JÉSUS EST TRAITÉ COMME UN ROI DE THÉÂTRE
Ce n'était pas assez pour les cruels bourreaux de Jésus d'avoir posé sur sa tête une horrible couronne d'épines. Pour achever de faire du Roi du ciel un roi de théâtre, ils lui mettent dans la main un roseau en guise de sceptre; puis, à maintes reprises, ils prennent ce roseau et frappent sur la couronne, enfonçant ainsi plus avant les épines dans la tête sacrée du Sauveur. A cette nouvelle torture ils joignent d'indignes moqueries : ils fléchissent le genou devant le Sauveur en disaul : Ave rex Jud&orum (1). « Salut! roi des Juifs; » puis, se relevant avec de grands éclats de rire, ils lui crachent au visage et lui donnent des
(1) Matth., 27, 29.
soufflets; ces soufflets eux-mêmes ébranlent la couronne, la rendant de plus en plus douloureuse. Si un étranger passant sur ce triste théâtre eût vu cet homme défiguré, couvert de ce haillon d'écarlate, avec ce sceptre à la main et cette couronne sur la tête, en butte aux moqueries et aux insultes de cette troupe effrénée, pour qui l'aurait-il pris, sinon pour le plus vil des hommes et pour le plus insigne des malfaiteurs? Voilà donc le Fils de Dieu devenu le jouet et le rebut de Jérusalem !
Transporte-toi, ô mon âme sur ce théâtre des humiliations de ton Dieu; dis-lui que tu le reconnais pour ce qu'il est réellement, pour le souverain Seigneur et maître de toutes choses. Il est roi de douleur et d'amour; dis-lui que tu le choisis pour le Roi de ton cœur; remercie-le de l'amour qu'il te porte et aime-le de tout ton cœur, puisque s'il souffre tant, c'est dans le but d'être aimé de toi.
AFFECTIONS ET PRIÈRES
O mon Sauveur affligé, ô Roi de l'univers! A quoi vous vois-je réduit? à être le jouet de vos impitoyables bourreaux et de toute la ville de Jérusalem. Ah! cette cruelle couronne qui vous ceint la tête, ce vil roseau que vous tenez à la main, ce lambeau de pourpre dont vous êtes affublé, tout cela montre que vous êtes vraiment Roi, mais Roi d'amour. Les Juifs refusent de vous reconnaître pour leur souverain, et ils vont dire à Pilate : Non habemus regem nisi Cwsarem (i).
(1) Jo., 19, 15,
a .Nous n'avons point d'autre roi que César. » Mon bien-aimé Rédempteur, si d'autres ne veulent pas vous reconnaître pour leur roi, moi, je vous reconnais et je veux que vous soyez l'unique roi de mon cœur. Je me consacre à vous sans réserve; disposez de moi selon votre bon plaisir.
Si vous avez enduré tant d'humiliations, tant de souffrances et même la mort, c'est afin de gagner nos cœurs et de régner sur nous par votre amour. Jésus-Christ, nous dit votre Apôtre, est mort et il est ressuscité afin d'étendre sa domination sur les morts et sur les vivants (1). Prenez donc possession de tout mon cœur, ô mon Roi bien-aimé; établissez-y votre trône et votre pouvoir pour toujours. Par le passé, j'ai refusé de vous reconnaître pour mon Soigneur et je me suis fait l'esclave de mes passions; mais aujourd'hui je veux être tout à vous, je veux vous servir, vous seul. De grâce, unissez mon cœur au vôtre par le doux lien de l'amour et rappelez-moi sans cesse les cruelles souflrances que vous avez endurées pour moi. Ah! mon Roi, mon Dieu, mon amour, mon tout, que puis-je désirer, si ce n'est vous seul, le Dieu de mon cœur et mon partage pour l'éternité. Deus cordis mei et pars mea in xternum (2). Oui, vous Ôtes te Dieu démon cœur; vous êtes mon héritage, mon unique bien, mon unique amour.
O ma Reine et ma Mère, Marie, dites à Jésus que je veux être tout à lui, et prenez-moi sous votre maternelle protection.
.(1) In hoc enim Cbrtstui mortuus est et resurrexit, ut et mortuorum et vivorum dominetur. [Rom., 14, 9.) (2) Ps., 12, 26.