JÉSUS A VOULU TOUT SOUFFRIR POUR GAGNER NOS CŒURS
Baplismo habeo baplizari, et quomodo coarctor usquedum per/iciatur (2).
« Je dois être baptisé d'un baptême, et combien je me sens pressé de le "voir s'accomplir! »
Considérons que Jésus a souffert dès le premier instant de son existence, et qu'il a tout souflerl par amour pour nous; Après la gloire de Dieu, il
(1) Si quis... aperuerit mihi januam, intrabo ad illnm et cœnabo cum illo. {Apoc, 3, 20.)
(2) Luc., 12, 50
n'a eu autre chose en vue, durant tout le cours de sa vie, que notre salut. Étant Fils de Dieu, il n'avait nullement besoin de souffrir pour mériter le ciel; mais ses humiliations, ses souffrances, ses peines intérieures, il a tout souffert pour nous mériter le salut éternel. Il eût pu même nous sauver sans souffrir; mais il préféra embrasser une vie pleine de douleurs, pauvre, méprisée, privée de toute jouissance, une mort plus amère et plus désolée que celle de n'importe quel martyr ou pénitent : pourquoi? uniquement pour nous témoigner la grandeur de son amour et gagner nos cœurs.
Durant les trente-trois années que Jésus passa sur cette terre, il soupira sans cesse après l'heure où il devait offrir sa vie en sacrifice pour nous obtenir la grâce de Dieu et la gloire éternelle ; il voulait que nous fussions à jamais heureux avec lui dans le ciel. Cet ardent désir, il l'exprimait en ces termes : Je dois être baptisé d'un baptême, et combien je me sens pressé de le voir s'accomplir! Il désirait être baptisé dans son propre sang, pour effacer, non pas ses péchés, puisqu'il était innocent et saint, mais les péchés des hommes. « Il nous a aimes, dit saint Jean, et il nous a purifiés de nos fautes dans son propre sang. » lhlexit nos, et lavit nos a peccatis nos! ris in sanguine sua (1). 0 excès de l'amour d'un Dieu, que tous les hommes et tous les anges ne parviendront jamais à comprendre et à louer dignement 1
. écoutons sain! Bonaventure gémir but L'ingratitude dont les hommes paient un tel
(1) Apoc, 1, ...
amour : « Comment se fait-il, ô mon Dieu, que votre amour n'amollisse pas la dureté de nos cœurs (1)? » Chose étonnante ! un Dieu se soumet aux plus cruelles souffrances, il naît dans une établè, il pleure sur la paille, il passe sa vie comme un simple ouvrier dans un atelier, il meurt épuisé de sang sur une croix; en un mot, il passe sa vie entière dans la peine et l'affliction, par amour pour les hommes, et ces mêmes hommes n'aimeront pas ce Dieu qui les aime tant, ils oseront même dédaigner son amour et sa grâce ! Comment est-il possible qu'un Dieu ait voulu tant souffrir pour les hommes et que tant d'hommes osent offenser ce Dieu, au lieu de l'aimer?
AFFECTIONS ET PRIÈRES
0 mon bien-aimé Rédempteur, je suis un de ces ingrats qui ont payé votre amour immense, vos souffrances et votre mort par les injures et les mépris. 0 mon Jésus, comment, tout en prévoyant mes ingratitudes, avez-vous pu m'aimer au point de supporter pour moi tant d'humiliations et de souffrances? Hélas! le mal est fait; mais je ne veux pas me désespérer. Seigneur, donnez-moi maintenant la contrition que vous m'avez méritée; je désire que mon regret égale la grandeur de ma faute. 0 Cœur infiniment tendre de mon Sauveur, Cœur autrefois si affligé et si désolé pour mon salut, Cœur toujours brûlant d'amour pour moi, de grâce, changez mon cœur; donnez-moi un cœur qui par de saintes ardeurs répare les déplaisirs
(1) Mirum est quomodo pro tao amore corda hominum non scinduntur. {Stim. div. am., p. 2 c. 2.)
que je vous ai causés, un amour qui égale mon ingratitude passée.
Mais déjà je me sens un grand désir de vous aimer; je vous en remercie, mon Jésus, qui avez eu la bonté de toucher mon cœur. Je déteste souverainement les offenses dont je me suis rendu coupable contre vous, je les ai en horreur, plus que tout autre mal. Maintenant je préfère votre amitié à toutes les richesses et à tous les honneurs. Je désire en toutes choses faire votre bon plaisir. Je vous aime, o amabilité infinie, mais je vous aime trop peu, donnez-moi plus d'amour. Je dois répondre à votre amour par un amour d'autant plus grand que je vous ai plus offensé; je dois proportionner mon amour aux châtiments que vous m'avez épargnés, aux grâces spéciales dont vous m'avez favorisé. O Bien suprême, ne permettez pas que je continue de vous contrister par mon ingratitude, après avoir reçu de vous tant de -îàces. Je vous redis après saint François d'Assise : « Que je meure pour l'amour de votre amour, ô Jésus, qui avez daigné mourir pour l'amour de mon amour (1) ! »
Marie, mon espérance, aidez-moi, priez Jésus pour moi.
(i) Moriar amorc amoris tui, qui amore amoris m.i (ligna lus ei inoii.
2e Samedi