‹ Le divin SauveurChapitre 36 sur 103 · IKSUS ENVELOPPÉ DE LANGES · texte numérisé non relu

IKSUS ENVELOPPÉ DE LANGES

Représentons-nous Marie aux pieds de son divin 1 ils qui vient de naître. D'abord elle l'adore eomme son Dieu; puis, toute tremblante de respect, elle le prend dans ses bras maternels et L'enveloppe <le Langes, nous dit saint Luc : Panais eum involvit, (1) ce que l'Eglise répèle dans ses chants; Meiubra patin is invalida, Virgo Mater alligat (2). " La Vierge Mère lie 1rs membres «le son Fils e1 Les enveloppe de Langes. •• Quelle scène attendrissante, ei quel précieux enseignement! L'Enfant Jésus en esprit d'obéissance, offre ses

(\) Lue, 2. 7.

Ci) ()/!'., de Pass.

petites mains, étend sos petits pieds, et se laisse envelopper. Or, chaque fois que sa Mère le serrait ainsi dans les langes, le saint Enfant pensait aux cordes avec lesquelles il devait un jour être lié dans le jardin des Olives, puis attaché à la colonne de la flagellation; il pensait aux clous qui devaient un jour le fixer sur la croix; et dès lors il acceptait ces liens, il consentait à être percé de ces clous, afin de délivrer nos âmes des chaînes du péché et de l'enfer.

. Jésus, étroitement serré dans ses langes, se tourne vers nous et nous invite à nous unir étroitement à lui par les doux liens de l'amour, puis, s'adressant à son Père éternel, il lui dit : « Mon Père, les hommes ont abusé de leur liberté; s'étant révoltés contre vous, ils sont devenus les esclaves du péché; eh bien! c'est en vue d'expier leur désobéissance que je consens à être emprisonné dans ces langes ; je vous sacrifie ma liberté, mais afin que l'homme soit délivré de l'esclavage .du démon. »

Les liens de Jésus sont des liens de salut : Vincula illius alligatura salutaris (1), c'est-à-dire qu'ils servent à bander et à panser les plaies de nos âmes. De là cette exclamation de saint Laurent Justinien : « 0 divine charité, quelle n'est pas ta puissance, tu as lié un Dieu et en as fait un prisonnier (2)! » Et moi, Seigneur, refuserai-je encore d'être votre captif, de me laisser emprisonner dans les liens de l'amour? Aurai-je encore le triste courage de rompre vos douces et aimables

(1) Ecclù, 6. 31.

(2) 0 charitas, quam magnum est -vinculum tuum, quo Dcus ligari potuit! (Lign. v. de Char., 2, 6.)

chaînes, pour me faire l'esclave du démon? Non, ô Jésus ; je veux rester à jamais uni à vous par les liens de l'amour. Notre chaîne, disait sainte Madeleine de Pazzi, parlant du mystère qui nous occupe, ce doit être une ferme résolution de nous unir à Dieu par l'amour et de nous détacher de tout ce qui n'est pas Dieu.

AFFECTIONS ET PRIÈRES

O aimable Enfant, quelle crainte puis-je encore avoir de vos châtiments, lorsque je vous vois serré dans ces langes qui vous privent en quelque façon du pouvoir de lever la main pour me punir? Par là vous me faites entendre que vous renoncez à me châtier comme je le mérite, si je veux secouer le joug de mes passions et m'attacher à vous. Oui, mon Jésus, je veux m'affranchir de ce honteux esclavage. Je me repens sincèrement de m'ôtre séparé de vous, en abusant de la liberté que vous m'avez donnée. Vous m'offrez la précieuse liberté des enfants de Dieu qui doit me délivrer des (haines du démon et m'attacher à vous. Je vous en remercie, Seigneur, et je veux être à jamais prisonnier de votre amour. 0 heureux liens! douces et salutaires chaînes de salut, qui attachez les âmes à Dieu, enlacez aussi mon pauvre cœur; étreignez-le si fortement, qu'il ne puisse jamais plus se séparer du souverain bien.

lion doux Sauveur, pour expier mes péchés,

vous avez bien voulu non seulement vous laisser

enfermer dans ces langes par votre sainte Mère, mais encore vous laisser garrotter comme an criminel par les bourreaux et traîner en cet état à

travers les rues de Jérusalem, pour être ensuite conduit à la mort comme un tendre et innocent agneau que Ton mène à la boucherie. Vous avez bien voulu être cloué à la croix, et vous ne l'avez quittée qu'après y avoir laissé votre vie ; tout cela pour me rendre la liberté que j'avais volontairement perdue par mon péché. Je vous en conjure, ô bon Maître, ne permettez pas que j'aie encore une fois le malheur de me séparer de vous, d'être privé de votre grâce et de votre amour.

O Marie, vous qui avez serré dans des langes votre Fils innocent, liez-moi aussi, moi pécheur, liez-moi à Jésus, afin que je ne m'éloigne plus de ses pieds sacrés et que je n'aie jamais plus le malheur d'être privé de son amour.

28 Décembre

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