‹ Le divorceChapitre 62 sur 151 · Chapitre VI : nie · texte numérisé non relu

Chapitre VI : nie

effet, sous le régime instituéen 1792, elle ne me touche

pas du tout.

D'abord, il ne m'est point démontré que le divorce :

soit un mal plus grand que la vie en commun de AA

Res ag CA TEA GP RTE néant

qui se haïssent. Je crois, pour ma part, le contraire.

Quelle que soit d’ailleurs l'opinion que l’on professe sur ce point, il est difficile de ne pas voir qu’une loi permettant aux époux de se quitter et de se remarier ne ferait pas naître les situations qu’on redoute, mais se bornerait à les faire apparaître au grand jour, à les enregistrer, et les atténuerait en les régularisant.

De nos jours les séparations judiciaires sont les seules dont la statistique nous permette de connaître le nombre. Pour toutes les autres, il existe un voile qui les couvre et, ne les voyant pas, nous nous ber= cons de l'illusion qu’elles n’existent pas.

Elles existent cependant et, si l’on comprend parmi elles non-seulement les cas où les époux sont complétement séparés, mais à l’amiable, sans l’intervention de la justice, jusqu’à ceux où, tout en habitant la même maison, ils-ont cessé toute relation conjugale et se sont donné, la femme un amant, le mari üne maîtresse, nous ne dépasserons pas la vérité en disant que, pour une séparation légalement constatée, il y a dix séparations, dix divorces qui ne le sont pas.

Où donc serait le mal de faire apparaître cet état de Lu Ne.

choses au grand jour? où serait le mal de le régulari- 1Q

Éa

“VY ser, de le légaliser, pour faire cesser au moiïns ce que

ces situations, aujourd’hui hétéroclites, ont de plus

mauvais : la stérilité, l'abandon des enfants, la charge d’enfants qui n’appartiennent pas au mari auquel ils incombent, l’adultère et la bâtardise ?

Pour moi, Je ne verrais en tout cela que des côtés avantageux et essentiellement moralisateurs. Peu enclin aux procédés de l’autruche, qui, dit-on, se cache la tête sous des pierres pour ne pas voir le danger qui Ja menace, je n’aime pas à m'endormir dans une vaine sécurité; je n'aime pas à voiler la vérité et à me déclarer satisfait parce que je ne vois plus le mal qui nous dévore.

On ne sortira pas de ce dilemme :

Ou cette espèce de papillonne qui pousse les hommes et les femmes à se prendre et à se quitter malgré les lois qui le leur défendent, est le résultat fatal, et sans inconvénients, des erreurs impossibles à éviter dans le mariage, et alors pourquoi donner des inconvénients graves à ce qui n'en aurait pas sans les entraves qu’on y apporte ?

Ou bien cette papillonne est un mal auquel il est urgent de remédier. Et alors il est nécessaire de la laisser s’étaler librement, car c’est seulement lorsqu'on connaîtra l'étendue du mal qu’on comprendra la nécessité d’y porter remède et qu’on trouvera dans l’Opi=«

nion publique, agissant sur l’homme comme elle agit

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