‹ Le divin SauveurChapitre 17 sur 103 · JÉSUS HOMME DE DOULEURS DES LE SEIN DE SA MÈRE · texte numérisé non relu

JÉSUS HOMME DE DOULEURS DES LE SEIN DE SA MÈRE

Virum dolorum et scientem infirmitatem (1).

« C'est un homme de douleurs, et il connaît la souffrance. »

Le prophète Isaïe appelle Jésus-Christ Vhomme des douleurs, parce que son corps fut créé tout exprès pour souffrir. Il commença dès sa naissance à Bouffrir des douleurs que ne souflrira jamais ;ui< nu homme, ni môme tous les hommes ensemble. Adam, notre premier père, avait quelque temps joui des délices du paradis terrestre; mais

le second Adam, Jésus-Christ, n'eut pas ici-bas un seul instant qui ne fût rempli de souffrances corporelles et de peines intérieures; même avant de naître, il fut affligé par la vue claire et distincte de tous les tourments et de toutes les ignominies qui l'attendaient durant tout le cours de sa vie, surtout à la fin, où il devait mourir plongé dans un abîme de douleurs et d'opprobres, selon cette prédiction de David : « Je suis descendu au fond de la mer, et la tempête m'a submergé. » Veni in altiludinem maris, et tempestas demersit me (1).

Dès le sein de sa Mère, par obéissance à son Père, notre Sauveur accepta les souffrances de sa Passion et de sa mort : a II fut obéissant jusqu'à la mort, » dit saint Paul. Factus obediens usque ad mortem (2). Ainsi, dès le sein de Marie, il vit les fouets de la flagellation et il présenta tout son corps pour être déchiré; il distingua les épines du couronnement et il présenta sa tête sacrée; il prévit qu'il serait souffleté, et il présenta ses joues; il offrit ses mains et ses pieds aux bourreaux qui devaient le clouer; enfin, il connut dès lors que le supplice de la croix lui était réservé, et il offrit sa vie. C'est ainsi que du premier moment de son existence dans le sein de sa Mère jusqu'à sa mort, notre Rédempteur subit un continuel martyre, et il l'offrit à chaque instant pour rious à son Père éternel.

Mais ce qui l'affligea le plus, ce fut la vue des péchés que commettraient les hommes, même après avoir été rachetés au prix de tant de souffrances. Il distingua chaque péché avec sa malice

(i) /, PhiL, 2, 8.

entière ot il venait on ce monde pour en expier l'universalité. Voyant donc le grand nombre de ceux qui se commettraient encore, le cœur de Jésus en ressentit une douleur supérieure à toutes les douleurs qui ont affligé et qui affligeront jamais tous les hommes de tous les siècles.

AFFECTIONS ET PRIERES

Mon aimable Rédempteur, quand commencerai-] e enfin à me montrer reconnaissant envers votre bonté infinie? quand commencerai-je à vous remercier comme je le dois, de l'amour que vous m'avez témoigné, et des souffrances que vous avez endurées pour moi? Par le passé, au lieu d'amour et de reconnaissance, je n'ai vraiment eu qu'ingratitude et mépris. Serai-je donc toujours ingrat envers vous, mon Dieu, qui n'avez rien épargné pour gagner mon cœur? Non, mon Jésus. Je veux vous être reconnaissant le reste de ma vie; mais vous devez m'aider. Je vous ai beaucoup offensé, mais vos souffrances et votre mort sont mon espérance. Vous avez promis de pardonner à quiconque se repent; je me repens de tout mon cœur de vous avoir méprisé. Souvenez-vous de votre promesse, 6 mon Amour, et pardonnez-moi.

En vous considérant dans la crèche, ô saint Enfant, il me semble vous voir déjà cloué à cette croix présente à votre divin regard, à cette croix que pour moi vous acceptez d'avance. Je vous dis donc dès maintenant : O divin Enfant crucifié pour moi, je vous rends grâces et je vous aime. Là, sur cette paille, soufflant déjà pour moi, et vous préparant à mourir pour mon amour, vous m'invitez

à vous aimer, vous me l'ordonnez : Diliges Dominum Deum tuum (1). « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu. » Et moi, je ne désire pas eutre chose que de vous aimer. Si donc vous voulez "être aimé de moi, donnez-moi tout l'amour que vous me demandez. Vous êtes venu du ciel chercher les brebis perdues; vous me cherchez donc, et moi, je ne cherche que vous; vous voulez mon âme et mon âme ne veut que vous. Vous avez dit que vous aimez ceux qui vous aiment : Ego diligentes me diligo (2). 0 mon bon Maître, je vous aime; aimezmoi aussi; et si vous m'aimez, attachez-moi à vous ; attachez-moi si fortement, que je ne puisse plus me séparer de vous.

0 Marie, ma Mère, secourez-moi. Que ce soit votre gloire de gagner à l'amour de votre divin Fils un misérable pécheur qui autrefois Ta tant offensé.

2" Mercredi

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