bonté infinie; je vous aime, Amour infini. Tout mon désir est de vous aimer, et ma seule crainte est de vivre sans vous aimer. Mon bien-aimé Jésus, ne refusez pas de rentrer dans mon âme. Venez, Seigneur : je suis résolu de mourir mille fois plutôt que de vous chasser encore une seule fois. Venez, car je suis bien décidé à ne vous rien refuser, à faire en tout votre bon plaisir. Venez et embrasoz-moi tout entier de votre saint amour. Tailes que j'oublie toutes choses pour ne plus l)enser qu'à vous, ne chercher que vous, mon souverain et mon unique bieni
0 Marie, ma tendre Mère, priez pour moi, et par vos prières faites que désormais je sois reconnaissant envers mon Jésus, qui m'a tant aimé.
4" Méditation
QUEL GRAND AMOUR JESUS NOUS A TEMOIGNE EN INSTITUANT LE SAINT-SACREMENT.
Sachant que son heure était venue, de passer de ce monde à son Père, Jésus, qui avait aimé les siens... les aima jusqu'à la fm. » Ciim dilex'issnt suos..y in finem dilexit eos (1). Notre très aimant Rédempteur, voyant donc arriver l'heure de sa mort, voulut avant de mourir nous laisser la plus grande preuve qu'il pût nous donner de son amour, ce fut le don de lui-même dans le Saint- Sacrement. Cette expression : il les aima jusqu'à la fin, signifie, dit saint Jean Chrysostome, il les aima du plus grand amour possible, d'un amour extrême. « Extremo amore dilexit eos, » En se donnant ainsi tout entier aux hommes, il voulut leur faire comprendre que lui-même tout Dieu qu'il était, il ne pouvait les aimer davantage.
Quel temps Jésus-Christ a-t-il choisi, pour instituer cet auguste Sacrement, dans lequel il se donne lui-même à nous? Ce fut, dit l' Apôtre, la nuit même qui précéda sa mort. In qua nocte Iradehalur. « En cette nuit où les hommes tramaient sa mort. » Accepit panem, et gratias agens f régit et dixit. « Jésus prit du pain, et rendant grâces il le rompit, et le présentant à ses Apôtres
il leur (lit » : Accipilt', cl inanducala ; hoc est l'uim corpus meum (1). « Prenez et mangez : ceci est mon corps. » C'est donc dans le moment même oii les hommes se disposaient à le faire mourir, qu'il a voulu leur donner cette suprême et dernière preuve de son amour. Les marques d'affection que les amis se donnent au moment de la mort se gravent plus profondément dans les cœurs; c'est pourquoi Jésus a voulu attendre l'approche de sa mort, pour nous faire le don infiniment précieux du très saint Sacrement de Vautel.
Saint Thomas avait donc bien raison d'appeler r eucharistie « Sacrement d'amour et gage de la suprême charité, » Sacramentwn chariiatis, summœ charilatis pignus, et saint Bernard : « Amour des amours », amor amorum; puisque, dans ce sacrement, Jésus-Christ réunit et complète tous les prodiges de son amour envers les hommes. Sainte Madeleine de Pazzi avait aussi raison d'appeler w le jour de l'Amour » celui où Jésus institua ro divin Sacrement.
AFFECTIONS ET PRIÈRES
0 Jésus I vous aimez d'un amour infini et vous méritez d'être infiniment aimé : comment se fait-il donc qu'à votre amour si ardent les hommes répondent par tant de froideur? Que pourriez- vous imaginer de plus pour obtenir leur amour? Mon bon Maître, vous rtes si aimable et vous aimez tant les hommes! faites-vous donc connaître,
(1) / Cor,, 11, 23.
faites-vous aimer. Et moi-même, ù mon Dieu, quand vous aimerai-je comme vous m'avez aimé? Ah ! je vous en prie, faites-moi connaitre, par des lumières de plus en plus vives, votre immense, votre infinie bonté, afin que je brûle pour vous d'un amour toujours grandissant, et que je m'applique de plus en plus à vous aimer et à vous plaire.
0 Bien-aimé de mon âme, que ne vous ai-je toujours aimé! Hélas! il fut un temps où non seulement je ne vous aimais pas, mais j'osais encore mépriser votre grâce et votre amour ! Ce qui me console en ce moment, c'est la douleur que je ressens de mes péchés; elle me console et m'encourage, car vous avez promis de pardonner à quiconque se repent. A vous désormais, ô mon Sauveur, à vous toutes mes affections. Par les mérites de votre passion aidez-moi, je vous prie, à vous aimer de toutes mes forces. Que ne puis-je mourir pour vous, comme vous êtes mort pour moi!
0 Marie, Mère de mon Dieu, obtenez-moi la grâce de ne plus aimer que Dieu.
50 Méditation
LA SAINTE COMMUNION PRODUIT ENTRE JESUS ET l'aME la plus INTIME UNION.
