‹ Le divorceChapitre 134 sur 151 · RE · texte numérisé non relu

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licencieuse ? Et si ce lien, tout relâché qu il est, les gêne encore, une séparation convenue leur prêtera, pour couvrir leurs désordres mutuels, le manteau officieux de la loi. |

Le véritable auteur des désordres de la société, l’eflet et. la cause toujours renaissante de la corruption, c’est ladultère ; le divorce est un droit partout où l’adulière n'est pas un crime.

Tant que le vice sera toléré par les mœurs, impuni par les lois, accrédité par de grands exemples, applaudi au théâtre et justifié | peut-être par le relâchement universel, qu "elle sera la condition d’un homme d ‘honneur, partisan des mœurs antiques. et flétrissant de son mépris les maximes licencieuses des salons ra Quel sera son sort. si le hasard ou le malheur l’a uni à une femme infidèle ? Fautil qu'il se se résigne à supporter patiemment un mal devenu si ordinaire, qu’on est convenu de le considérer comme une des chances probables de la loterie de l’hymen ? Fautil qu’il admette au partage de l’antique héritage de ses pères ou d’un bien péniblement acquis par une longue économie, des étrangers, dont le moindre tort à ses yeux est de n'être pas de son sang et. d’en avoir la conviction désespérante ? Recourra-t-il à la séparation, le remède mensonger d'un mal qu'il aggrave?

Ainsi donc, cette femme qu’il doit haïr à tant de titres, qu'il a bannie de son cœur et de son lit, pourra continuer de flétrir le nom de son époux, de le couvrir de honte et d’opprobre, de le forcer de légitimer en quelque sorte son.

déshonneur et le faire rejaillir sur ses enfants ? Est-il une

puissance qui soit en droit d’exiger de si grands sacrifices ? Oui, répond-on, la religion le commande ; mais cette religion r n’est pas celle de tous les Français. Ici, je m'arrête

encore, parce que ma raison recule avec respect dévant les arrêts de la foi.

Après avoir considéré le divorce sous le rapport de honneur des époux, je vais l’examiner sous le sn de la justice.

On ne peut contester que la cause la plus importante de

acte du mariage ne soit la promesse réciproque de fidé lité que. se font les deux époux ; cette promesse forme l'essence de l'engagement, et devient la condition expresse du consentement mutuel qu’ils y donnent. Sans elle, sans la conviction sincère qu’elle ne sera jamais violée, le mariage n’eût pas existé. Ceux qui avoueraient le contraire sont indignes d’être époux et pères, ils méritent tous les malheurs irréparables d’une union contractée sous les auspices de l'ambition, de l'intérêt et de tous les vices qui accompagnent l’immoralité.

Mais, puisque telles sont les conditions auxquelles Îles

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époux se sont unis, la violation de ces conditions doit nécessairement : résoudre le contrat dont elles. formaient implicitement l'essence. Si cette condition est vraie, si la proposition contraire conduirait à l’'absurdité, en permettant de supposer qu’une chose peut exister lorsque le principe qui la constituait n'existe plus, si l'assimilation des éléments essentiels est désormais impossible, l'être moral qui formait le mariage est nécessairement détruit.

Un abîme de glace doit séparer à jamais deux personnes :

destinées à se haïr.

C’est le moment où doit intervenir cette troisième personne qui a présidé à l'engagement. Elle apparaît pour le résoudre, non plus comme garant, non plus comme arbitre, mais avec toute la dignité du magistrat et la sévé-. rité du juge. Toutes les personnes qui avaient assisté au

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contrat civil concourent à sa dissolution : les absents

même y sont représentés dans le sens de l’auteur de la

proposition et du rapporteur. Les organes de la loi stipulent pour les enfants. Tous les intérêts sont balancés, établis, les formes sont respectées, aucun principe n’a été violé. . |

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