‹ Le divin SauveurChapitre 18 sur 103 · JÉSUS CHARGÉ DE TOUS LES PÉCHÉS DU MONDE · texte numérisé non relu

JÉSUS CHARGÉ DE TOUS LES PÉCHÉS DU MONDE

Iniquitates eorum ipse portabit (3).

« 11 portera sur lai leurs iniquités. »

Considérons que le Verbe divin, en se faisant homme, n'a pas voulu seulement prendre la ressemblance du pécheur; il a voulu aussi, dit Isaïe, se charger réellement de tous les péchés de la

(1) Mallh., 22, 37.

(2) Prov., 8, 11.

terre, afin d'en porter lui-môme la peine entière, comme si lui-même les eût commis. Quelles angoisses et quelle amère désolation ne dut pas ressentir le cœur de Jésus Enfant, lorsque, ainsi accablé de tous les péchés du monde, il vit la divine justice lui réclamer pleine satisfaction !

Le Sauveur, comme Dieu, voyait clairement la malice de chaque péché. Il connaissait infiniment mieux que tous les hommes, mieux que tous les anges, la bonté infinie de son Père, les droits de son Père au respect et à l'amour de ses créatures. D'autre part, il avait devant les yeux les innombrables péchés qu'avaient commis et que commettraient encore les hommes, pour lesquels il devait souffrir et mourir. Le Seigneur fit voir un jour à sainte Catherine de Gênes la laideur d'une seule faute vénielle ; cette vue lui causa une telle frayeur et une telle douleur que la sainte s'évanouit. Quelle dut être la peine de Jésus, lorsque, dès son entrée dans ce monde il se trouva en présence de ce nombre incalculable de crimes qu'il avait à expier!

Le saint Enfant connut alors en détail tous les péchés de chacun de nous, remarque saint Bernardin de Sienne (1). Les bourreaux, en crucifiant Jésus, l'ont tourmenté dans son corps au delà de. ce qu'on peut imaginer: on peut néanmoins. affirmer, avec le cardinal Hugues, que nos péchés l'ont encore plus l'ail souffrir dans son àme (2). Oui, chacun de nos péchés a plus l'ail souffrir l'âme de

(l) Ad qutmlibet culpam Bingularem habuit ;ispectum. /'.. //., Serin, 56, a. i. c. 1.)

Bcerunf eum dolere extrinsecus cruciûgendo, sel nos peccando Intrinsecui.

Jésus-Christ que les bourreaux, durant toute la Passion, n'ont fait souffrir son corps. Voilà donc, doit se dire celui qui se rappelle avoir offensé Dieu, ne fût-ce que par un seul péché mortel, voilà quelle récompense Jésus-Christ a reçue de son amour pour moi.

AFFECTIONS ET PRIÈRES

Mon bien-aimé Jésus, je suis, hélas! un de ces ingrats qui vous ont tant offensé; je ne mérite donc ni grâces, ni pardon. Cependant, j'ose vous en prier, par cette peine elle-même, que vous avez ressentie à la vue de mes nombreux péchés, par l'offrande que vous en avez faite à Dieu votre Père, accordez-moi mon pardon; communiquezmoi en même temps une partie de cette lumière qui vous a fait connaître ma malice ; faites-moi concevoir une partie de l'horreur que vous ont causée mes nombreux péchés. 0 mon aimable Sauveur, il est donc vrai qu'à chaque instant de votre vie, même dès le sein de votre Mère, j'ai été le bourreau de votre cœur, un bourreau plus cruel que tous ceux qui vous ont crucifié ! Et ce supplice, je l'ai renouvelé autant de fois que je vous ai offensé! Seigneur, vous êtes mort pour me sauver; mais votre mort ne suffit pas à mon salut si de mon côté je n'ai un vrai regrette mes offenses passées, si je ne les déteste souverainement. De vous seul, ô mon Dieu, je dois aussi attendre cette grâce de la vraie contrition. .Vous la donnez à qui la demande; eh bien! je vous la demande par le mérite de toutes vos^ souffrances. |Accordez-naoî la douleur de mes péchés, une douleur proportionnée

à leur malice. Mon Jésus, aidez-moi à produire un acte de vraie et sincère contrition.

0 Père éternel, ô Bien suprême et infini, moi, misérable ver de terre, j'ai eu l'audace de vous outrager et de mépriser votre grâce; je déteste, je hais par-dessus toutes choses les injures dont je me suis rendu coupable envers vous; je m'en repens de tout mon cœur, moins à cause de l'enfer que j'ai mérité, qu'à cause de l'offense faite à votre bonté infinie. Par les mérites de Jésus-Christ, j'espère de vous mon pardon, la persévérance dans votre grâce et le don infiniment précieux de votre amour. Je vous aime, ô Dieu digne d'un amour infini, je vous aime, je vous aime. — Jésus, mon Rédempteur, aidez-moi à vous aimer.

O Marie, ma Mère, prêtez-moi aussi votre assistance ; obtenez-moi de persévérer dans l'amour de Dieu l<»iii le reste de ma vie.

2* Jeudi

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