THÉRÈSE, LE JUGE, GUILLAUME
T H É R E s E, ûz/ Ji:ge^ en entrant.
v-«'est à vous. Monsieur, que )'ai recours. Je demande mon fils, au nom de la nature. Au nom du Ciel 1
Guillaume.
Monsieur , je voui conjure De m'écouter !
Thérèse, à Guillaume.
Eh ! vos discours Peuvent-ils balancer les larmes d'une mère î
Guillaume.
Maïs la raison ? . . .
Thérèse.
Qu'est-elle à côté de l'amour ?
G V 1 L L A V M E f au JugC.
Ecoutez la justice !
Thérèse.
Ecoutez ma prière !
( à part. ) ( /laut. ) Je les tiens. Parlez tour à tour.
Guillaume.
J'y consens.
Thérèse.
Pouvez-vons refuser à mes larmes L'Être à qui j'ai donné le jour !
Le fruit de mes amours, l'objet de mes alarmes , L'enfant né dans mes bras, du sein de m.es douleurs , Couvert de mes baisers et baigné de mes pleurs 1 Tout son sang est le mien , et sa via est la mienne. '
Il n'est point de lien par lequel il ne tienne •
Au sein qui le conçut , au sein qui l'a nourri , Au cœur qui l'a toujours si tendrement 'chéri. Cette bouche a reçu sa première caresse. C'est en me respirant qu'il connut la tendresse ; Le premier nom qu'il a prononcé , c'est le mien. Son ame , son esprit , son cœur , tout m'appartient.. .. Il me coûte assez cher! Que sont les droits d'un pi^re , Près d^ soins, des travaux, des douleurs d'une mère ? Mon fils est mon trésor , mon cher fils est mon bien. Dans les bras de sa mère il est inviolable. Oui ! pour nous désunir il fatjt nous déchirer j