‹ Le dix-huitième siècle galant et libertinChapitre 5 sur 33 · DOIT · texte numérisé non relu

DOIT

Pour un carosse à six chevaux pour me traîner à l'audience, y compris deux délégués.

Item,

Au Président et au Congrès qui à mon entrée se sont tous levés.

Item,

Pour avoir écouté mon François et l'avoir fait traduire.

Item,

Pour la harangue du Président, et sa révérence ridicule après l'avoir prononcée.

Item.

Pour vingt sept révérences gauches reçues de tems et autre dudit Président, de la dite vermine.

Item,

Pour m'avoir placé dans un fauteuil vis-à-vis du Président.

Item,

Pour s'être tous enivrés en l'honneur de l'Alliance.

Avoir.

Permis à un d'eux de s'asseoir auprès de moi sur le même siège.

Une révérence de mcm secrétaire et de moi.

Écouté leur mauvais Anglois.

Permis à mon secrétaii'e d'en tirer copie.

Une de ma part et vingt six de la part de mon Secrétaire.

Consenti à dîner avec eux après l'audience.

Nous consentîmes mon Secrétaire et moi à être sôuls de leur vin et de leur compagnie.

A Monsieur de Sartine, etc.

Londres, 3 février 79.

Monsieur,

J'aurois eu l'honneur de vous donner plus tôt de mes nouvelles, si retenu par la crainte d'être découvert écrivant par la poste, je n'eusse été forcé d'attendre une voix plus sûre. J'y étois d'autant plus porté, qu'il me tardoit de vous remercier de ce que vous avez bien voulu me permettre de tirer par avance sur vous pour la somme de deux cents louis.

Quelques jours après vous avoir écrit, j'allai dîner chez Lord Shelburne. M. de Plossac, ami intime du docteur Price ce célèbre calculateur, lui avoit parlé de moi si favorablement, que le docteur avoit conseillé à ce Seisfneur de m'attirer chez lui. C'étoit le 30 du mois de janvier ; fête pour tout bon républicain ! On nous annonça; et nous fûmes immédiatement introduits dans la bibliothèque. — Nous y trouvâmes ce Seigneur avec tous ceux de son parti; c'est-à-dire, M. le Colonel Baré et M. l'Avocat Dunning. Ces trois politiques étoient assez singulièrement occupés. — Ils recevoient du docteur Priestly une leçon d'électricité, mais qui visoit toujours à la politique. Ils s'en tinrent d'abord à des expériences de pure curiosité, dont l'une me parut assez singulière. — Ils placèrent l'orateur Dunning, petit homme fort gros, sur un escabeau à pieds de verre ; de sorte qu'il me rappelle la réception du docteur Laft dans le Diable boiteux, comédie de feu M. Foot. Je

demandai, s'il alloit haranguer ; lorsque Lord Sheîburne, fort obligoamment, me fit signe de lui toucher le nez du bout du doigt. Je le fis, et, à mon grand déplaisir, il en sortit des étincelles. D'abord je soupçonnai que la machine étoit construite dans l'intention d'illuminer la physionomie; mais ils me dirent que ce n'étoit qu'un divertissement avant l'opération qu'ils alloient commencer — il descendit de l'escabeau, et on lui mit autour du cou un fil d'archal, pour conduire 1-e feu électrique au travers de sa gorge, car l'orateur a la voix bien rauque, et le docteur Priestley le flattoit qu'en peu d'années ses opérations, souvent réitérées, pourroient peut-être dissiper le flegme, et lui rendre la voix. Cette politique physique achevée, M. le colonel Barré prit la parole — homme d'esprit, mais fort bruyant ! — A l'entendre, on diroit qu'il n'est personne qu'il ne connoisse en France, et même dans tous les quartiers du monde connu. J'avoue, que, lorsqu'il me dit qu'il vous connoissoit particulièrement, je fus étonné que vous ne m'en eussiez rien dit. Le Colonel a la voix tout à fait montée aux tons de l'opposition, une basse taille, capable d'exprimer les doutes et les craintes d'un patriote ; et une cadence semblable aux éclats du tonnerre, fort propre à menacer un ministre. — Ces deux orateurs sont les seuls à qui Lord Sheîburne fait part de ses conseils, et de ses espérances ; et ce n'est pas à tort. Car l'un a la réputation d'être le meilleur des avocats dans une mauvaise cause ; et l'autre passe pour le plus grand conteur de l'univers ^ — On ne voit ni la désunion ni la

