DÉTERMINATION DE NAPOLÉON EN FAVEUR DU MARIAGE AUTRICHIEN
Le 21 janvier 1810, Napoléon, résolu à terminer ouvertement la question de son mariage avec une princesse de sang royal, assemblait un conseil composé des principaux personnages de l'Empire. L'architrésorier Lebrun et le président du Sénat Garnier, consultés sur l'alliance la plus Ëivorable aux intérêts français, opinèrent pour la Saxe ; Talleyrand, Fontanes, Champagny et le prince Eugène^ pour l'Autriche; Murât et Gambacérès, pour la Russie. C'était un conseil d'apparat, car, depuis les avances de Metternich et de Schwarzenberg, on connaissait le choix de Napoléon. Le mariage autrichien avait réuni le plus grand nombre de voix, parce qu'on savait qu'il flattait davantage la vanité de l'Empereur. La plus vieille maison de l'Europe après la maison de France donnait une de ses princesses, nièce de Marie-Antoinette, au
représentant attitré de la Révolution ^ Ce mariage pouvait être envisagé comme un acte politique d'une immense porté'e, puisqu'il effaçait d'un trait les souvenirs révolutionnaires les plus déplorables. Au fond, INapoléon ne satisfoisait qu'une chose : son orgueil, et l'Autriche n'obéissait qu'à un mobile : la crainte de son vainqueur. Il ne pouvait y avoir réellement d'union intime entre Napoléon et François II. Le représentant des Habsbourg n'avait oublié ni les batailles perdues, ni les traités humiliants, et son cœur n'avait pour la France que haine et jalousie.
Le traité de Vienne, ratifié par François II le 19 octobre 1809, avait été désastreux, car il enlevait à l'Autriche sa situation de puissance de premier ordre. Elle cédait : à la France pour être réunis à la Bavière, le pays de Salzbourg et de Berchtesgaden, toute la haute Autriche avec Braunau; à l'Italie, Goritz, la Carniole, la haute Garinthie, la partie orientale de la Croatie avec Trieste et Fiume ; au roi de Saxe, les enclaves dépendantes de la Bohème et situées dans son royaume, la Galicie occidentale et le cercle deZamosc^ et au Tzar la partie la plus orientale de l'ancienne Galicie.
> C'était à la date du 21 janvier qu'on avait voté une alliance de famille avec T Autriche. Il n'est pas impossible d'admettre que Napoléon ait choisi à dessein cette date pour se décider officiellement.
Enfin l'Autriche s'était engayée à réduire de moitié son armée, h abolir la landwehr, à ne faire aucun rassemblement de troupes et aucune fortification de nature à inquiéter la France, à n'entretenir aucun corps dans la Styrie et au delà du Semmering, à renvoyer les émigrés français et à payer quatre-vingt-cinq millions d'indemnité de guerre*.
François II cachait ses sentiments de tristesse sous un air de satisfaction affectée. S'il s'inclinait, comme son ministre Metternich, devant la puissance de l'empereur des Français, c'est parce qu'il avait le secret espoir de venger tôt ou tard les affronts et les revers. Napoléon, qui déclarait que son trône, « le plus élevé de l'Europe, avait été l'objet de l'ambition de toutes les maisons régnantes » , était heureux de montrer au monde que la puissance si souvent vaincue par lui abais-
> De plus, Napoléon avait fait, après son (]é{)art, sauter les remparts de Vienne. Et cependant certains Autrichiens avaient cru à de plus dures exigences. « L'idée de la paix, d'une paix quelconque, me fait frémir, observait Genlz le 16 septembre iS09; mais Tidée de la destruction Hnale de cette monarchie — événement qui peut se réaliser en moins de deux mois, qui nous enlèverait la totalité de l'avenir après lequel la résurrection même deviendrait impossible, — voilà ce qui me bouleverse^ me déchire^ m'anéantit. • Une fois la paix signée, Gentz écrit le i'' novembre 1809 : « Je vous certifie, en pleine connaissance de cause, que ce qui a été sauvé dans cet orage m'étonne bien plus ^ue ce que nous y avons perdu. » (Cité par Helfert, Marie-Louise.) Mais il convient d'ajouter que tous les Autrichiens ne partageaient pas l'avis de Gentz, et entre autres les personnesde la Cour.