Saint Denis l'Aréopagite dit que l'amour a pour effet principal l'union des cœurs. Voilà pourquoi Jésus-Christ institua la sainte Communion : il veut s'unir à nos âmes de la manière la plus intime. Il s'était déjà montré à nous comme notre Maître,
notre Modèle et notre Victime. Pour parfaire son union avec nous, dit saint Bernardin de Sienne, il ne lui restait plus qu'à se donner comme aliment; car la nourriture devient une même chose avec celui qui la prend. Et c'est ce qu'il fit en instituant ce sacrement d'amour.
Non content de s'être uni à la nature humaine, le Fils unique de Dieu, Jésus-Christ, sut encore trouver le moyen de s'unir par la sainte communion à chacun de nous, afin de n'être pas seulement tout à tous, mais tout à chacun de ceux qui le reçoivent. C'est ce qui fait dire à saint François de Sales : « Non, le Sauveur ne peut être considéré en aucune action ni plus amoureuse ni plus tendre que celle-ci, en laquelle il s'anéantit, par manière de dire, et se réduit en viande, afin de pénétrer nos âmes et de s'unir intimement au cœur et au corps de ses fidèles (1). » Comme Jésus nous aimait tendrement, il voulait s'unir parfaitement à nous dans l'Eucharistie, afin, dit saint Jean Chrysostome, que nous devinssions une môme chose avec lui (2). Et saint Laurent Justinien s'adressant au Sauveur, lui dit : « Vous avez donc voulu, ô Dieu d'amour, que de votre cœur et du nôtre il se fit un seul cœur (3).»
Jésus-Christ lui-même l'a formellement déclaré : Qui manducat meam carnem... in me mancl et ego in illo (4). « Celui qui mange ma chair demeure en moi, et moi en lui. » Celui qui comnui-
(1) Inlrod., p. 2, cli. 21.
(2) Seipsum nobis inimiscuit, ut iinum quid simiis. {AU 1)0/). an t. hom. Gl.)
(3) Voluisli ut toruni unum cor hnberemus. [De Inc. div.
am. c. li.)
(4) Jo.. 6.
Il i:^
nie est donc en Jésas, et Jùsas est en lui. Cette union n'est point de pure affection, mais réelle et véritable. De même que deux morceaux de cire fondus ensemble s'unissent de manière à ne plus former qu'un seul tout, ainsi, dit saint Cyrille d'Alexandrie, le chrétien qui communie devient une même chose avec Jésus-Christ (1). Lorsque nous avons le bonheur de communier, nous pouvons entendre notre bon Sauveur nous dire ces paroles qu'il adressa un jour à sa fidèle servante, Marguerite d'Ypres : « Vois, ma fille, la belle union qui existe entre toi et moi : aime-moi donc; restons toujours unis par l'amour, et ne nous séparons jamais. »
AFFECTIONS ET PRIÈRES
Mon Jésus, je vous le demande et je ne veux pas cesser de vous le demander : réalisez avec votre pauvre serviteur le désir que vous exprimiez à votre fidèle servante; restons toujours unis, et ne nous séparons jamais. — Je sais bien que vous ne vous séparerez pas de moi, si je ne suis le premier à me séparer de vous; mais connaissant mon triste passé, je crains qu'à l'avenir je n'en vienne encore à me séparer de vous par le péché. De grâce, ô mon bien-aimé Rédempteur, ne le permettez pas. Ne permittas me separari a te. Tant que je vis ici-bas, je suis exposé à cet extrême malheur. 0 mon bon Maître, je vous en conjure par les mérites de votre mort, faites-moi mourir plutôt que de permettre un si grand mal, une telle ingratitude. Je le répète donc, et je vous demande
(1) //*. Jo.,\. 4, c. n.
la grâce de le répéter sans cesse : Ne permitlas me sepamri a te. Ne permettez pas que je me sépare jamais de vous. — 0 Dieu de mon âme, je vous aime, je vous aime ; je veux vous aimer toujours et je ne veux aimer que vous. Je proteste, à la face du ciel et de la terre, que je ne veux que vous et rien de plus. Mon Jésus, je le redis du fond de mon cœur : je ne veux que vous et rien de plus.
0 Marie, Mère de miséricorde, priez pour moi ; obtenez-moi cette grâce de ne plus jamais me séparer de Jésus, de ne plus jamais aimer que Jésus.
6* Méditation
GRAND DÉSIR QU'a JKSUS DE s'UNIR A NOUS PAR LA SAINTE COMMUNION.
