‹ Le dix-huitième siècle en AngleterreChapitre 14 sur 61 · VIII · texte numérisé non relu

VIII

Le CIiap£ti*e des Citation s.

La citation ou quolation est perle Jiiie qui esuiaille agréablement et merveilleusement un discours. ( Belleforest.)

Ces gens-là , voyez-vous , mon cher , ne ressemblent à

rien. Us sont possédés d'un corlain génie extravagant et baroque, plein de formes , de figures, d'idées, de lubies, de caprices, de craintes, d'espérances, de changements, de mouvcnicnls , de révolutions, de conlradictions. Leur fantaisie reçoit, leur cerveau bouillonne, l'occasion sert d'accoucheuse. C'est un drôle de cadeau que Dieu leur a fait là; mais quand il est complet cl bien \ivant, il vaut sou prix, sur mon honneur.

(SliAKSPEARE , Love' s laboiir (osl.)

Mes amis, soyez libres ; usez de votre liberté ! — Et, je vous en supplie, permeltez-moi de faire voltiger la mienne selon mon beau et noble plaisir.

(Massinger.)

J'use de la charte que nature m'a donnée : charte libre comme l'air, changeante comme le vent... la folie !

(SliAKSPEARE.)

Tel condamne mon coq-à-I'âne qui en justifiera le bon

sens. (FURETliiRE.)

Rien assurément ne me pourra faii-e despartir de ma fantaisie préméditée. (Taboureau sieur Desaccords.)

Ces honnestes jeux d'esprit, nommez-les bouffonneries , si vous voulez. (Pasquier.)

Prenez garde à ce que vous allez dire. — C'est une chose pleine de niaiseries contagieuses. On ne peut la contempler^ cette œuvre folle , sans avoir envie d'être fou. — Si vous la placez dans votre poche, elle y mettra le feu et vos culottes brûleront ! — Prenez garde I — Il ne faut pas

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ouvrir ces sortes de livres quand on est seul, ils montent à la tèfe ; — ni à minuit, — l'heure où le prestige agit le plus violemment, — ni quand on a bu du vin de Champagne; — c'est bien plus dangereux encore. (Eachard.)

Ne me rejetez pas dédaigneusement, ô mes amis, à cause de mon costume bariolé , de mes grelots et de ma barette.

(G. WITIIER.)

Gens qui ne savent ni régler ni contrôler leurs spéciales humeurs. (Agrippa d'Aubigné.)

Vous en direz ce que vous voudrez. C'est un catalogue de pochades^ barbouillages et zig-zags, de fautes, de folies, de bOtisos, de barbaries, d'impromptus, de singeries; une rapsodie de lambeaux pris à toutes les maisons de fous, un amas de débris empruntes h toutes les tables ; — joujoux, bibus, bagatelles, clinquant, haillons, peudelocques , morceaux de marbre et d'or , — le tout jeté confusément et sans choix, sans art, sans invention, sans esprit, sons jugement ; — un chaos bizarre, grossier, absurde, fantastique, inutile, indigeste, incohérent, impertinent, bouffon; sans but , sans moralité , sans raison et sans sel. — Oh ! je confesse tout cela. — Et que m'iniporte? — Presque tous ces défauts sont volontaires. — C'est indigne d'être lu. — Je le veux bien. — Ne perds donc pas ton temps à me lire, mon pauvre ami. — Lirais -je ces lignes, moi, si tu les avais faites? — Tout ce que je peux affirmer, c'est que j'écris de l'histoire , que toutes ces misères sont vraies , et que j'ai mes belles et bonnes autorités qui le prouvent ! (BuRTON, Anatomie de la Mélancolie.)

Il prit donc envie à Saturne , vieux barbon au flambeau

rouge, qui court dans le ciel avor doux couronnes d'argcnt, il lui prit envie de Unir le discours sui\anl à la petite planète la Terre , qui continuait tristement son tour, sui\ie de sa fennne de chambre la lune : — Tu n'es qu'un vùsèrable compose de caprices et de niaiseries ; tu 7ie sais pas même marcher droit , comme le proiive assez la précision de tes éqninoxes. Va, misérable maison boiteuse, tu es le Bcdlam de rtaiivcrs. »

(Jean-Paul-Fiiédéric Richter.)

Si cela vous ennuie , fermez le livre. (Coûter.)

Imaginez , s'il vous plaît , que vous entrez dans le palais du prince de Palagonia , Sicilien , dont j'ai visité les propriétés à Palerme. Cette Altesse n'a pas d'autre bonheur que de tout bouleverser. Dès que vous mettez le pied dans ses domaines, vous voyez commencer le règne de la folie. 11 a déj)ensé des millions pour créer une sculpture , une architecture , des jardins sans exemple. Tout est contraire à la raison dans son palais. Fontaines sans eau, statues sans lète, cours sans issues, avenues se terminant par des allées souterraines , bâtiments en demi - cercles qui se croisent , qui se cachent , qui s'interrompent sans se correspondr jamais; monuments dilapidés par la volonté du n)aître; grands arbres plantés sur les toits et qui y meurent faute d'aliment; ici, un édifice peuplé de vases ; là un édifice occupé par des singes de pierre ; ailleurs, un groupe d'éléphans ((ui jouent de la llùte ; plus loin , un hippopotame une guitare à la main ; un polichinelle de quinze pieds, au centre d'un bassin sans eau, Achille et Thétys jouant aux carlis avec Arlequin ; un Atlas colossal portant un tonneau au lieu d'un c^iobe; wwq perspective infmie de monstres

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inconnus, à trois lèles, sans tOte, chimôrcs que le cauchemar invente; idoles plus ridicules et plus affreuses que le monstre d'Horace; à l'intérieur, des chaises et des fauteuils aux pieds inégaux ; des tabourets dont le siège est garni de clous aigus; des chambres exclusivement occupées par des cadres sans tableaux, d'autres par des têtes de statues superposées ; un cirque de quarante pieds entouré de marbres magnifiques, sculptés comme des pièces d'échecs; — tel est le palais ridicule du prince de Palagonie. — Tel est aussi l'édifice que je vous ouvre, le lieu où je vous introduis , panthéon de toutes les idées bizarres qui peuvent naître dans notre pia mater et se traduire en actions. Ce que le prince n'a pu exécuter qu'en pierre ou en marbre , je vous le donne , moi , sous forme humaine et vivante.

(Gœthe.)

Riez et pleurez ! (LordBYROX.)

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