‹ Le divin SauveurChapitre 72 sur 103 · LES JUIFS RÉCLAMENT A GRANDS CRIS LA MORT DE JESUS · texte numérisé non relu

LES JUIFS RÉCLAMENT A GRANDS CRIS LA MORT DE JESUS

Malgré les clameurs des Juifs, Pilate s'ingéniait à chercher un moyen de délivrer Jésus. Ils son aperçurent, et pour lui arracher une condamnation,

ils s'avisèrent de mettre en cause l'empereur romain : « Si vous renvoyez l'accusé, lui crièrentils, vousriYtcs pas l'ami de César. » Si hune dimittis, non es amicus Cœsaris ; Car ce Jésus a dit : « Je suis roi. » Or quiconque se fait roi se met en révolte contre César. » (1). Pour leur malheur, ils réussirent ainsi à intimider Pilate. Tremblant de perdre les bonnes grâces de César, le Gouverneur se fit amener Jésus et s'assit a son tribunal pour prononcer sur lui la sentence de mort (2).

Mais, toujours tourmenté par le remords de sa conscience, sachant bien qu'il condamnerait un innocent, il s'adresse de nouveau aux Juifs et leur dit : Ecce rex vester (3), « Voilà votre roi. » Condamnerai-je donc votre roi? Alors les Juifs, de plus en plus furieux, répondent en poussant de grands cris : Lui, notre roi? Lui, roi? Pourquoi nous le montrer encore? Toile! toile! crucifige eum! Enlevez-le! enlevez-le! Qu'il ne paraisse plus à nos yeux; enlevez-le, et crucifiez-le! — Pilate résiste Une dernière fois et dit aux Juifs : Regem vestrvm crucifigam (4)? « Crucifierai-je donc votre roi? » Mais les princes de la synagogue s'empressent de répondre : Non habemus regem, nisi Cœsarem (5). « Nous n'avons pas d'autre roi que César. » Cei homme n'est pas notre roi; enlevez-le et crucifiez-le.

(1) Omnis enim qui se regem facit, contradicit Cisari. (/(>., 19, 12.

PilatUB au te m, owm ;ui<lisst>t bot sermones, adduxit foras Jisumi, et »edlt nro tribunal!. Ubid.) Ihid.. 14.

i) .In.. 10, 13.

0 Dieu d'amour, Verbe incarné, vous êtes venu du ciel en terre pour vivre dans l'intimité avec les hommes et gagner leur cœur; mais, ô ingratitude! les hommes ne peuvent vous souffrir au milieu d'eux; ils n'épargnent rien pour se défaire de vous de la manière la plus cruelle. Ils vous renient, mon Jésus, mais moi, je vous choisis pour mon unique Roi. Je le dis et je me plais à le répéter, je n'ai point d'autre roi que Jésus. Oui, ô mon aimable Sauveur, vous êtes mon Roi. Tu es ipse Rex meus. Vous êtes et vous serez toujours mon unique Maître. C'est vous qui êtes le vrai Roi des âmes, puisque vous les avez créées et rachetées de l'esclavage de Lucifer. Adveniat regnum tanin. « Que votre règne arrive. » Dominez, régnez à jamais dans mon cœur et sur ma volonté. Que mon cœur ne me serve qu'à vous aimer; que ma volonté soit employée uniquement à faire votre bon plaisir.

Que d'autres servent et aiment les monarques de la terre dans l'espérance des biens de ce monde ; pour moi, je ne veux servir que vous, ô mon Roi souffrant et méprisé ; privez-moi si vous le voulez de toute consolation terrestre : Vous aimer et vous plaire, voilà mon désir, mon unique espérance pour cette vie et pour l'éternité. Désormais les souffrances et les opprobres me seront chers puisque vous en avez tant supporté pour mon amour. Je vous en supplie, faites-moi la grâce de vous être fidèle; et pour cela, accordez-moi le don si précieux de votre amour. Si je vous aime, mon Jésus, j'aimerai aussi les mépris et les souflrances

que vous avez tant aimés; aussi est-ce de grand cœur que je vous adresse cette prière de votre fidèle et dévot serviteur, saint Jean de la Croix : Domine pati et contemni pro te; « Seigneur! faitesmoi la grâce de souffrir et d'être méprisé pour vous! »

Marie, ma Mère, intercédez pour moi. Amen.

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