NOMS ET FILIATIONS
Grandes liaisons catholiques Ages en 1807.
Autriche (cath.) Marie-Louise, arch., fille de
l'Empereur 16 ans.
— Marie-Locisb-Béat. , areh.,
nièce de TEmpereur 20 ans.
Saxe(cat}i.) Marie- Ai'GDSTe, fille du Roi. 2^ ans 7 mois.
MARIE-AuÊLlE-FBéD.-AUGUSTE,
nièce du Roi 13 ans 8 mois.
' Déjà, lors de Tenlèvement du duc dEnjhien, l'Autriche n'avait pas répondu à la lettre oïl Louis XVIII protestait contre cette mesure inique. Bien plus, elle accorda à la France Texpulsion des émigrés qui habitaient ses États, et François II crut pouvoir dire à M. de Champagny, qui lui avait demandé des preuves d'intérêt en faveur du premier Consul, ainsi qu'une réponse de nature à satisfaire ses exigences : « Ouiy « oui, et si vous nêtes pas content de mes ministres, adressez-vous à moi. « Je les Jerai aller /... «Quant à M. de Ghampagny, il ne craignit pas d'écrire à Talleyrand que « l'arrestation de Georges légitimait parfaitement celle du prince d'Enghien». 11 accepta ensuite l'exécution sans protester, a\ec le même calme ei la même indifférence ap[)arente que les ministres autrichiens. François II lui fit même la grâce, quelques jours après, de lai promettre de servir de parrain à l'enfant qu'il attendait.
(Archives des Affaires étrangères. — Correspondance de Vienne.)
Bavière (caih.) Charlotte-Augustr, fille du
Koi 15 ans 10 mois.
Espagne (catli.) Marie-Isabelle, infante, fille
du Boi 18 ans 6 mois.
Hesse-Bothenbourç LiopoLDiNE-CLOTiLnE, fille da
(cath. ) landgrave. . 20 ans 3 mois.
Portugal (cath .) Marie-Thèrèsr, fille du prince
régent 14 ans 8 mois.
Maisons qui ne sont point catholiques
Bussie (relig. grecff.) Catherine - Paulowna , sœur
de l'Empereur 19 ans 7 mois.
— Ankb - Paulow.na , sœur de
TEmpereur 12 ans 11 mois.
Saxe-Meinlngen Amklie - Adèlaïdf. - Thérèse ,
(luth.) sœur du duc 15 ans 4 mois.
Saxe- Hildeburghau- Thé « .-Charl. -LomsE-FRiD. -
sen (luth.) Auêlir, fille du duc 15 ans G mois.
Saxe-Cobourg (luth.) Sophie- Ebédéuique-Carol. -
Louise, fille du duc 2.1 ans 4 mois
Saze>Weimar (luth.) Cabilisb-Louise, fille du duc 21 ans 6 mois. Anhalt-Dessau (Egl. Amélie - Auguste , fille du
réfi)rmée) priuce 14 ans 4 mois.
Danemark (luth.) Garol'Ke, petite-fille du Boi. 14 ans 3 mois.
JuLiE-SoPHiK, nièce du priuce
hërjéditaire. 19 ans 10 mois.
Louise-Charlotte 18 ans 9 mois.
a La liste des autres maisons souveraines marche à peine avec les grands seigneurs de France *. »
* (Archives nationales.) Ce tableau, dressé en 1807, indique qu'à cette époque l'idée de divorcer était chose irrévocable pour l'Empereur.
Une pièce sur le divorce en 1809,
J'ai cité dans la Censure sous le /••• Empire la curieuse anecdote suivante :
« Vers le milieu de Tannée 1809, l'Empereur s'était décidé à faire pressentir à Joséphine son prochain divorce et cherchait par quelques distractions à faire trêve à sa douleur. Il prévint un jour le prince de Neufchâtel qu'il irait avec l'Impératrice chasser à Groshois, et il le pria de faire succédera Ja chasse une comédie.
tt Le prince eut l'idée d'appeler à son château la troupe des Variétés, qui s'eng^agea à jouer Cadet- Roussel maître de déclamation^ pièce de l'écrivain Aude, alors fort eu vogue.
a Avant la représentation, Napoléon, ayant remarqué les préoccupations de Joséphine et une sorte de malaise général, dit jovialement :
« — J'entends qu'on s'amuse. Je ne veux ni gêne ni étiquette. Nous ne sommes pas ici aux Tuileries.
«Quelle ne fut pas la stupéfaction des auditeurs, lorsque Gadet-Rousscl vint, au début de la pièce, se plaindre Je n'avoir pas d'héritier!
« — Il est douloureux pour un homme tel que moi, disait l'acteur Bru net, de n'avoir personne à qui transmettre l'héritage de sa gloire. Décidément, je vais divorcer pour épouser une jeune femme avec laquelle j'aurai des enfants I...
a La plupart des autres scènes roulaient sur cette malencontreuse idée. L'embarras était général, l'Impératrice et l'Empereur ne savaient comment cacher, l'un
son irritation, Taiilre sa tristesse. Pour surcroît de malheur, le prince de Neufchâtel, ne voyant pas ce qui se passait et fidèle à la consi(jne de Napoléon, poussait de temps à autre de (jros rires qui indignaient Joséphine.
u Enfin, ce spectacle si pénible pour tous se termina, et l'Empereur prit le prince à part :
« — Depuis quand joue-t-on cette pièce? lui dit-il.
