‹ Le Dix-huitième siècle par les textes, morceaux choisisChapitre 123 sur 340 · Davanlage. Cf. p. 40, n. 2. dit l'arbre yéimihiyique · texte numérisé non relu

Davanlage. Cf. p. 40, n. 2. dit l'arbre yéimihiyique

3. Avant que d'eiifrer. Cf. p. 2i, n. 1. 5. Avant que de. Cf. p. 24, n. 1.

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OU borné au commerce de ses contemporains, tel que nous l'avons principalement considéré dans la première partie de ce discours : en effet, nous avons fait voir que l'esprit isolé doit rencontrer dans sa route la philosophie avant les belleslettres. Mais, en sortant d'un long intervalle d'ignorance que des siècles de lumière avaient précédé, la régénération' des itlées, si on peut parler ainsi, a dfi nécessairement être différente de leur génération primilive. Nous allons tâcher de le faire sentir.

Les chefs-d'œuvre que les anciens nous avaient laissés dans presque tous les genres avaient été oubliés pendant douze siècles. Les principes des sciences et des arts étaient perdus, parce que le beau et le vrai, qui semblent se montrer de toutes parts aux hommes, ne les frappent guère à moins qu'ils n'en soient avertis. Ce n'est pas que ces temps malheureux aient été plus stériles que d'autres en génies rares ; la nature est toujours la même ; mais que pouvaient faire ces grands hommes, semés de loin en loin comme ils le sont toujours, occupés dobjets différents et abandonnés sans culture à leurs seules lumières"? Les idées qu'on acquiert par la lecture et par la société sont le germe de presque toutes les découvertes. C'est un air que l'on respire sans y penser, et "auquel on doit la vie ; et les hommes dont nous parlons étaient privés d'un tel secours. Ils ressemblaient aux premiers créateurs des sciences et des arts, que leurs illustres successeurs ont fait oublier, et qui, précédés par ceux-ci, les auraient fait oublier de même. Celui qui trouva le premier les roues et les pignons eût inventé les montres dans un autre siècle, et GerbertS placé au temps d'Archimède, l'aurait peut-être égalé.

Cependant la plupart des beaux esprits^ de ces temps ténébreux se faisaient appeler poètes on philosophes. Que leur en coûtait-il, en effet, pour usurper deux titres dont on se pare à si peu de frais, et qu'on se flatte toujours de ne guère devoir à des lumières empruntées? Ils croyaient qu'il était

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