‹ Le divin SauveurChapitre 19 sur 103 · ISSUS SOUFFRIT DURANT TOUTE SA VI K · texte numérisé non relu

ISSUS SOUFFRIT DURANT TOUTE SA VI K

Dolor meus in conspectu meo semper (1).

« Ma douleur est sans cesse devant mes yeux. <>

Considérons que toutes les souflrances et toutes les humiliations endurées par Jésus-Christ durant sa vie ri à sa mort, furent constamment présentes à son esprit depuis le premier moment de son existence : " Ma douleur «'si sans onsc devant mes y eux, n dit-il, par le Psalmiste. h<>l<>r nu-us in cons-* pectu meo semper. .Non seulement Jésus vit, dès

le premier instant de son existence, toutes les peines par lesquelles il voulait expier nos péchés, mais encore il commença à les endurer, remplissantes lors son office de Rédempteur.

Lui-même daigna révéleràl'un de ses grands serviteurs, que dès ce premier instant, jusqu'au dernier jour de sa vie, il endura pour chacun de nos péchés des souffrances tellement grandes, que si Dieu ne lui avait conservé la vie pour souffrir davantage, il serait mort de pure douleur autant de fois qu'il y eut et qu'il y aura jamais d'hommes sur la terre.

Avoir sans cesse sous les yeux l'horrible spectacle de tous les péchés des hommes, quel martyre, pour le cœur si tendre de Jésus ! Voilà, de fait, celui qu'il endura dès le sein même de Marie; il eut sans cesse présent devant lui, dit saint Bernardin de Sienne, chaque péché de chacun de nous. Ad quamlibet culjjam singularem habuit aspectum. Selon saint Thomas, la douleur qu'éprouva le Sauveur à la vue des injures faites à son Père, et du dommage causé par le péché aux âmes qu'il aimait tant, surpassa la douleur de tous les pénitents, même de ceux qui sont morts de pure douleur. En effet, jamais pécheur n'aima Dieu et sa propre âme autant que Jésus-Christ aima son Père et nos âmes. C'est pourquoi cette cruelle agonie du jardin des Olives, causée par nos innombrables iniquités qu'il s'était chargé d'expier, il voulut la souffrir dès le premier battement de son cœur.

« Je suis pauvre et dans les travaux depuis ma jeunesse. » Pauper sum ego et in laboribus a juventute mea (1). — Ainsi notre Sauveur annonçait-il

par la bouche de David que toute sa vie serait une souffrance continuelle. Aussi, conclut saint Jean Chrysostome, le péché seul devrait nous attrister, et comme nos offenses affligèrent Jésus durant toute sa vie, de même, nous qui les avons commises, nous devrions en conserver une continuelle douleur, nous souvenant que nous avons blessé un Dieu qui n'a cessé de nous aimer d'un amour infini.

AFFECTIONS ET PRIÈRES

Voici à vos pieds, mon Jésus, l'ingrat, le persécuteur qui à rempli d'amertume toute votre vie. Mais confiant dans votre infinie miséricorde, j'ose vous dire avec le pieux roi Ezéchias : Vous avez arraché mon âme à sa perle, vous avez jeté derrière vous tous mes péchés (1). Je vous ai offensé, ô mon Dieu, j'ai blessé votre cœur par mes nombreux péchés, et vous n'avez pas refusé de vous charger de toutes mes iniquités. J'ai condamné volontaire^ ment mon âme au feu de l'enfer, chaque fois que j'ai péché mortellement; mais vous n'avez pas laisse de la délivrer au prix de votre sang et de la retirerde l'abtme. Merci, ô monbien-aimé llédempleur. Je voudrais mourir de douleur, quand je pense que j'ai tant outragé votre bonté infinie.

O mou amour, pardonnez-moi, et venez prendre possession de tout mon cœur. Vous l'avez dit, vous entrez volontiers chez celui qui vous ouvre la porte de son cœur, et vous y établissez votre demeure : Si quelqu'un m'ouvre la porte, j'entrerai

(i) Tu autam eruisti aniraam meatn, ut non periret;projeclsti posl tergum tuum omnia peccata mtau Av.. :ts, n.)

chez lui, et je prendrai mon repas avec lui (1). Autrefois je vous ai repoussé, mais aujourd'hui je suis heureux de vous recevoir; je vous aime, et je ne désire autre chose que votre grâce. Voici que la porte de mon pauvre cœur est ouverte, o mon bon Maître : entrez-y donc pour n'en plus sortir. Il est pauvre, mais vous le rendrez riche. Oui, je serai riche aussi longtemps que je vous posséderai, ô Bien suprême.

O Reine du ciel, Mère affligée d'un Fils si affligé, j'ai été aussi pour vous un immense sujet de peine, puisque vous avez eu tant de part aux douleurs de Jésus. Pardonnez-moi, donc, vous aussi, ma Mère, et obtenez-moi la grâce d'être fidèle, maintenant que, comme j'en ai la confiance, Jésus est rentré dans mon âme.

2e Vendredi

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