I.K Wlll'- SIHCI.K PAH LES TEXTES
n'est sûr lio ne pas Itoire quelque jour dans la coupe de Tinl'orUine. Nul d'enlre vous, dans (juclque rang(|u'il se trouve, ne peut se passer un instant de l'assislance des autres, soil ]>our écarter le mal, soil pour obtenir quelque plaisir. « Aime pour être aimé, » voilà le précepte simple auquel peut se réduire la morale universelle'.
Peuples que la nature a répandus sur les diiïérentes contrées de la terre, aimez-vous donc les uns les autres, et terminez des combats éternels qui détruisent à tout moment voire félicité. Souverains, aimez vos peuples, et vous trouverez dans leur amour un soutien que rien ne peut ébranler. Grands, nobles, riches et puissants de ce monde, faites du bien aux hommes, et vous serez vraiment chéris et distingués^. Sages et savants, éclairez les nations, soyez vraiment utiles; vous serez considérés, et vos illustres noms se transmettront à la postérité. Epoux, parents, amis et maîtres, aimez, pour obtenir la tendresse, qui peut seule répandre des charmes sur vos associations diverses. Citoyens, dans vos liaisons habituelles, ne perdez jamais de vue le désir d'être aimés ou de plaire. En vous conformant à des règles si claires, vous j.ouirez en ce monde de la félicité dont la nature humaine est susceptible. Chacun de vous, ô mortels, vivra content sur la terre, et n'éprouvera point d'alarmes quand il se verra forcé de la quitter.
[La Morale universelle, section II, chap. vu.)
1, Celle morale est universelle par la raison qu'elle fait sa part k l'égoïsme naturel de l'homme. C'est une sorte de morale utilitaire en même temps et sociale; il s'agirait seulement de persua-
der aux hommes que l'intérêt bien entendu leur commande de sacrifier souvent ce qu'ils croient de leur intérêt. 2. DixIiiKjuéx. Mis à pari du commua des hommes.
LA SOCIÉTÉ, l'éducation
... Je réserve, suivant ce que vous m'avez fait l'honneur de me dire, les critiques de détail pour les dernières, et je commence par vous communiquer les additions que j'imagine qu'on pourrait faire à louvrage. Vous m'avez paru goûter la principale, qui est de montrer Zilia' Française, après nous l'avoir fait voir Péruvienne, Zilia jugeant, non plus suivant ses préjugés, mais en comparant ses préjugés et les nôtres ; de lui faire envisager les objets sous un nouveau point de vue ; de lui faire remarquer combien elle avait tort d'être étonnée de la plupart des choses ; de lui faire détailler^ les causes de ces mesures^ tirées de l'antique constitution du gouvernement, et tenant à la distribution des conditions ainsi qu'aux progrès des connaissances.
Cette distribution des conditions est un article bien important et bien facile à justifier, en montrant* sa nécessité et son utilité : sa nécessité, parce que les hommes ne sont pas néségaux ; son utilité, parce que tous les hommes naissent dans un état de faiblesse qui les rend dépendants de leurs parents et qui forme entre eux des liens indissolubles. Les familles inégales en capacité et en force ont redoublé les causes d'inégalité; les guerres des sauvages ont supposé un chef.
Que serait la société sans cette inégalité des conditions? Chacun serait réduit au nécessaire, ou plutôt il y aurait beaucoup de gens qui n'en seraient point assurés. On ne peut labourer sans avoir des instruments et le moyen de vivre jusqu'à la récolte. Ceux qui n'ont pas eu l'intelligence ou l'occasion d'en" acquérir n'ont pas le droit d'en priver celui qui
1. Sous le titre de Lettres péruvien- 3. iVfSrtrfs. Terme vague, qui signifie nés, M™e de Graffigny avait publié en d'une façon générale moyens appropriés 1747 un roman dont l'héroïne, jeune <> un but. La suite explique ce que Tur- Péruvienne du nom de Zilia, transplan- got veut dire.
tée de son pays enFrance, apprécie nos 4. En montrant. Cf. p. 35, n. 5. usages, nos mœurs et nos institutions, 5. En. Ne représente grammaticalela plupart du temps pour les critiquer. ment que des instruments, mais doit re
2. Détailler. Indiquer avec précision. présenter aussi le moyen de vivre.