PAUVRETÉ DE JESUS NAISSANT
fnvenietis infantem...positum in prœsepio (1).
» Vous trouverez un enfant couché dans une crèche. »
La sainte Eglise, considérant le mystère d'un Dieu fait homme, naissant dans la pauvreté d'une étable et reposant sur la paille, s'écrie pleine d'admiration : « Oh! le grand mystère, oh! l'étonnante merveille! des animaux voient Dieu, le Maître de l'univers, nouvellement né et couché dans leur crèche (2) !
Pour contempler avec une tendre et utile émotion la naissance de notre Sauveur, nous devons avant tout prier le Seigneur de nous donner une foi vive. Car, si nous entrons dans la grotte de Bethléem sans la lumière de la foi, nous n'y éprouverons qu'une compassion naturelle, à la vue d'un petit enfant si pauvre que, naissant au cœur de l'hiver, dans une froide caverne, il doit être couché sur la paille dans une crèche, sans feu pour diminuer la rigueur delà température. Mais si nous contemplons ce spectacle avec les yeux de la foi, ih »us y verrons le témoignage d'une bonté excessive, d'un amour infini. Un Dieu, dirons-nous, par amour pour les hommes, a voulu s'abaisser jusqu'à nous apparaître petit enfant, enveloppé de langes, couché sur la paille, pleurant, tremblant
(t) LUC, 2, 12.
(2) o mamum mysterium et admirabile sacramentum, ut anlmalla vidèrent Dominum natum, |acentem In prœsepio I \Off. \<tt. resp., i.)
de froid, ne pouvant se mouvoir, ayant besoin d'un peu de lait pour vivre ! Alors, comment ne pas nous sentir attirés, et doucement contraints de donner toutes nos affections à ce Dieu Enfant, qui est venu dans cet humble appareil pour se faire aimer de nous?
Après avoir contemplé Jésus dans l'étable, dit saint Luc, les bergers s'en retournèrent, louant et glorifiant Dieu de tout ce qu'ils avaient vu et entendu (1). Eh! qu'avaient-ils vu? Rien qu'un pauvre petit enfant, tremblant de froid sur un peu de paille; mais comme ils étaient éclairés par la foi, ils reconnurent dans cet Enfant le prodige de l'amour divin. Après l'avoir adoré, tout enflammés d'amour, ils s'en allèrent louant et bénissant le Seigneur, qui leur avait fait la grâce de voir un Dieu humilié, anéanti (2), pour l'amour des hommes.
AFFECTIONS ET PRIÈRES
0 doux et aimable Enfant, quoique je vous voie si pauvre sur cette paille, je vous reconnais et vous adore comme mon Créateur et Souverain Seigneur. Je sais qui vous a réduit à un si misérable étal : c'est votre amour pour moi. Quand, après cela, je pense à la manière dont je vous ai traité par le passé, aux injures que je vous ai faites, je m'étonne, ô Jésus, que vous ayez pu me supporter. — Ah! péchés maudits, qu'avez-vous fait? Vous avez rempli d'amertume le cœur d'un si bon Maître!
(1) Reversi surit pastores gloriflcantes et laudantes Dcum, in omnibus quœ audienant ex viderant. [Luc, 2, 20.)
(2) Semetipsum exinanivit. (Phil., 2, 1.)
Do grâce, mon cher Sauveur, par les souffrances que vous avez endurées et par les larmes que vous avez répandues dans l'étable de Bethléem, donnezmoi des larmes, donnez-moi une grande douleur, qui me fasse pleurer sans cesse les déplaisirs que je vous ai causés. Donnez-moi de l'amour pour vous, mais un amour qui vous dédommage de tous mes torts envers vous. Je vous aime, mon Sauveur nouveau-né, je vous aime, mon Dieu fait enfant, je vous aime, mon amour, ma vie, mon tout; je vous promets de n'aimer désormais que vous seul. Aidez-moi de votre grâce, sans laquelle je ne puis rien.
Marie, mon espérance, vous obtenez de votre divin Fils tout ce que vous voulez ; priez-le de m'accorder son saint amour. 0 ma Mère, exaucezmoi.
:î Lundi