jalousie régner dans ce parti; et comment cela se pourroit-il ? assurément c'est un article de foi entr'eux, que trois personnes en fait de politique ne sont qu'un. Cependant quelques amis subalternes ne seroient pas de trop, car ils ressemblent assez, à présent, à trois amiraux, qui n'auroient point de vaisseaux sous leurs ordres. Mais ils ont de fierté pour s'unir à aucun parti, soit ministres, soit opposition. — Ce Seigneur, il est vrai, est une espèce de ministre par anticipation ; et il ne se passe point de jour qu'il ne fasse la répétition du rôle qu'il s'imagine jouer enfin, — chez lui, tout se fait par étiquette. Il reçoit sa compagnie ordinaire avec tout l'appareil d'un grand lever. — Là, chacun à son tour suivant les rangs, il proportionne ses sourires, et a des formules des complimens dilîérens ; affectant, dans la conversation, de se mettre à la portée de ceux qui l'écoutent. Autant que j'en puis juger, il a la manie de vouloir passer pour le Mécène de l'Angleterre. Il voudroit qu'on crût que ce n'est que par lui que les beaux arts existent. — Quelqu'un invente-t-il une nouvelle espèce de ratière ? c'est le mortifier que de ne pas le croire le patron d'un artiste si utile. — Sa conversation, dont la politique est toujours le sujet, est un mélange des sentimens et des dictons de ses deux amis, et de ses deux philosophes. De sorte qu'on peut fort bien le comparer à une Encyclopédie parlante, où les difféiens sujets sont traités par différens professeurs. L'art militaire, et la connoissance du monde, par le colonel Barré; toutes les ruses et les distinctions subtiles de la loi, par

l'Avocat Dunning; la philosophie et le scepticisme par le docteur Priestley ; et les paradoxes politiques, par mon ami le docteur Price. Ce mélange sans être original, ne laisse pas d'être frappant. On admire le tableau qui représente un si bel ensemble : car quoique les arbres soient d'un peintre, le biHail d'un autre, et les figures d'un troisième, néanmoins le dessein en est grand et la combinaison de ces beautés éparses est curieuse et splendide.

Myiord lui-même s'adonne principalement à l'étude des finances. — Il a toutes sortes de listes de toutes sortes de choses. — Il a eu la bonté de me dire en confidence, qu'il avoit découvert mille nouveaux sujets pour mille nouvelles taxes et qu'il ne doutoit nullement que la nation Angloise ne lui en sçut bon gré, si jamais il entre dans le ministère, — Aussi est-il si attentif à ces calculs, qu'il y pense en tous tems et en tous lieux ; il assura dernièrement la Chambre des Pairs, dans un débat touchant l'Amérique, qu'il se promenoit tous les jours à cheval dans Hide Park, pour faire le calcul précis du nombre proportionné des chevaux qui sont en Angleterre, par le nombre de ceux qui sont dans la pr0vince de Middlesez, afin d'imposer une taxe générale sur les selles et sur les brides.

C'est à votre pénétration ordinaire, que je laisse le soin de déterminer, quels services ce parti peut rendre aux ministres de France, en décriant ceux d'Angleterre. Pour moi, je puis plus aisément deviner, par leur conduite présente, ce qu'ils feroient pour vous

servir, s'ils étoient eux-mêmes à la tête du ministère. J'espère pouvoir vous donner bientôt une esquisse du Parti de Rockingham.

J'ai l'honneur d'être, Monsieur,

Votre très humble, etc.

A Momsieur de Sariine.

Versailles, mars 22, 1778.

Dimanche au soir.

