Humeur. Dans le sens de mauvaise le caractère
humeur. 4. Mutai/ares. De la côte de Malabar,
3. Le s h unie urs. Le sang, \a.hi\e,elc., sur la mer d'Oman,
OUI u: xviih- sih:r.Lt: paii les textes
maris, ol on ne persuadera point aux hommes d'être justes, doux, complaisants! Quoi! cette fiu-ce qui lulte avee tant de violence, qui surmonte avec tant de supériorité la pente de notre cœur, ne pourra la seconder ! birreur et lâclieté! Je crois que la nature a mis dans le cœur de tous la semence de toutes les vertus, qu'elles ne demandent qu'à éclore, que l'éducation, mais une éducation bien adroite, peut les développer et rendre vertueux le plus grand nombre des hommes.
[Lettre à J/""" de Graffigny:)
COMMENT l'inégalité PARMI LES HOMMES SERA DLMINUÉE
En parcourant l'histoire des sociétés, nous aurons eu l'occasion de faire voir que souvent il existe un grand intervalle entre les droits que la loi reconnaît dans les citoyens' et les droits dont ils ont une jouissance réelle, entre l'égalité qui est établie par les institutions politiques et celle qui existe entre les individus; nous aurons fait remarquer que celte difïerence a été une des principales causes de la destruction de la liberté dans les républiques anciennes, des orages qui les ont troublées, de la faiblesse qui les a livrées à des tyrans étrangers.
Ces différences ont trois causes principales : l'inégalité de richesse, l'inégalité d'état^ entre celui dont les moyens de subsistance, assurés pour lui-même, se transmettent à sa famille, et celui pour qui ces moyens sont dépendants de la durée de sa vie, ou plutôt de la partie de sa vie où il est capable de travail; enfin linégalilé d'instruction.
Il faudra donc montrer que ces trois espèces d'inégalités réelles doivent diminuer continuellement; sans pourtant s'anéantir, car elles ont des causes naturelles et nécessaires qu'il serait absurde et dangereux de vouloir détruire, et l'on ne pourrait même tenter d'en faire disparaître entièrement les effets sans ouvrir des sources d'inégalités plus fécondes, sans porter aux droits des hommes des atteintes plus directes et plus funestes.
11 est aisé de prouver que les fortunes tendent naturellement à l'égalité, et que leur excessive disproportion, ou ne peut exister, ou doit promptement cesser, si les lois civiles n'établissent pas des moyens factices de les perpétuer; si la liberté du commerce et de l'industrie fait disparaître l'avantage que toute loi prohibitive, tout droit fiscal, donnent à la richesse acquise ; si des impôts sur les conventions,
1. DrtH« /es C(7o/y^HS. Comme leur étant 2. Élnt. Condition. Cf. p. 42, n. 2.
inhérents; de là dans les et non uux.
208 LE wiii'- SIECLE I'àh les textes
les reslriclions niisos à leur libcrlô, leur assujettissement à des formalités ^^ênantes, enfin l'incertitude et les dépenses nécessaires pour en obtenir l'exécution, n'arrêtent pas l'activité du pauvre et n'engloutissent pas ses faibles capitaux; si l'administration publique n'ouvre point à (pielques hommes des sources abondantes d'opulence fermées au reste des citoyens; si les préjugés et l'esprit d'avarice propre à làge avance' ne président point aux mariages; si enfin, par la simplicité des moeurs et la sagesse des institutions, les richesses ne sont plus des moyens de satisfaire la vanité ou l'ambition, sans que cependant une austérité mal entendue, ne permettant plus d'en faire un moyen de jouissances recherchées', force de conserver celles qui ont été une fois accumulées.
Comparons''^, dans les nations éclairées de l'Europe, leur population actuelle et l'étendue de leur territoire. Observons dans le spectacle que présente leur culture et leur industrie, la distribution des travaux et des moyens de subsistance, et nous verrons qu'il serait impossible de conserver ces moyens dans le même degré, et, par une conséquence nécessaire, d'entretenir la même masse de population, si un grand nombre d'individus cessaient de n'avoir, pour subvenir presque entièrement à leurs besoins ou à ceux de leur famille, que leur industrie et ce quils tirent des capitaux employés à l'acquérir ou à en augmenter le produit. Or, la conservation de l'une et de l'autre de ces ressources dépend de la vie, de la santé même du chef de chaque famille; c'est en quelque sorte une fortune viagère ou même plus dépendante du hasard; et il en résulte une différence très réelle entre cette classe d'hommes et celle dont les ressources ne sont point assujetties aux mêmes risques, soit que le revenu d'une terre où l'intérêt d'un capital presque indépendant de leur industrie fournisse à leurs besoins.
Il existe donc une cause nécessaire d'inégalité, de dépendance et même de misère qui menace sans cesse la classe la plus nombreuse et la plus active de nos sociétés.
Nous montrerons qu'on peut la détruire en grande partie