sait sa fierté légendaire jusqu'à solliciter humblement l'alliance française. Il croyait pouvoir dire que cet acte politique « donnerait un motif incontestable à la confiance, et serait le gage d'une paix durable» . Un avenir prochain allait lui révéler son erreur^. L'Autriche avait compté rentrer en' possession de ses provinces perdues; cette espérance devait être trompée. Aussi s'arrangea-t-elle de façon à comploter avec les adversaires de Napoléon et à le trahir au jour de la défaite. Il était d'ailleurs facile de s'entendre avec les diverses puissances. La Russie ne pardonnait pas à l'Empereur la menace du rétablissement du royaume de Pologne; ritahe, la prise de la Toscane, des Légations et des États romains; la Prusse, son écrasement ; l'Espagne, une guerre injuste. L'Angleterre demeurait Tennemie irréconciliable. Donc, en ce moment, la coalition n'était tout simplement que retardée*.
L'impératrice douairière de Russie, Marie de Wurtemberg, mère d'Alexandre, s'était donné la
* Voir sur les pressenliments de Cambacércs et de Lebrun les détails très complets et très exacts donnés par M. Thier3(liv.XXXVIl, tome XI du Consulat et de l'Empire). — Voir aussi la conversation de Cambncérès et de Pasquier, citée par le comte d'Haussonville. i^UÉylise romaine et le premier Empire,)
* Voir pour le détail des négociations qui amenèrent le traité de Vienne et le mariage franco-autrichien, les tomes IV et V de V Histoire des cabinet de V Europe (1810-1815), par Lefebvre de Béhaine (1869, Amyot).
secrète satisfaction de pousser son fils à tergiverser avec Napoléon et à froisser son amour-propre. En vain Caulaincourt avait-il pressé le cabinet de Pétersbourg et le Tzar lui-même ; il n'avait obtenu que des réponses vagues. La question préliminaire à vider était toujours celle du royaume de Pologne. L'ambassadeur français, persuadé que son maître tenait avant tout à Talliance russe, crut pouvoir signer un projet de traité portant en substance que le royaume de Pologne ne serait jamais rétabli. Napoléon fut mécontent de cette concession par trop absolue. Il fit répondre qu'il y substituait un contre-projet qui contenait l'engagement de ne favoriser aucune entreprise tendant à rétablir le royaume de Pologne. Cette réponse irrita le Tzar, et tout espoir d'alliance fut désormais perdu. Cinq mois de négociations avaient été employés inutilement '.
Metternich était fier de lui-même. « Il est ivre de joie, disait Gentz. Voyant à quel point la grande
* Le 31 décembre 1809, Napoléon, agacé de l'insistaDce du chancelier RomanzofF, écrivait directement au Tzar : « Pourqnoi revenir sur des affaires que ma lettre de Vienne a terminées? J'ai déclaré à la face de TEuropo mes sentiments non seulement sur le duché de Varsovie, mais même sur la Valachie et la Moldavie. Après tout cela, je ne sais plus ce que Ton veut ; je ne puis détruire des chimères et combattre des nuages. Je laisse Votre Majesté juge qui est le plus dans le langage de Talliance et de Tamitié, d*£lle ou de moi. Commencer à se défier^ c*est avoir déjà oublié Erfurt et Tilsitt... »
nouvelle réussit, il ne craint pas d'attribuer à son art et à son mérite la totalité de cet événement, peut-être même ce qui est du au hasard ou à des causes étrangères à notre Cour. » Sa politique allait triompher. Du jour où il avait eu le pressentiment du divorce de Napoléon , il avait pensé, comme je Tai démontré, à en faire profiter son gouvernement et son pays. Il savait qu'un parti à Paris s'emploierait en faveur de cette idée. « C'est celui^ avait-il écrit à Schwarzenberg, qui depuis longteoips vise à mettre des bornes aux bouleversements de l'Europe. » Metternich indiquait ainsi Talleyrand, qui affectait, depuis un certain temps, de s'opposer plus ou moins directement aux vues ambitieuses de Napoléon ^
Il s'était passé à la fin de Tannée 1809 des incidents fort curieux que M. de Metternich relate dans ses Mémoires et qu'il convient de placer ici, en faisant à cet égard les réserves nécessaires. Napoléon avait reçu à sa cour la comtesse de Metternich et lui avait témoigné ouvertement sa satisfaction de la revoir. Il lui parla en termes aimables de son mari : t< M. de Metternich, lui dit-il, a la première *place de la monarchie. Il connaît bien ce pays-ci; il pourra lui être utile. » Que se cachait-il sous cette phrase? Le voici. Le lendemain
* Nous verrons dans un rapport ultérieur de Laborde à Met- y ternich les services que rendit alors M. de Talleyrand.