Mon cher ami,

Je viens du lever de la reine, il a été d'une longueur épouvantable, et vos ambassadeurs d'Amérique y ont eu leur audience. En voilà plus qu'il n'en falloit pour me donner mal à la tête et me dispenser de vous écrire. Mais je n'ignore pas qu'il vous tarde de savoir si on l(;s a trouvé à son goût, ou au moins passables. Tout bien considéré, là là ! Mais à qui en avez-vous l'obligation? C'est bien à la comtesse Jules de Polignac, et à moi. Nous avons eu, je vous assure, bien de la peine à persuader à la reine de les endurer. Malheureusement Mlle Bertin avoit été admise le matin chez la reine ; et vous savez combien la guerre avec les Anglais est peu propice aux intérêts des marchandes de modes. Elle avoit donc tellement tourné ces ambassadeurs en ridicule, que, quand ils sont entrés, Sa Mjijesté a eu toutes les peines du monde à s'empêcher de rire. Je n'en suis point étonnée. En vérité, mon cher ami, ils étaient maussadement mis ; et, chose singulière, il n'y en avait

aucun qui eut l'air distingué. Nous avons eu beau lui vanter la simplicité de leurs mœurs, leur mépris pour toutes sortes de formalités ! Ma foi (a dit la reine), il faut avouer que ce n'est que de la canaille ! Mais, lui ai-je dit, examinez le chapeau blanc du docteur Franklin, c'est l'emblème de l'innocence ; et ses lunettes, a dit la comtesse, celui de l'économie (un des verres étoit cassé). Assurément, a dit Sa Majesté, ce docteur Franklin est fort singulier en toutes choses. Nous avons ri de cette saillie, et la reine a repris sa bonne humeur. Le duc de Goigny, qui étoit alors présent, l'a assurée que ce octeur, tout singulier qu'il étoit avec son chapeau blanc et ses lunettes borgnes, avoit trouvé le secret de mettre des éclairs en bouteilles ; et qu'il pouvoit en les débouchant, causer autant de maux que Pandore en ouvrant la boëte, ou les compagnons d'Ulisse, en déliant leurs outres. Ce qui nous a bien fait rire, car nous n'y comprenions rien. — Enfin nous avons assez bien ménagé les choses jusqu'à présent. Mais, de grâce, mon ami, envoyez des maîtres à danser et des tailleurs François à ces ambassadeurs barbares, et surtout engagez Son Excellence le docteur à faire raccommoder ses lunettes.

Adieu.

LAxMBALLE.

A Monsieur de Sartine.

Londres 15 février 1778.

Monsieur, Je suis tous les jours de plus en plus convaincu de la

difficulté qu'il y a à découvrir des secrets qui en vallent la peine. Vous l'aviez bien prévu puisque vous m'indicâtes les personnes qui pouvoient m'être les plus utiles dans mon ambassade secrette. A la tête de votre liste se trouvoit M. Le Texier. Je me rendis à son hôtel dans Marker-Lane, et voici quel fut le résultat de mon audience. D'abord il m'assura que sa patrie lui étoit encore chère ; mais qu'à présent il étoit obligé de faire un peu de trêve à son amour pour elle, parce que, pour obtenir l'administration de l'Opéra, il avoit été forcé de promettre par serment à ses protecteurs de ne jamais rien dire ou écrire touchant la politique. Je lui représentait que cela ne pouvoit avoir lieu qu'en public, mais que nous pourrions fort aisément avoir des conférences nocturnes. Ah ! Monsieur, s'écria-t-il, qu'il vous souvienne de Beaumarchais et de Déon ! nos rendez-vous ne serviroient qu'à renouveller l'idée de l'accouplement des espions, et on ne manqueroit pas de se demander, lequel des deux est le mâle? Il continua à m'assurer qu'il étoit attaché à sa patrie et à M. de Sartine ; et après avoir rêvé quelque tems, je crois, me dit-il, avoir trouvé un moyen tout à fait nouveau, et plus curieux que les Iliérogliphes et le jus de citron, pour communiquer mes secrets sans compromettre en rien la promesse que j'ai faite. Gomment? lui dis-je, comment? par la manière d'ajuster ma chevelure. D'ajuster sa chevelure me direz-vous ? Oui, et nous avons si bien concerté le plan de nos signaux, que je puis à présent, à i'aide d'une lorgnette, interpréter, môme à l'autre bout

