CAff^nH. Mauvaise humeur
3. D'un cerla'tn œil. En philosophe, sans être abusé par des changements tout superficiels.
■4. Polis. Le mot se disait de la culture intellectuelle et morale.
Montaigne. — Et pourquoi donc n'y aurait-il pas des siècles plus vertueux, d'autres plus méchants ?
SocRATi':. — Ce n'est pas une conséquence. Les habits changent; mais ce n'est pas à dire que la figure des corps change aussi. La politesse^ ou la grossièreté, la science ou l'ignorance, le plus ou le moins d'une certaine naïveté, le génie sérieux ou badin, ce ne sont là que les dehors de l'homme, et tout cela change ; mais le cœur ne change point, et tout l'homme est dans le cœur. On est ignorant dans un siècle, mais la mode d'être savant peut venir ; on est intéressé, mais la mode d'être désintéressé ne viendra point. Sur ce nombre prodigieux d'hommes assez déraisonnables qui naissent en cent ans, la nature en a peut-être deux ou trois douzaines de raisonnables, qu'il faut qu'elle répande par toute la terre ; el vous jugez bien qu'ils ne se trouvent jamais nulle part en assez grande quantité pour y faire une mode de vertu et de droiture.
Montaigne. — Cette distribution d'hommes raisonnables se fait-elle également? Il pourrait bien y avoir des siècles mieux partagés les uns que les autres.
SocRATE. — Tout au plus il y aurait quelque inégalité imperceptible. L'ordre général de la nature a l'air bien constant. •
{Dialogues des Morts anciens ; dialogue III.)
PRÉAMBULE d'uN COURS d'aSTRONO.MIE
Nous allâmes un soir, après souper, nous promener dans le parc ; il faisait un frais délicieux, qui nous récompensait d'une journée fort chaude que nous avions essuyée. La lune était levée il y avait peut-être une heure, et ses rayons, qui ne venaient à nous qu'entre les branches des arbres, faisaient un agréable mélange d'un blanc fort vif avec tout ce vert qui paraissait noir. Il n'y avait pas un nuage qui dérobât ou qui obscurcît la moindre étoile ; elles étaient toutes d'un or pur et éclatant, et qui était, encore relevé par le fond bleu où