‹ Le divorceChapitre 61 sur 151 · Chapitre VI · texte numérisé non relu

Chapitre VI

« Le droit du père est égal au droit du fils ; le droit de la mère vaut celui de la fille.

« Ici, encore une fois, le devoir se confond, s’identifie avec le droit. C’est en se respectant soi-même, en ne prostituant ni son âme, ni son corps, qu’on élève le niveau moral de la famille. »

M. Léon Richer aurait pu ajouter qu’en cette matière les mœurs sont plus puissantes que la loi et que, en rendant la loi libérale, on ne supprime pas les garanties que nous donnent les mœurs, ces dernières s’exagérant au contraire à mesure que les prétendues garanties légales diminuent. 3

Le mariage n’est point une loi coërcitive. Les citoyens ne sont point obligés de se marier et les unions libres ne sont point punies par notre législation lorsqu’elles ne se compliquent pas d’adultère.

Pourquoi se marie-t-on ? pourquoi enchaîne-t-on sa liberté, quand dans la loi rien n’y oblige?

Parce que l'obligation qu’on ne rencontre pas dans

la loi, on la rencontre dans les mœurs.

| Parce que la femme est déconsidérée lorsqu'elle se | donne ouvertement à un homme en dehors du mariage et que nul ne se déconsidère de propos délibéré.

Le jour où vous aurez établi le divorce dans les | conditions les plus larges, vous n'aurez pas supprimé |les mœurs, vous n’aurez pas supprimé l'opinion pu= blique ; ét Comme l'opinion publique frappera d’au-

tant plus les unions légères que la loi les réprimera

moins, vous trouverez là des garanties supérieures à celles que vous perdrez du côté de la loi.

Je dis supérieures et je le prouve, |

De nos jours l’adultère est plus fréquent que les

cms rer sosie ne ne

unions libres entre jeunes gens non mariés. En voici la raison : Qu'un homme non marié fasse la cour à une jeune fille ; celle-ci lui répond : « Épousez-moi ou Roots »

Mais qu’un homme marié fasse la cour à une Jeune fille, ou un jeune homme à une femme mariée ; comme la loi ne permet pas le mariage, si l’amour existe, on se livre l’un à l’autre, un adultère est commis. Dans

ce cas, les enfants qui naissent sont inscrits sous le

nom d’un homme qui n’est pas leur père, ou m'ont

aucune garantie contre l’abandon dans lequel leurs vrais parents peuvent les laisser d’autant plus facilement que, leur liaison étant clandestine, l’opinion publique n’est pas appelée à contrôler leurs actes,

Si le divorce existait, et s’il était très facile à obte-

RIT, l’adultère deviendrait plus rare encore que les ‘ y, unions libres entre gens non mariés ; le nombre des 3 Dr clandestines irait en diminuant et, avec elles,

diminuerait aussi le nombre des enfants que cette clandestinité prive de toute garantie.

Quant à la dernière objection que l’on invoque contre le divorce provoqué par la volonté persistante d’un seul des époux : que le nombre des divorces serait trop considérable ; qu’il était très considérable, en

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