‹ Le divorce et la séparation de corps [microforme]Chapitre 19 sur 63 · LE DIVORCE EN CANADA · texte numérisé non relu

LE DIVORCE EN CANADA

Ce fléau n'ose pas encore s'abattre sur nos foyers canadiens, mais il est à nos portes, 11 attend avec impatience l'heure d'entrer.

Bruxer—ZLa famille et ses traditions.

58. La colonie de la Nouvelle France fut établie à une époque où la législation française, catholique dans ses principes, refusait d'admettre le divorce et proclamait hautement l'indissolubilité Au mariage.

La Coutume de Paris, introduite en Canada, n’admettait que la séparation de corps.

Mais quoique la loi permit ce relàchement du lien conjugal, il semble que les premiers habitants du pays,

n'aient pas eu recours à ce remède bien souvent.

Dans les trois volumes des Ædils et Ordonnances Yon ne trouve qu'un seul cas de séparation de corps. Angélique Girout, femme de Vincent Rodrigue, obtint un jugement de cette nature, le 28 février 1710. L'action est basée sur les sévices et les mauvais traitements du mari envers sa femme (1).

Il n’est fait aucune mention de séparations de corps dans les deux premiers volumes des Jugements et Délibérations du Conseil Souverain de la Nouvelle-France.

Jene veux pas dire que les mœurs étaient tellement pures et que les époux étaient tous si chastes et si unis, que l’on n’eut pas besoin de recourir à ce mode. Je constate simplement le fait. Il y eut, comme partout ailleurs, au commencement de la colonie et sous le régime français des unions mal assorties, des maris et des femmes infidèles. Mais le nombre en fut comparativement restreint, et les

mœurs dans la colonie, furent généralement irréprochables. | Cependant en parcourant les Edits el Ordonnances, ainsi que les Jugements et Délibérations du Conseil Souverain de la Nouvelle-France, on peut voir que, si les mœurs étaient chastes en Canada à cette époque, il y avait de malheu-

reuses exceptions (2).

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