de l'audience impériale, madame d'Audenarde vint prier madame de Metternich de se rendre à la Malmaison auprès de l'impératrice Joséphine.
Madame de Metternich y alla — c'était le 2 janvier 1810 — et rencontra dans les salons le prince Eugène. Celui-ci, la prenant à part, lui dit: «Vous savez que nous sommes tous Autrichiens dans l'âme; mais vous ne devineriez jamais que ma mère a eu le courage de conseiller à l'Empereur de demander votre archiduchesse! » Sur cet aveu, Joséphine entra et, après une causerie intime qui portait sur les derniers événements, elle ajouta : u J'ai un projet qui m'occupe exclusivement et dont la réussite seule me fait espérer que le sacrifice que je viens de faire ne sera pas de pure perle; c'est que l'Empereur épouse votre archiduchesse. Je lui en ai parlé hier, et il m'a dit que son choix n'était point encore fixé, mais je crois qu'il le serait, s'il était sûr d'être accepté par vous^, » Madame de Metternich fit quelques objections pour la forme. Il pouvait paraître pénible à une archiduchesse de venir s'établir en France. Mais Joséphine, stylée par Napoléon, répondit nettement : « Il
1 Ce dernier membre de phrase semble avoir été ajouté par M. de Metternich. On en a pour preuve les conBdences faites par Schwarzenberg à Laborde et les aveux de Metternich laimême. N'a-t-il pas écrit dans ses Mémoires qu'en apprenant les vues de Napoléon sur Marie-Louise, il avait cru u être le jouet d*un rêve » !
faut faire envisagera votre empereur que sa ruine et celle de son pays est certaine, s'il n'y consent pas, et que c'est peut-être aussi le seul moyen d'empêcher l'Empereur de faire un schisme avec le Saint-Siège. ' » Ces arguments firent impression sur l'esprit de la comtesse. La re'sistance de l'Autriche n'était d'ailleurs pas difficile à vaincre. Metternich, qui aime les scènes mystérieuses et piquantes, a raconté que Napoléon, dans un bal masqué donné par Cambacérès, aurait, sous un domino, pris le bras de madame de M etternich et, la conduisant dans un petit salon secret, lui aurait demandé lui-même si François II consentirait à son mariage avec Marie-Louise. Et la fière comtesse, refusant de répondre à cette question, lui aurait indiqué le prince de Schwarzenberg comme étant le seul capable de consulter a cet égard la cour impériale et d'en obtenir réponse*. Quoiqu'il en soit de cette anecdote, les ouvertures faites à sa femme par Joséphine enchantèrent Metternich. Il lui écrivait, six jours après la décision du conseil impérial qui avait voté l'alliance autrichienne : « C'est avec un
* « — Je fis une grande faute après Wagram, disait l'Empereur en 1816, celle de ne pas abattre TAutriche davantage. Elle demeurait trop forte pour notre sûreté. C'est elle qui nous a perdus. » Napoléon avait eu un moment la pensée de séparer les trois couronnes d'Autriche, de Hongrie et de Bohême. {Mé» moriaL)
^ Madame de Metternich fut plus explicite avec le comte A. de
intérêt bien vif que j'ai lu les renseignements que renferme votre dernière lettre sur l'entrevue que vous avez eue avec Tlmpëratrice. Cette princesse a fait, dans les derniers temps, preuve d'une force de caractère qui doit bien augmenter les sentiments de vénération que lui ont voués la France et l'Europe entière. » Du moment où Joséphine appuyait elle-même le mariage de Napoléon avec Marie- Louise, elle passait pour vénérable aux yeux de Metternich. Je ne conteste certainement pas le dévouement et le courage de Joséphine, mais je suis contraint de reconnaître qu'ici Metternich force un peu la note, emporté qu'il est par sa reconnaissance. Abordant aussitôt la question spéciale, le diplomate autrichien conseille à sa femme de répondre sans détour à la preuve de confiance qui lui a été donnée : « Je regarde cette affaire, dit-il, comme la plus grande qui puisse dans ce moment occuper l'Europe. Je vois dans le choix que fera l'empereur Napoléon la possibilité du gage d'un ordre de choses non moins conforme aux intérêts généraux de tant de peuples qui, après des secousses aussi affreuses et aussi multipliées, aspirent à la paix, qu'aux intérêts particuliers de ce prince. » Il lui rappelle qu aussitôt le divorce prononcé, il a tourné ses regards vers l'archiduchesse Mafie-
Laborde. Quant à Schwarzenberg, il y avait longtemps qu*il était ■ au courant des choses.
