Chapitre VI ë
Dès qu’ un homme se donne à une femme ou une
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femme à un homme sans amour, avec un. sentiment
de répulsion, “quand bien même ce serait par dévoue-
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ment, il ya prostitution, dégradation.
Aucun “homme délicat n accepterait qu’une femme lui dit : « Je ne t'aime pas, mais, puisque tu m'aimes, je me livre à toi pour t’éviter une souffrance, quoique de mon côté je ne partage pas ton amour. » Îl trouverait, dans cet abandon sans amour, une cause de souffrance mille fois plus grande que dans les tourments d’une passion non satisfaite. Et cependant il s'agirait ici d’un sacrifice consenti; que serait-ce donc s’il s’a- |
gissait d’un sacrifice imposé ? js “
L'idée d'imposer à une femme oùà un homme le“ L La devoir conjugal est si odieuse, si directement opposée s au sentiment de la pudeur, qu’on a peine à comprendre comment une idée pareille a pu passer dans la législation à une époque de barbarie, comment elle s’y est conservée à une époque de civilisation, et comment on peut hésiter à l’en faire disparaître à cette heure.
Je reprends la citation de M. Léon Richer :
« Soit, dira-t-on, une femme ne doit rien au mari qui la maltraite ou qu’elle n'aime plus; un marine doit rien à la femme qui lui rend la vie commune odieuse ou seulement insupportable ; mais n’y a-t-il pas pour vous, dans certaines circonstances, obliga-
tion morale de supporter les inconvénients d’un mé-
nage mal assorti, pour sauver de l’abandon et de l'isolement les enfants que vous avez mis au jour? Vous êtes père, vous êtes mère, vous devez bien quelque chose au petit être innocent qui tient de vous la vie. Dégagé de toute obligation à l'égard des autres, vous ne l’êtes pas au même degré vis-à-vis de lui. Votre tâche, tâche sacrée! est de l’élever. Ici le devoir est impérieux , il n’admet pas de restrictions. Tant qu'il n’est pas rempli, vous ne vous appartenez pas.
« Voici ma réponse :
« Si les obligations de la parenté sont grandes, ce que je ne nie pas, vous n’avez à vous préoccuper que d’une chose : la manière dont je les remplirai. Pourvu que je ne déserte pas la tâche qui m’incombe, le droit que je possède, et que vous ne pouvez me contester, de disposer de mes affections et de ma personne, reste entier. Il ne faut pas, sous prétexte du droit de l’enfant, annuler le droit du père, fouler aux pieds celui de la mère. Un droit en vaut un autre. Et si l’enant est garanti, la société n’a rien à demander de plus. |
« Nous nous devons à nos enfants, mais nous nous devons aussi à nous-mêmes.
« Sauvegarder ces deux droits, voilà tout le problème. |
« Mais il serait mauvais, il serait immoral que l’un
étouffât l’autre,