26 LE DIX HUITIÈME SlKCI^E GALANT ET LIBERTIN

de la salle de l'Opéra, toutes ses pensées en matières po'itiqiiiîs, par l'arrangement et le nombre de ses boucles. Par exemple, quand il y aura apparence que les actions doivent hausser ou baisser, ses boucles seront placées au dessus ou au dessous de ses oreilles, qui, à cette distance, seront pour moi comme une espèce de baromètre ou d'échelle graduée pour m'instruire des changements qui doivent arriver dans les fonds publics. Je déterminerai de la même manière par la grosseur ou la petitesse des boucles, si les ministres seront rigides ou flexibles envers les Américains ; et s'il en augmente ou diminue le nombre, alors je découvrirai si les factions doivent devenir plus ou moins nombreuses ; affaire très importante pour nous pendant la séance du Parlement ! J'aurois souhaité, je l'avoue, qu'il eût renchéri sur cette idée, et qu'il eût destiné les différentes côtes de sa tête à exprimer ses remarques sur les parties opposés en politique. Le droit exemple, pour le ministère, et le gauche pour l'opposition ; les boucles d^n côté pour les Whigs, et celles de l'autre pour les Toris et comparer par ce moyen les oui et les non par la différente proportion des boucles des deux côtés. C'est trop exiger de moi, me dit-il, fut-il même possible de faire approuver à Mme Hublard un pareil paradoxe en fait de frisure, la nouveauté seule suffîroit pour causer des soupçons, et me faire découvrir. A cela près il a promis d'être fort exact dans ce qu'il me communiquera. Il a en conséquence fait un secrétaire de son valet de chambre, afin qu'il dessine sur les cheveux ce

qui se passe dans sa tête. Vous voyez donc, Monsieur, quelle difficulté il y a à tirer quelques secrets de ses meilleurs amis même, et de quelles distinctions délicates dépendent mes découvertes. Je ne laisserai pas cependant de m'en prévaloir autant qu'il me sera possible afin d'obéir" à vos ordres. J'ai l'honneur d'être,

Monsieur, Votre très humble, etc

Liste de titres frappants. Pour des brochures à composer, et des traductions à publier, le tout en notre faveur. S.) :

Porte-feuille de M. Voltaire^ communiqué par son légataire. Bien des blasphèmes, et encore plus de paradoxes, pour amuser les Américains.

La Noblesse commerçante, 12« édition, revue et corrigée, à l'usage des Ministres de sa Majesté, par M. Terray (capitaine de vaisseau au service de S. M.) et par M. Beaumarchais.

L'Harmonie du despotisme et de Vanarchie^ dédiée à l'auteur du Sens commun^ poëme écrit pour célébrer l'alliance entre Sa Majesté et le Congrès.

Pensées libres sur la Bastille. Une réfutation par avance de toutes les brochures de nos ennemis.

Dialogue aux Enfers, entre LnUij et d'Estaing. Il faut faire composer cette brochure tout de suite, mais il ne Tant pas encore la i)ubh'('r; car d'Estaing peut encoie échapper, si TAuiiral Byron a du goût pour les illuminations.

La tête leur tourne. Éloge des deux frères, les Howos.

Choix de la Reine entre Pallas et Vénus. En imitation du choix d'Hercule. Une ode, parce que ces merveilles exigent du sublime.

Mentor et Télémaque, ou une bride pour le Poulain. Flatterie pour le vieux Maurepas et Sa Majesté.

Je m'en lave les mains. Excuse pour moi-même.

Traduction des brochures angloisës. Recueil des harangues imprimées et des brochures prononcées au Parlement par M. Burke. Traduites littéralement.

Lettre de M. Hartley à ses constiluans à Bull. Les solicismes et l'orthographe un peu corrigés.

Ces libelles périodiques sous le nom TheEnglishman, mais qu'on pourroit à plus juste titre appeler Le François.

Enfin tout ce qui se trouve chez le sieur Almon, depuis la démission du Duc de Graston en exceptant toujours les lettres de Junius.

