LA PRINCESSE, JULIETTE
LA PRINCESSE
Alors, VOUS avez beaucoup de monde, ce soir?
Mais oui., autant qu'on peut en avoir à la campagne... Nous avons d'abord ceux qui sont chez nous, puis quelques amis de Paris, et enfin tous les environs... Mon mari m'a permis d'étendre un peu les invitations, quoique ça le désespère... Mais il sait combien j'aime à recevoir, et...
Et il ne peut rien vous refuser... c'est trop naturel, (confidentiellement.) Ainsî, ça va toujours très bien, n'est-ce pas?
Quoi, chère princesse?
LA PRINCESSE
Mais votre petit ménage?... vous mo permettez de m'y intéresser toujours un peu.
Comment, prince.sse ! mais je serais trop ingrate si je vous refusais ce droit-là... Ce petit ménage n'est-il pas votre ouvrage?... Car, en réalité, c'est vous qui m'avez mariée...
Je n'ai pas à m'en défendre... Mais du reste, ma mignonne, je n'ai fait pour vous que ce que j'aurais voulu qu'on fit pour moi... Je vous ai assortie... je me suis dit : Voilà deux êtres, délicieux tous deux , qui ont été évidemment créés l'un pour l'autre. Eh bien ! mon Dieu, unissons-les. . . et bénissons-les... C'est si rare!... Cependant, malgré mes excellentes intentions, j'aurais pu me tromper... Je crois bien connaître M. d'Epinoy... mais enfin... ces gens si corrects d'apparence... on ne sait jamais au juste ce qu'il y a dedans... et c'est pourquoi je suis ravie de savoir par vous-même qu'il vous rend tout à fait heureuse !
Tout à fait.