« — Depuis un an, Sire.
a — Et elle a eu du succès?
u — Un immense succès.
u — C'est fâcheux. Si j'en avais eu connaissance, je l'aurais interdite.
u II semble que MM. les censeurs prennent à lâche de ne faire que des bêlises^ »
DOUAIRE ET RANG D£ L'IMP£i\AIRICE JOSÉPHINE (1809).
Pièces provenant des Arcliives nationales
Le 15 décembre 1809, Cambacérès écrivit à M. le comte Regnaud de Saint-Jean d'Ançely une lettre par laquelle il l'appelait ainsi auprès de lui :
K Je viens de recevoir, Monsieur le comte, des lettres closes del'Empereur, dans lesquelles S. M. me donne des
1 En avril 1810, après le niariag[e de Napoléon et de Marie-Loaise, on joua Britannicus devant tonte la cour à Gompiègne. Les passages où il est question du divorce jetèrent un grand froid dans l'auguste assem^ blée. (Voir Lettres de madame de Rémusat, t. II.)
ordres relativement aux fonctions qui me sont attribuées parles statuts de famille du 30 mars 1806. En votre qualité de secrétaire de l'État, vous devez concourir aux actes que j'aurai adresser et m'assister lorsque je les recevrai. Je vous prie à cet effet de vouloir bien vous rendre auprès de moi aujourd'hui vendredi, salle du Conseil, à une heure et demie après midi.
« Je vous renouvelle, Monsieur le comte, etc.
« Cambacérâs. n
tt Nous avons assuré et assurons par les présentes à l'impératrice Joséphine, à titre de supplément de douaire, une somme annuelle d'un million sur le trésor de notre Couronne.
u Nous entendons que ladite somme annuelle d'un
million soit acquittée par (service des ) à dater
du...
« Nous entendons «également que, conformément à Tarticle IV du sénatus-consulte du..., les dispositions ci-dessus soient obi ig^atoires pour nos successeurs.
tt Lesdites dispositions seront notifiées à l'intendant (j[énéral et au trésorier général de notre couronne.
« Napoléon, etc., etc. »
a Nous faisons donation, par les présentes, à l'impératrice Joséphine du palais de l'Elysée, ses jardins et dépendances, avec le mobilier qui y existe actuellement.
« Nous entendons qu'elle en jouisse sa vie durant et qu'après elle ledit palais, appartements et dépendances, rentre dans notre domaine privé.
« Nous entendons é(];aleinent que, conformément à Tarticle IV du sénatus-consulte du...
la présente donation soit obligatoire pour nos successeurs.
«c Les dispositions ci-dessus seront notifiées au grand maréchal de notre palais et à l'intendant général de notre Couronne.
« Napoléon, etc., etc. »
« Vu nos statuts du 29 mars 1809, pour l'organisation des maisons impériales,
« Nous avons nommé et nommons l'impératrice Joséphine prolectrice de Tlnstitut des maisons impériales.
ce Napoléon, u
Rapport du comte Regnaud de Saint- Jean d^Angely à C Empereur et Roi^ sur le rang de L'impératrice Joséphine,
u Sire,
a J'ai fait de longues recherches aux Archives des relations extérieures. Elles ne m'ont procuré aucun renseignement sur îe rang des reines douairières.
« J'ai trouvé seulement que Marie de Médicis, assistant au lit de justice où la majorité de Louis XIV fut déclarée, occupa la première place. Mais cela ne fournit aucune induction pour les cas ordinaires : I<^ parce qu'elle assistait au lit de justice comme régente; ^ parce qu'il n'y avait pas alors de reine régnante.
M Je suis allé aux Archives nationales et je n'ai rien
trouvé non plua sur cette matière, si ce n'est dans un cahier intitulé : Rèyle des rangs et des cérémonies.
« L'art. 42 porte : « Les reines douairières doivent précéder les reines régnantes, n
M Ce cahier est sans date, mais l'écriture est la même que celle des manuscrits des Conseils de la Régence sous le duc d'Orléans pendant la minorité de Louis XV, que j'ai vus tous écrits ou recopiés de la même main.
« Nul intérêt, à cette époque, ne pouvait influer sur la rédaction de cet article.
« Je mettrai au reste le manuscrit môme sous les yeux de Votre Majesté.
a Non que je veuille en conclure que la disposilioa qu'il contient doive faire règle, malgré l'exemple de la Russie où elle est observée en ce moment. Mais uniquement pour faire remarquer à Votre Majesté que les exemples étant divers, les décisions différentes selon les époques, les usages variés selon les royaumes, c'est à Votre Majesté elle-mêjue à décider.
« Elle a assigné le rang de l'impératrice Joséphine à la cour après l'Impératrice régnante.
u La conséquence serait de la placer de même dans l'Almanach impérial.
« J'attendrai les ordres de Votre Majesté.
« L'Almanach impérial est prêt et paraîtra aussi tôt que l'épreuve aura été envoyée, rédigée d'après les intentions de Votre Majesté.
« Je suis, avec un profond respect. Sire,
u De Votre Majesté, etc.
ttL£ COMTE ReGNAUD DE SaINT-JeAN d'ÀNGELY. »
Vient ensuite une note sur le rang que doit occuper
J*iinpératrice Joséphine depuis la dissolution de son maria[je.
a ...Jeanne, femme de F.ouis XII, dans un monastère. La reine Mar(]^uerite de Y ilois assiste au sacre de Marie de Médicis le 13 mai J610, avec le rang supérieur aux princesses du sanç, n'ayant au-dessus d'elle que le Dauphin et %a. sœur. »
Suit le cahier conlenant la Règle des rangs et céiémonies et formant seize pages grand format. (AF^^ 1220.)