A Monsieur de Sartine

Mardi matin à onze heures un quart.

Mon cher Sartine,

Que ferai-je de l'incluse ? Il ne se passe pas de semaine que je ne reçoive deux ou trois lettres de cet homme-là. Ce qu'il dit est bien vrai ; et je crois que nous devrions faire quelque chose pour lui, ou au moins le lui promettre. J'espère que votre mal de tête est

passé. La duchesse me charge de vous dire que vous

n'en guérirez jamais si vous persistez à écouter les

radoteries du vieux Maurepas. Il lui semble qu'on est

assez puni d'-étre tibligé d'écouter le Roi. Si vous

n'avez rien de mieux à faire après l'Opéra, venez

souper avec nous.

De Chartres.

P. S. — Vous êtes bien bon de vous informer de la santé de notre petit Valois. Ce n'étoit qu'un rhume. Sa mère voulut absolument le mener voir les illuminations.

(Incluse). Toulon, à bord du Royal Louis. 14 sep. 1778.

A Monseigneur,

Monseigneur le Duc de Chartres, Monseigneur,

Je ne suis point du tout étonné que la multitude et l'embarras des affaires importantes qui occupent sans cesse votre Altesse, vous en fassent oublier une d'aussi peu de conséquence que l'est l'intérêt d'un simple individu. Mais permettez-moi de vous faire observer qu'au moment même que la victoire du 27 du mois de juillet est le sujet des applaudissements du public, il y va de l'honneur de la nation de récompenser les conseils que j'ai présumé de donner, et qui ont eu une si heureuse réussite. Sans mon avis, l'équipement de cette Flotte qui vous a acquis une si grande réputation aurait été retardé fort longtemps, ou peut-être

absolument empêché. Je supplie votre Altesse de se ressouvenir que ce fut à ma persuasion seulement qu on mit des copies de l'Ordre du mouillage de Brefi à bord des vaisseaux qui furent pris par les Anglois. Je prévis bien qu'ils s'y laisseroient tromper et qu'ils en seroient allarmés. L'événement a surpassé de beaucoup mon attente. La Flotte Anglaise rentra dans ses ports, et la nôtre fût équipée sans aucun empêchement. J'ose me flatter que votre Altesse voudra bien se charger de mon avancement, et me fournir par ce moyen les occasions de signaler mon zèle dans les combats comme je l'ai fait dans les conseils. J'ai l'honneur d'être avec le plus profond respect. Monseigneur,

Votre très humble et très obéissant Jean, Jacques, Charles, Louis Gasconnade

Garde Marine.

A Monsieur de Sarline.

Lundi au soir, 6 heures et demie.

Hélas, mon cher Sartine, l'émeute et nos espérances se sont évanouies tout à la fois. Soit que les grands accès ne durent guère, ou que la dépense, qu'on a faite pour les illuminations, ait eu le même effet qu'une saignée dans la fièvre, cette Keppelerie a tout à fait cessé. Plus de régal bourgeois en l'honneur de l'innocence.— Plus de pierres et de chandelles; plus d'Aldermans à cocardes bleus ; plus de Bourgeoises avec des

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jarretières à la Keppel. — Il a refusé le commandement

de la Flotte, et sa popularité a baissé avec son pavillon.

C'est ainsi qu'a fini cette étrange farce, où l'on a vu le

principal acteur avoir du succès et être blâmé ; remercié

du Parlement et oublié par le peuple. — C'était un

projet bien concerté, et qui promettait beaucoup. Il

faudra faire jouer quelque autre machine, pour créer

dans la nation cette désunion, qui nous a été d'une grande

ressource.

Je suis très sincèrement,

Votre, etc. Franklin.

P. -S. — Cette mauvaise nouvelle m'a tant attristé, que je ne saurois aller souper chez vous ce soir. Ayez la bonté d'en faire mes excuses à Mme de Sartine. Si je me trouve mieux demain j'irai manger votre souper. {Pasquinade trouvée aux Tuileries écrite, selon les apparences, par le Marquis de Loiivois. J'ai conseillé à d'Orvilliers, de lui faire sa cour plus que jamais.)

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