Louise et qu'il a consulté l'Empereui: son maître ^ François II lui avait répondu comme un souverain sans préjugés, droit et loyal.- Aussi Metternich ajoute-t-il avec satisfaction : « J'ai entrevu dès ce moment la possibilité de m'abandonner avec confiance à mes calculs. Deux obstacles devaient toutefois s'offrir à ma pensée : le premier, le plus insurmontable, celui de la religion, semble ne plus exister'. » Quant au second obstacle^ le refus possible de l'archiduchesse, il faisait cette observation : u I^os princesses sont peu habituées à choisir leurs époux d'après les affections du cœur, et le respect que porte à la volonté d'un père une enfant aussi bonne et aussi bien élevée que l'archiduchesse, me fait espérer de ne pas rencontrer d'obstacles auprès d'elle. »
A cetteméme époque, Marie-Louise, qui avaitété évidemment pressentie, écrivait à son ancienne maî-
' Dans une conversation aveç^^i^-ilfiJSL^rbojane, gouverneur de Trieste, que j'ai rapportée plus haut, M. de Metfernich prononça le nom de Marie-Louise, et dit en propres termes : • Cette idée est de moi seul. Je n*ai point sondé les intentions de lEmpercur a cet égard; maïs outre que je suis certain qu'elles seraient favorables, cet événement aurait tellement l'approbation de tout ce qui possède ici quelque fortune et quelque nom, que je ne le mets pas un moment en doute, et que je le regarderais comme un véritable bonheur pour mon pays, et une gloire pour /'epoque de mon ministère, » (Voir Wertheimer, Archiv fur ôsterreichische Geschichte; 1882, Vd Band,)
* L'OfHcialité venait d'annuler le mariage religieux contracté par Napoléon et Joséphine la veille da sacre (voy. p.
tresse, la comtesse de Colloredo : « Depuis le divorce de Napoléon, j'ouvre chaque gazette de Francfort dans l'idée d'y trouver la nomination de la nouvelle épouse, et j'avoue que ce retard me cause des inquiétudes volontaires. Je remets mon sort entre les mains de la divine Providence. Elle seule sait ce qui peut nous rendre heureux. Mais si le malheur le voulait, je suis prête h sacrifier mon bonheur particulier au bien de l'État, persuadée que l'on ne trouve la vraie félicité que dans l'accomplissement de ses devoirs, même au préjudice de ses inclinations. Je ne veux plus y penser, mais, s'il le faut, ma résolution est bien prise, quoique ce serait un double et bien pénible sacrifice. Priez pour que cela ne soit pas* ! » On lui avait fait une telle peur de Thomme qui avait infligé de si fréquentes défaites aux Autrichiens, que, le 8 juillet 1809, elle avait écrità la comtesse de Colloredo: « J'ai déjà eu plusieurs fois envie de croire que nous approchons de la fin du monde, et que celui qui nous opprime est l'Antéchrist. » Mais elle revient sur cette impression. Dès la fin de cette même année, qui avait été signalée par l'entrée
^ Lettres intimes de Marie-Louise^ Vienne, Ch. Gerold fils, 1887, in-8^.^ — Le duc de Modène avait eu un instant i*espoîr d*épouser Marie-Louise. Il en voulut longtemps à Metternich d'avoir détruit cet espoir. (Voir ia Jeunesse de Charles-Albert, par M. Costa de Bcauregard. — Librairie Pion, 1888.]
