‹ Le divorce de Juliette; Charybde & Scylla; Le curé de BourronChapitre 4 sur 21 · LE PRINCE, D'ÉPINOY, DE RHODES, SARTIGNY · texte numérisé non relu

LE PRINCE, D'ÉPINOY, DE RHODES, SARTIGNY

LE PRINCE, s'asseyaiit.

C'est une vraie manie qu'a la princesse de prétendre me faire passer pour un jaloux... moi qui suis... je ne dirai pas indifférent... mais confiant comme un enfant... et même quelquefois ma raison me

reproche de pousser celte confiance à Texcès... Car enfin, entre nous, il faut avouer que de vieux viveurs du boulevard, comme vous et moi... qui connaissent le fonds et le tréfonds des choses, et qui osent se marier, font preuve d'un fameux estomac?

SARTIGXY.

Comment'

DE RHODES

Pourquoi donc ça, mon prince?

LE PRINCE

Voyons, soyons francs, messieurs... Il y a dans le monde des femmes plus ou moins difficiles... ça, c'est sûr... mais en avezvous jamais connu d'impossibles?... En avcz-vous jamais rencontré une seule qui ait résisté à un sièg^e conduit avec applica-

Irt I.K DIVORCE DE JULIETTE.

lion et persévérance?.. Moi, jamaisl.. Vous non plus!

d'épinoy.

Oh! pardon, mon prince !

SARTIGNY.

Un peu absolu, mon prince !

LE PRINCE

Vous non plus, allons!... Eh bien!...

soyons logiques... Quand notre expérience nous démontre aussi clairement qu'il n'existe pas une femme incorruptible, commant pouvons-nous nous figurer que la nôtre le sera?... Je ne dis j)as cela, bien entendu, pour la princesse... qui véritablement est une personne exceptionnelle...

Mais enfin, nous ne pouvons pourtant pas nous flatter d'épouser tous des exceptions!

DE RHODES

Il faut chasser ces idées-là, mon prince.

LE PRINCE

Je les chasse aussi... je n'ai même pas besoin de les chasser. . . car elles ne me viennent pas... ou du moins j'ai besoin d'y réfléchir pour qu'elles me viennent... Il y a plus, je puis dire que personnellement, — c'est même assez curieux! — personnellement, je n'ai été jaloux qu'une fois en ma vie I...

DE RHODES

I]ah ! une fois, mon prince I Comment cela?

LE PRINCE

Oui, une seule fois, et je vais bien vous étonner tous, — c'était de ce brave d'Epinoy que voilà!

D ' É P I N O Y , se récriant .

Non, mon prince?

LE PRINCE

Parfaitement!... C'était quelque temps avant votre mariage... il y a deux ans, — j'ignorais alors vos prétentions à la main de mademoiselle de Cérences, — aujourd'hui votre charmante et chère femme...

J'ignorais que la princesse se fût chargée des négociations... les femmes, vous savez, aiment les mystères, surtout en ces matières... Bref, vos assiduités à cette époque, — vos mines de beau ténébreux... mille circonstances, enfin, commençaient à éveiller mon attention, quand votre mariage vint tout expliquer, mon cher d'Epinoy, à votre grand honneur et à ma grande confusion... Je vous devais cet aveu, cher ami!

(lis ?c serrent la main en riant.) Voilà, COmilie je

VOUS le disais, la seule occasion où j'aie eu Tombre d'une velléité jalouse !

DE RHODES

Pardon, mon prince, mais je me suis pourtant laissé dire que vous aviez tué un homme en duel, il y a trois ans, à Flo-

LE PRINCE, discrètement.

Oui... j^ai eu là une affaire malheureuse!... Borgo Forte, n'est-ce pas? Oui... pauvre garçon ! mais il n'était nullement question de jalousie!... il s'agissait de tout autre chose... Un malentendu... une querelle de cercle! J'en suis aux regrets, (se levant.) Eh bien! messieurs, si nous allions voir danser ces dames?

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d'épinoy.

Je vous accompagne, prince... j'ai aussi mes devoirs là-bas.

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