Y. AVANT=PROPOS
Que de lettres, que de visites j'ai reçues depuis le dépôt de ma proposition de loi! que d’hommes, que de femmes m'ont félicité, souvent en pleurant, de l’initiative que j'avais prise!
Ici c’est une jeune femme de 22 ans, mère de deux enfants, que son mari a abandonnée sans esprit de retour. Elle ne peut subvenir à l'entretien de ses enfants; elle a rencontré un honnête homme qui Paime, qui voudrait l’épouser et partager avec elle cette lourde charge. Mais la loi le lui défend; elle perd même la chance du veuvage, car son mari ayant disparu, sil vient à décéder, elle n'aura pas la preuve de son décès. La loi l’oblige à mourir à la peine ou à prendre pour amant celui qu’on ne lui permet pas de prendre pour mari. De quel droitsera-t-on sévère pour elle si elle finit par se résoudre à ce dernier parti.
Là, c'est un honnête homme, un libraire qui épouse. une femme qu'il aime. Un jour il reçoit une lettre de cette femme. Elle lui apprend qu’elle le quitte, qu’elle part avec un prêtre qui a abandonné la carrière sacerdotale et elle ajoute : « J'ai marché à côté de toi pendant quelque temps dans la vie, oublie-le et sois heureux. »
J’ai vu cet homme; il est venu chez moi; il a versé
des larmes amères.