des Français à Vienne, on lui avait fait comprendre à quelle destinée elle était probablement réservée. « Je voisKoczloch, écrivait-elle le 10 janvier 1810, parler sur la séparation de Napoléon et de son épouse. Je crois même entendre qu'il me nomme pour celle qui la remplacera, mais dans cela il se trompe, car Napoléon a trop peur efun refus et trop envie de nous faire encore du mal pour faire une pareille demande, et papa est trop bon pour me contraindre sur un point d'une telle importance. » Encore une fois, François II n'avait pas besoin de recourir à la contrainte, parce qu'il savait toute la déférence de sa fille pour le moindre de ses désirs. Celte dernière lettre prouve qu'au moment où Metternich faisait tant le mystérieux auprès de Schwarzenberg, on ne se gênait ni à Vienne ni à Buda-Pesth pour parler du mariage de Marie- Louise avec Napoléon comme d'une chose faite. Le 23 janvier, l'archiduchesse confirmait ellemême ces bruits : « Je sais, disait-elle, que l'on me marie déjà à Vienne avec le grand Napoléon. J'espère que cela en restera aux discours... Je forme des contre-vœux afin qu'il ne s'exécute pas, et si cela devait se faire, je crois que je serais la seule qui ne s'en réjouirait pas "... »
< Lettres intimes. — Trois mois après, le 24 avril 1810, elle écrivait à mademoiselle de Pontet : « Je vous suis bien sincèrement reconnaissante pour les vœux que vous me faites dans votre
Metternich comptait s'en réjouir, et avec lui tous ceux qui avaient tremble pour la ruine de l'Autriche. Il écrivait h Schwarzenberg, dans la lettre mentionnée plus haut, que Sa Majesté Impériale ne ferait point de difficultés de faire servir son auguste fille de gage à des relations qui assureraient le repos et la prospérité de la monarchie autrichienne. Il le priait de révéler à l'occasion les véritables intentions de François II, toutes généreuses et loyales. « Nous croyons, déclarait -il avec une certaine solennité, par une attitude aussi correcte, nous établir de nouveaux droits à l'estime de l'empereur des Français. Elle doit nous servir même dans la supposition où ce prince contracterait d'autres nœuds. Le reproche, si souvent mis en avant, d'une prévention particulière que nourriraient notre auguste maître et son cabinet contre le souverain de la France, ne peut assurément que tomber dans le néant après des preuves »ussi évidentes ^.. » Comme s'il n'était pas manifeste que le désir ardent de l'Autriche de voir Napoléon sollettre du 26 mars à l'occasion de mon mariage. Le Ciel les a exaucés. Puissiez^vous jouir bieiitôt d*un bonheur pareil a celui que f éprouve! »
' Des preuves de soumission, TAutriche ne demandait qu*à en fournir. Au premier Consul elle avait déjà accordé l'expulsion des émigrés a près l'exécution du duc d'Enghien, et au nouvel empereur, le 28 thermidor an XII, l'incinération de la lettre de Louis XV III qui protestait contre l'établissement du régime impérial* (Voir aux pièces justificatives.)
liciter la main d'une archiduchesse n'indiquait pas avant tout la crainte d'une aUiance f'ranco*russe dirigée contre elle I Est-ce que Napoléon ignorait l'état de la puissance qu'il avait si complètement vaincue? Est-ce qu'il ne prévoyait pas l'acceptation immédiate de sa demande, alors qu'il fallait à François II et à son ministre une détermination énergique pour sauver ce qui restait de la puissance autrichienne a serrée comme dans un étau ' »? Le temps et la dissimulation étaient indispensables aux Autrichiens pour se relever de leur déchéance. Ils surent en user, comme ils l'avaient déjà fait plusieurs fois dans le cours de leur histoire.
1 Mémoires de Metternich.