Sciens Jésus quia venit hora ejus (1). « Jésus, sachant que son heure était venue... » C'est ainsi que le Sauveur désignait la nuit où devait commencer sa douloureuse Passion : il l'appelait son heure. Mais comment pouvait-il appeler son heure un temps si digne d'appréhension, puisque c'était le temps des extrêmes souffrances? Il l'appelait ainsi, parce que c'était le moment choisi par son amour pour instituer la divine Eucharistie, destinée à consommer son union avec les âmes, qu'fl aimait si tendrement et pour lesquelles il allait bientôt donner son sang et sa vie. « J'ai désiré vivement de manger cette pâque avec vous, » dit-il alors â ses disciples réunis dans le cénacle. Desiderio desideravi hoc puscha munducare voàiscum (2). 11
(1) Jo., 13, 1.
(-» /Jir., 22, 15.
voulait ainsi nous faire connaître l'ardent, l'impérieux désir qu'il éprouvait de s'unir à nous par ce sacrement d'amour. — J'ai désiré d'un grand désir. Cette expression, dit saint Laurent Justinien, montre bien l'immense amour dont brûlait le cœur de Jésus (1).
Le feu divin qui consumait alors le cœur de notre très aimant Sauveur n'est pas moins ardent aujourd'hui à l'égard de chacun de nous ; et l'invitation qu'il faisait à ses disciples de le recevoir, il nous l'adresse à tous : Accipite et comedite; hoc est corpus meum (2). « Prenez et mangez, ceci est mon corps. » Pour nous exciter encore davantage à communier souvent et avec ferveur, il joint à son invitation la promesse du ciel : Qui manducat meam carnem.,., habet vitam œternam (3). « Celui qui mange ma chair à la vie éternelle. » Au contraire, il menace de mort éternelle ceux qui refuseraient de le recevoir : Si vous ne mangez la chair du Fils de l'homme, vous n'aurez point la vie en vous (4).
Ces invitations, ces promesses, ces menaces, toutes sont dictées à Jésus-Christ par son désir immense de s'unir à nous dans la sainte communion; et elles procèdent du grand amour qu'il nous porte. « Les abeilles, dit-il un jour à sainte Mechtilde, ne se jettent pas sur les fleurs pour en sucer le miel avec autant d'ardeur que j'en mets à
(1) Flagrantissimae charitatis est vox hîec. [De Tr. Chr. A g. c. 2.)
(2) Malth., 26, 26.
3 Je, 6. 55.
(4) rSisi inanducaveritis carnem Jilii hominis.... non IvAhchitls vilam in vobis. [/bid., 51.)
— ±id —
m' élancer vers ton âme lorsqu'elle me désire (1). » Mais si Jésus nous aime d'un si grand amour, il veut aussi que nous Taimions; s'il soupire après nous, il veut que nous soupirions après lui. Dans l'ardeur qui le consume, il a soif de nous, dit saint Grégoire de Nazianze, et il veut que nous ayons soif de lui. « Sitit sit'wi Deus. » Heureuse donc l'âme qui s'approche de la sainte Table avec un grand désir de s'unir à Jésus-Christ!
0 mon adorable Jésus, quelle plus grande preuve pouviez-vous nous donner, pour nous faire comprendre que vous nous aimez d'un immense amour? Pour nous, vous avez sacrifié votre vie divine; pour nous, vous avez institué ce divin Sacrement afin de pouvoir nous nourrir de votre chair sacrée, et vous désirez si ardemment de vous unir à nous par la sainte communion! Comment donc, connaissant tous ces gages de votre tendresse, pouvons-nous vivre sans être aussi consumés d'amour pour vous? — Sortez de mon cœur, affections terrestres ; car c'est vous qui m'empêchez de brûler d'amour pour Jésus, comme il brûle d'amour pour moi!
0 mon Rédempteur, je le répète, après que vous m'avez donné de si éclatantes preuves de votre amour, que puis-je encore attendre? Pour moi, vous avez sacrifié votre vie ; pour moi, vous avez ombrasse une mort pleine de douleurs et d'opprobres; pour mon Minour, vous en éles venu jusqu'à
(1) Sinr. (;r((i.,\. 2, c. :{.
vous anéantir en vous réduisant à Tétat de nourriture afin de vous donner tout à moi !
Oh ! mon Dieu, ne permettez pas que je vive plus longtemps dans mon ingratitude envers votro infinie bonté. Je vous remercie du temps que vous me donnez pour pleurer les déplaisirs que je vous ai causés et pour vous aimer. Je me repens, ô souverain Bien, d'avoir par le passé si indignement méprisé votre amour. Je vous aime, Bonté infinie ; je vous aime, Trésor infini; je vous aime, Amour infini, digne d'un amour infini; je vous aime. Aidez-moi, mon Jésus, à bannir de mon cœur toute affection qui ne serait pas pour vous, afin que désormais je ne désire, ne cherche et n'aime plus que vous. Mon Dieu, qui donc aimerai-je si je ne vous aime pas, vous en qui sont tous les biens? Seigneur, je ne veux que vous et rien de plus.
0 Marie, ma Mère, prenez mon cœur et remplissez-le de pur amour pour Jésus.
7" Méditation