‹ Le dix-huitième siècle galant et libertinChapitre 11 sur 33 · COMPTES DES PROFITS ET DES PERTES · texte numérisé non relu

COMPTES DES PROFITS ET DES PERTES

DE MM. DE Sarsine, Vergennes et de Son Excellence LE docteur Franklin associés

Gain Livres Perte

Rapporté 2.700.000

part des prises faites par le Sturdy Beggard, Capitaine Ephraim Adams 60.000.

Consignation

Une cargaison de tabac

par V Olivier Cromwell,

capitaine Jean Lee

Du goudron et de la résine par les Tiva Brolhero.

Livres

Rapporté 937.000

Le tiers d'une cargaison

consignée à Boston dans

VInvincible, pris par le

Lizard k Cutter 40.000

Partages de poudre à canon pris par le Thames 20.000

7 3mes jg marchandises sèches dans le Vulcain jette à la côte par la Venus 50.000

capitaine Salomon Horve 80.000

Partages des Rio venus des deux Garolines par le True Briton Gap. Sabot,

Par le Lively, Ca Lbenizer Darby.

Par \eSprighily, GaCaleh Gusbing.

rsivldiMiladi Washington, /lOO.OOO

Ga. Mafeo Handcock.

Rapporté. 3.9Zio.000

S 16 mes de Pelleterie dans VOlier coulé à fond par \q Beauer 23.000

Une cargaison d'allumettes de Salpêtre et de soufre dans le General Lee pris par Hazard

Billets protestés retournés par leLand of promise.

Rapporté 1.117,000

PLAN EBAUGHÉ DE LAGAMPAGNE PROGHAINE

Jersey. Un coup de main. La milice prendra certainement la fuite. Le gouverneur ne viendra que quand il n'y aura plus rien à faire. Nous sommes sûrs du succès. Quelle gazette pour nos amis à Jersey en Amérique.

Invasion de l'Irlande. Les Habitans sont presque tous papistes, mais, malheureusement pour nous, ils jouissent à présent des mêmes privilèges que les protestans. Gependant nos amis dans l'opposition, nous promettent qu'ils feront l'impossible poar les porter à se révolter.

n LE DIX-HUITIÈME SIÈCLE GALANT ET LIBERTIN

Un de ces messieurs s'est môme engagé à y employer leurs prêtres, particulièrement le père. 11 faut apprendre aux Irlandais à se comparer aux Américains. Le Congrès pourrait se tenir à Dublin. Le chevalier Newnham en seroit le Président. Ecrivons pour ordonner deux ou trois harangues patriotiques au parlement d'Angleterre, afin d'exciter l'armée irlandoise à la révolte. Plût au ciel que le peuple en France pût oublier le nom de Thurot. Ce qu'il y a de pire c'est que les Irlandois sont des étourdis, et quoiqu'ils nous invitent à leur faire visite, il ne seroit pas étonnant qu'ils nous prissent pour des ennemis aussitôt que nous serons chez eux; il seroit même bien possible que leur étourderie leur fit préférer la sûreté et l'honneur de l'Angleterre à l'amitié désintéressée de la France. Pendant l'été une descente à Southampton et à Brighthelmstone dans la saison des bains, fera quelqu'éclat, et nos jeu-nes officiers seront charmés de donner l'assaut aux salles à danser et à entrer dans les baignoires l'épée à la main.

Quant à une grande flotte, les marchands murmureront si nous ne leur prouvons, par quelque parade, que nous avons leurs intérêts à cœur ; quoique tout le mal soit déjà fait, les corsaires anglais leur ayant déjà enlevé plus de douze millions sterlings de marchandises. D'ailleurs quand même nous pourrions équiper une grande flotte, d'Orvilliers dédaigne de rester dans la Manche ; car l'été dernier, après sa victoire (comme il l'appelle) il crût l'Océan Atlantique trop borné pour sa propre gloire et pour l'ambition de son Maître. Néanmoins tout

se passe dans cette Manche Britannique, comme ces insulaires ont l'effronterie de l'appeler.

Il faut avoir soin de mettre des garnisons tout le long des côtes. Car, aussitôt que Jersey sera pris, les Anglais useront certainement de représailles. Ce n'est pas qu'ils aiment à s'approcher de trop près de nos côtes, mais il est bon de nous tenir sur nos gardes car rien ne nous rendroit si ridicules aux yeux de toute l'Europe que si un ou deux de leurs vaisseaux viennent sous nos forts brûler ou prendre les nôtres.

Si d'Estaing bat Byron, nous l'enverrons chercher pour mettre le feu à Portsmouth ; personne étant plus digne de finir ce que Monsieur Jean le Peintre a commencé que d'Estaing môme.

Nous sommes très embarrassés de savoir quels Forts nous devons attaquer. Le Château de Douvre est imprenable. — Tussnel y commande! Il seroit dangereux d'attaquer Scilly. — Egerton nous y attend de pied ferme et bien préparé ! — Nous pourrions assez aisément nous rendre maîtres de Tilburg mais l'accès en est difficile. Plusieurs personnes conseillent d'attaquer les Cinq-Ports parce que le Lord North en est le Gouverneur, et on dit qu'il est sujet à s'endormir dans son poste; il dort, il est vrai, mais je crains bien que ce soit le repos du lion, qui ne s'éveille que pour écraser ses ennemis. — Le Fort William peut être aisément réduit, car M. Bighy, notre grand ennemi, dit que le Général et Gouverneur Burgoyne ne peut prendre les armes qu'eu faveur du Congrès. Après tout, je crois

que la Tour fera notre fait, si nos vaisseaux peuvent y aborder pendant la nuit; car le Général Coruwallis sera aussi long et prendra d'aussi grands détours pour répondre aux questions du Général Ilowe que ce Général en a pris pour arriver à Philadelphie, et ainsi il n'aura pas le temps de penser à nous. Si une fois nous nous rendons maîtres de la Tour, nous pourrons aisément chasser les Bourgeois hors de Londres, en lâchant contre eux les lions et les Tigres de la ménagerie, pendant que nous nous amuserons dans la chambre aux joyaux, et dans celle où l'on bat la monnoye et le plaisir de piller l'Arsenal sera d'autant plus grand, que c'est là que celte nation vaine conserve une si grande quantité de dépouilles, comme un témoignage de leur ancienne gloire, et de nos étranges défaites. Voilà pour TEurope. Quant à l'Amérique.

[Hiatus valde destendus.)

(Cette Ebauche d'une Alliance avec l'Amérique

Méridionale est un des libelles de Lauraguais. Il ne

s'imagine pas que nous avons sérieusement discuté ce

sujet dans le Cabinet.)

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