LE VOILE DU TEMPLE SE DECHIRE
Au moment même ou Jésus rendit le dernier soupir, dit saint Matthieu, le voile du temple se déchira de haut en bas. Et ecce vélum templi scissuiii est in duos partes, n summo vaque deorsinn (1). ('/('lait ce voile qui séparai! du Saint des Saints le sanctuaire où les prêtres remplissaient leurs fonctions les plus augustes. Le Saint des
Saints était la partir la plus sacrée du temple. OÙ
le grand-prêtre seul avait Le droit d'entrer, une seule fois l'an, portant le sang des victimes, qu'il offrait pour lui-môme et pour le peuple.
(1) Mutlh., -21, 51.
Toujours fermé le Saint des Saints était l'emblème de la grâce divine, devenue inaccessible aux hommes, lesquels ne pouvaient l'obtenir que par le moyen du grand sacrifice que Jésus-Christ, le souverain Prêtre de la nouvelle alliance, devait offrir en s'immolant lui-même sur la croix, et dont les anciens sacrifices n'étaient que la figure. Le Fils unique de Dieu, le Pontife des biens futurs, c'est-à-dire des biens célestes et éternels, est venu déchirer le voile, renverser la barrière qui nous séparait du Saint des Saints c'est-à-dire de Dieu. Pour apaiser la justice divine irritée par nos péchés il offrit à son divin Père non le sang des boucs et des génisses, dit saint Paul, mais son propre sang. Neque per sanguinem kircorutn aut viiulorum, sed per proprium sanguinem, introivit semel in Sancta, œterna redemptione inventa (1). C'est ainsi qu'il a purifié nos âmes, ainsi qu'il a apaisé Dieu son Père, ainsi qu'il nous a mérité la rédemption et le salut éternel.
L'Apôtre nous engage ensuite à mettre toutes nos espérances dans les mérites de la mort de notre Rédempteur. Certes nous avons, dit-il, un puissant motif d'espérer la vie éternelle, dans le sang de Jésus-Christ qui nous a ouvert le chemin du ciel, une voie nouvelle, viam novam. Oui, une voie nouvelle, parce que ce divin Sauveur l'a parcourue le premier après nous l'avoir ouverte en laissant déchirer sur la croix sa chair sacrée, figurée par le voile du temple (2).
(1) Heb., 9, 12.
(2) ma., io, 19,
AFFECTIONS ET PRIERES
0 mon Rédempteur bien-aimé, ô aimable Infini! puisque vous êtes descendu du ciel pour vous donner tout à moi, que puis-je chercher ou désirer sur la terre ou dans le ciel, hors de vous qui êtes le bien suprême et le seul digne d'être aimé? Soyez donc Tunique Maître de mon cœur, possédez-le tout entier. Que mon âme vous aime, vous seul; qu'à vous seul elle obéisse; que votre bon plaisir soit mon unique loi; cherche qui voudra d'autres biens; vous seu me suffisez; vous êtes et vous serez mon unique trésor en cette vie et dans l'éternité. Ainsi, mon Jésus, je vous donne tout mon cœur, toute ma volonté. Elle vous fut autrefois rebelle; mais aujourd'hui je vous la consacre entièrement. Domine, quid me vis facere (1). « Seigneur, que voulez-vous que je fasse? » Dites-le moi, et aidez-moi à l'exécuter sans restriction, comme j'y suis résolu. Disposez de moi et de ce qui m'appartient selon votre bon plaisir; j'accepte tout, je me résigne à tout.
O Amour, digne d'un amour infini, vous m'avez aimé jusqu'à mourir pour moi; je vous aime de tout mon cœur; je vous aime plus que moi-môme H je remets mon âme entre vos mains. Je renonce aujourd'hui à toute affection terrestre, je me détache de tout objet créé et je me donne entièrement à vous; acceptez-moi de grâce par les mérites de votre Passion, et faites que je vous sois fidèle jusqu'à la mort. Mon Jésus, mon Jésus! désormais je ne veux vivre que pour vous, je ne
(1) Ad., 9, 6.
veux aimer que vous et ne plus penser qu'à vous plaire en tout. Assistez-moi de votre grâce.
Et vous, ô Marie, mon espérance, ne me refusez pas votre puissante protection.