‹ Le divorce et la séparation de corps [microforme]Chapitre 24 sur 63 · RUE ALL · texte numérisé non relu

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“ peuples ont compris que le lien matrimonial est indisso- “ luble et pour prouver que les peuples qui, après avoir “admis cette vérité sont venus à la fouler aux pieds, ne “ l'ont point fait en vain, et ont vu crouler tout l'édifice de “ Jeur union sociale dont l'élément principal et premier est “ ]a famille.”

Après avoir exposé les effets désastreux du divorce dans l'ancienne Rome, et en France, il conclut que les lois qui admettent ce principe sont un encouragement à tous les désordres, Ces désordres ne sont «bord que de simples causes de dissolution du mariage, 11:is lorsque le principe du divorce est admis, ils deviennent, entre lesmains d'époux irrités, les moyens pour rompre leur union.

“ Les avocats de cette mesure, s'écria-til en terminant, “ s'autorisent de l'opinion publique. L'opinion publique “ demande qu'on adopte ce principe, disent-ils. Je ne crois “ pas que la majorité des pères, des mères, des époux, des “ épouses et des enfants du Canada demande une loi qui “ est une menace contre la paix et l'honneur de leurs foyers, “ mais si ce qu'on appelle l’opinion publique était, par mal- “ heur, en faveur de cette mesure; eh bien ! il faudrait ré- “ sister à l'opinion publique, et suivre la loi du devoir et de “la conscience. Ce qu'on veut appeler ici l'opinion “ publique n’est que le cri de quelques individus, dont les “ caprices sont les seules lois, et qui érigent en principes “ leurs faiblesses et leurs misères ” (1).

Plusieurs autres membres de la Chambre prononcèrent à cette occasion un exposé des vrais principes sur la matière. Nous ” vons citer surtout l'honorable T. D. McGee, M. Bureau et M. Langevin, depuis Sir Hector Langevin. Ce dernier prouva que le bill de divorce est mauvais en lui-

(1) Courrier du Cgnada, 4 avril 1859.

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même ; mauvais au point de vue religieux, et mauvais au point de vue social.

La presse catholique s’émut. Le Courrier du Canada qui venait de passer des mains de M. Aubry sous la direction de M. Joseph Charles Taché, revendiqua avec habilité Les droit de la famille en danger. Le Journal de Québec, La Minerve, L'Ordre, Le Canadien et le True Witness firent une exposition claire des vrais principes qui régissent la famille, On reprocha aux ministres bas-canadiens de ne pas se prononcer, autrement que par leurs votes silencieux, sur une question de cette importance.

L'amendement Cimon fut pe:iu par un vote de 89 contre 66. Lorsque le bill revint pour la seconde lecture, il fut sur le point d’échouer. Quarante députés se prononcèrent contre le bill, tandis que quarante-un seulement l’'appuyèrent.

Enfin ce malheureux projet passa par toutes les phases ordinaires. Il fut réservé le 4 mai, par le Gouverneur, pour la signification du bon plaisir de Sa Majesté. La nouvelle loi fut sanctionnée le 29 juillet, et proclamée dans le cours du mois d'août 1859.

Depuis cette époque, dix-neuf bills semblables ont été accordés en différents temps par le Parlement, mais les

demandes de divorces ont été plus nombreuses.

Nous croyons qu'il est utile d’'énumérer iciles différentes demandes présentées au Parlement à cette fin depuis la Confédération, ainsi que le sort réservé à chacune d'elles. Nous mentionnerons ensuite, dans un second tableau, les cas où le divorce a été accordé, indiquant les causes jugées suffisantes, s'il a été exigé un procès préalable ; et enfin la

province d’où la demande tire son origine,

de BEL

Ces tableaux nous semblent utiles pour étudier l’histoire du développement du divorce en Canada.

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