‹ Le Dix-huitième siècle par les textes, morceaux choisisChapitre 131 sur 340 · DU HEL ESPRIT · texte numérisé non relu

DU HEL ESPRIT

Ce qui plait dans tous les siècles comme dans tous les pays, est ce qu'on appelle \e/jcau. Mais, pour s'en former une idée plus exacte et plus précise, peut-être faudrait-il, en chaque art, et même en chaque partie d'un art, examiner ce qui constitue le beau. De cet examen, Ton pourrait facilement déduire l'idée d'un l)eau commun à tous les arts et à toutes les sciences, dont on formerait ensuite l'idée abstraite et générale du beau.

Dans ce mot bel esprit, si le public unit l'épithète de beau au mot esprit^ il ne faut cependant point attacher à celte épithèle l'idée de ce vrai beau dont on n'a point encore donné de définition nette. C'est à ceux qui composent dans le genre d'agrément' qu'on donne particulièrement le nom de bel esprit. Ce genre d'esprit est très difiérent du genre instructif. L'instruction est moins arbitraire. D'importantes découvertes en chimie, en physique, en géométrie, égaletnent utiles à toutes les nations, en sont également estimées. 11 n'en est pas ainsi du bel esprit : l'estime conçue pour un ouvrage de ce genre doit se modifier différemment chez les divers peuples, selon la différence de leurs mœurs, de la forme de leur gouvernement, et de l'état différent où s'y trouvent les arts et les sciences. Chaque nation attache donc des idées difTérentes à ce mot bel esprit. Mais, comme il n'en est aucune où Ton ne compose des poèmes, des romans, des tragédies, des panégyriques, des histoires, de ces ouvrages enfin qui occupent le lecteur sans le fatiguer, il n'est point aussi- de nation où, du moins sous un autre nom, on ne connaisse ce que nous désignons par le nom bel esprit.

1. Comme on d'il les urls (l'ai/rément. dans les constructions négatives au

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