LE XVIII'- SIIU.LE l>An LES TEXTES
les a nu'-ritô?, gagnés, obtenus par son travail. Si les paresseux et les ignorants dépouillaient les laborieux et les babiles, tous les travaux seraientdécouragés, la misèreserait générale. Il est plus juste et j)lus utile pour tous (pie ceux qui ont manqué ou d'esprit' ou de bonbeui- prélent leurs bras à ceux qui savent les employer, qui peuvent d'avance leur donner un salaire et leur garantir une part dans les produits futurs. Leur subsistance est alors assurée, mais leur dépendance aussi. 11 n'est pas injuste que celui qui a inventé un travail productif, et qui a fourni k ses coopérateurs les aliments et les outils nécessaires pour Texéculer, qui n'a fait avec eux pour cela que des contrats libres, se réserve la meilleure part, que, pour prix de ses avances, il ait moins de peine et plus de loisir. Ce loisir le met à portée de réfléchir davantage, d'augmenter encore ses lumières ; et ce qu'il peut économiser sur la part équitablemenl meilleure qu'il doit avoir dans les produits, accroît ses capitaux, son pouvoir de faire dautres entreprises.
Ainsi l'inégalité naîtrait et s'augmenterait même chez les peuples les plus vertueux et les plus moraux. Elle peut avoir, elle a eu le plus souvent beaucoup d'autres causes ; et l'on y retomberait par tous les moyens qu'on voudrait employer pour en sortir.
Mais elle n'est point un mal ; elle est un bonheur pour les hommes, un bienfait de celui qui a pesé avec autant de bonté que de sagesse tous les éléments qui entrent dans la composition du cœur humain. Où en serait la société si la chose n'était pas ainsi, et si chacun labourait son petit champ? Il faudrait que lui-même aussi bàlit sa maison, fit seul ses habits. Chacun serait réduit à lui seul et aux productions du petit terrain qui l'environnerait. De quoi vivrait l'habitant des terres qui ne produisent point de blé? Qui est-ce qui transporterait les productions d'un pays à l'autre? Le moindre paysan jouit d'une foule de commodités rassemblées souvent de climats fort éloignés. Je prends le plus mal équipé : mille mains, peut-être cent mille, ont travaillé pour lui.