‹ Le divorceChapitre 111 sur 151 · ARTICLE DU JOURNAL L'HISTORIEN · texte numérisé non relu

ARTICLE DU JOURNAL L'HISTORIEN

Notre nation a une versatilité de caractère incompréhensible et vraiment effrayante. Elle fait tout par persuasion et par enthousiasme ; rien, ou presque rien, par conviction et par raison. Vos imaginez qu’elle sait; non, elle croit ; qu’elle s’est déterminée ; non, elle veut: Ses principes mêmes et sa MU NNe ne sont que des modes qu’elle adopte, et que ses gens d’esprit croient qu'il est du bon ton de prendre.

Il y a quelques années, on ne trouvait si petit poète, si mince romancier, si médiocre magistrat, qui ne se crût obligé d’être déiste avec Jean-Jacques et Voltaire. Depuis, ils sont devenus athées avec Hébert et Chaumette. Aujourd’hui, il faut qu’ils soient catholiques, dévots, molinistes, avec le premier venu qui se déguise en prêtre insermenté. J'ai entendu parler d’un chasseur’ du 13° régiment, qui joue ce rôle à merveille.

Les catholiques ont été persécutés , cela est atroce ; ils

doivent étre libres, cela est incontestable ; : les mo qu’ ils ont éprouvés flétrissent leurs en inspirent aux hommes vertueux une juste. indignation, sans contre-

(1) Reproduit par la Gazette nationale ou Moniteur universel, 1e pluviôse an V (vendredi 20 janvier 1797), p. 482, n° 121.

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dit, ; Mais ! il n° en résulte pas, en faveur de leurs Spip ns, une : raison de plus ni de moins.

Que à grâce touche de nouveaux fidèles, je n’ai rien à dire : le vent souffle où il veut. Mais que l’on devienne tout à coup fidèle pour avoir bonne grâce, et sans changer aucunement ses mauvaises mœurs, le matin à la messe, le soir aux bals sauvages, pillant la nation et payant ses créanciers en feuilles de chêne; cela mérite d'être remarqué. S Parmi les singularités de ces girouettes qui écrivent et qui parlent, une des plus étranges est le changement de toutes les opinions par rapport au divorce. Depuis vingt ans, nous avions eu vingt bons ouvrages qui, dans l’intérêt des mœurs, dans celui de la société politique, dans celui même de la religion, réclamaient contre l’indissolubilité du mariage entre des époux mal assortis, sacrifiés à des vues d'intérêt, chez qui la vertu pleurait, soumise, mailgré elle, au vice, et le vivant expirait enchaîné à un cadavre. On alléguait l’exemple des Anglais et des Suisses, les nations les plus sages ; celui des Polonais, les plus dévotieux catholiques de l’Europe ; celui de sept rois de France, dont deux canonisés, deux grands hommes, deux bons princes, depuis Théodebert jusqu’à Henri IV.

La loi tant sollicitée est venue, et je ne prétends pas que sa rédaction soit parfaite. Mais enfin ses bases étaient conformes au vœu général.

-Vingt-sept mille procès en parer de corps et de biens qui se poursuivaient devant les ï

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naturellement et très utilement devenus RORSÈRE - mille

De pauvres femmes, qui n'avaient d’autres moyens de sauver de la rapacité fiscale et révolutionnaire une partie de leurs droits matrimoniaux, ont divorcé avec leurs époux

fugitifs, et la facilité d’une loi a un peu servi à esquiver.la tyrannie de Pautre. |

Des maris très avides et très corrompus ont provoqué le divorce pour voler leurs femmes, en remboursant leurs dots avec du papier sans valeur. |

Les mauvais conseils de quelques moines défroqués ont séduit quelques jeunes épouses.

Les divorces ont donc été beaucoup plus multipliés qu'irs

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