LE MARIAGE PAR PROCURATION A VIENNE
Les calculs de MetterDich s'étaient réalisés. Après la décision du conseil impérial rendue le 2 1 janvier, des ouvertures définitives furent faites auprès de Schwarzenberg, qui en référa aussitôt à sa cour. Le 7 février, le ministre des alfaires étrangères Ghampagny informait officiellement notre ambassadeur à Vienne de la demande en mariage et de l'envoi de Berthier, prince de Neufchâtel, comme ambassadeur extraordinaire de Sa Majesté. Celui-ci devait quitter Paris le 22 février, parvenir le 28 à Vienne, présenter la demande le 29 et faire procéder au mariage par procuration le 4 mars. L'archiduchesse Marie-Louise achèverait le carnaval à Vienne et partirait le 7, jour des Cendres. Elle arriverait le 26 à Paris. Pour légitimer le choix du prince de Neufchâtel, Champagny rappelait que le duc de Lerme avait épousé Anne d'Autriche au nom de Louis XIII, et don Louis de Haro la prin-
cesse d'Espagne au nom de Louis XIV. « Le prince de Neufchâtel, disait le ministre, est d'un rang bien supérieur à celui de ministre, et l'amitié dont l'honore TEmpereur, le pbce presque k côté des princes du sang impérial. D'ailleurs, l'âge a paru à Sa Majesté une considération très importante ^ » Berthier avait alors quarante-sept ans. Grâce à l'affection que lui portait Napoléon, il était parvenu à une très haute fortune. Fils d'un ingénieur géographe, il avait choisi la carrière militaire et servi en Amérique sous Rochambeau et Lafayette. En 1789, major général delà garde nationale de Versailles, il eut l'occasion de rendre d'importants services à la famille royale; il lui témoigna un zèle qu'elle sut apprécier. En 1791, il protégea le départ de Mesdames, tantes du Roi. Ces souvenirs furent au nombre des motifs qui déterminèrent l'Empereur à l'envoyer à Vienne. Berthier s'était distingué à l'armée d'ItaUe comme chef d'état-major. Depuis, ses qualités militaires, ses connaissances et son activité le maintinrent à un poste élevé. Dans toutes les campagnes, il avait conservé le titre de major général de la grande armée. Le choix de cet ambassadeur fut ratifié par la cour de Vienne.
Or, au lendemain de cette lettre, le 7 février,
^ Ârchivesdeg Affaires étrangères. Correspondance de Vienne, f^386.
Cliampa^^ny était tombé d'accord avec Schwarzenberg sur le contrat de mariage. Les deux premiers articles de ce contrat étaient ainsi conçus :